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    Driss Benhima, directeur général de l'ONE : "Les compteurs trihoraires des industriels aux frais de l'ONE"

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    Etat d'avancement de la réorganisation de l'ONE, mise en place de la nouvelle tarification, apport de la production concessionnelle, l'avis de M. Driss Benhima.


    - L'Economiste: A quel stade se trouve votre réorganisation?
    - M. Driss Benhima: La phase de lancement de cette nouvelle réorganisation a débuté en juin 1995. Elle a été suivie par une phase diagnostic qui s'est terminée en novembre 1995. La phase de réflexion et de mise au point est en train de s'achever. Actuellement, nous arrivons au cycle des approbations par la Direction Générale, par les représentants du personnel et par la tutelle gouvernementale. Cette étape devrait prendre quelques semaines, bien que la mise en place physique de cette réorganisation ait déjà commencé par l'instauration des contrôleurs de gestion et doive se poursuivre jusqu'à fin 1996. Le programme de réorganisation se concrétise. Cette réorganisation passe par la définition d'un nouvel organigramme, d'un manuel de gestion qui sera en fait le regroupement des définitions des fonctions de tout l'encadrement et des attributions de chacun. Elle implique également la définition d'un nouveau système d'information.

    - Comment s'installe la nouvelle tarification?
    - La réforme tarifaire est un pas extrêmement important qui nous permet de mettre en place une gestion de la tarification plus moderne. Mais sa mise en place implique des mesures d'accompagnement. Sur instruction du gouvernement, nous avons l'obligation de remplacer un certain nombre de compteurs bihoraires par des compteurs trihoraires aux frais de l'ONE. L'opération est en cours et concerne la moyenne tension. Il s'agit de près de 35 millions de DH d'investissement. C'est une nouveauté, car les changements de compteurs étaient habituellement à la charge des clients. A la demande du Ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, le gouvernement a retenu la gratuité pour les industriels.
    Sur le paratarifaire, il ne faut pas confondre tarif d'électricité et facture d'électricité. Si l'industriel veut payer son électricité moins cher, il a intérêt à changer de tension. Nous lui facilitons l'accès à des tensions supérieures.
    Il y a également les peines et soins appliqués par les distributeurs et par nous-mêmes sur lesquels il faut se pencher. En effet, ils ne correspondent pas toujours à des dépenses réellement engagées.
    D'autres mesures sont également à revoir, comme les pénalités pour puissance souscrite non atteinte et le système de caution. Dans ce dernier cas, nous demandons à nos clients une caution représentant quelques mois de consommation, ce qui pénalise les investisseurs à leur début. Nous réfléchissons actuellement à un ensemble de mesures, dont les premières devraient consister à niveler les taxes à travers tout le pays. En effet, il existe des endroits où les mesures paratarifaires sont moins chères.

    Choix des villages

    - D'un point de vue pratique, comment va s'effectuer l'électrification rurale?
    - Nous allons soumettre à la commission inter-ministérielle cette année la liste des villages que le gouvernement va se proposer d'électrifier à travers le PERG. Ces villages sont identifiés, cette liste va être amendée par la commission et va être approuvée par type de technologie. Un certain nombre de villages vont bénéficier de l'électricité par branchements réseau, d'autres par installations de groupes électrogènes, et une autre partie par le solaire. Chacun de ces villages sera contacté par l'administration de l'ONE ou par les collectivités locales. Il sera proposé aux élus de signer avec l'ONE une convention qui prévoit la participation des habitants, celle des communes et le mode de financement. Le choix des villages s'effectue par coût par foyer croissant et par grappe de voyage. Ce système a été testé durant l'année 1995 dans certains villages et a donné satisfaction.

    - Quel est l'état d'avancement de la mise en place de la production concessionnelle?
    - La commission de vigilance de l'ONE que je préside est une commission inter-ministèrielle où 4 entités-institutions sont représentées ( 3 Ministères plus l'ONE). Nous sommes au stade de l'approbation des projets de contrats qui ont été négociés par les équipes. A travers les grandes orientations adoptées par l'Etat, nous avons réussi à mettre une solution originale adaptée à la législation marocaine et à notre volonté de maîtriser cette nouvelle manière de produire l'électricité. Nous pensons que le type de produit que nous avons mis en place avec nos partenaires d'ABB-CMS est un type de projet qui pourra s'appliquer, non seulement à d'autres contrats de production électrique dans notre pays, mais également à d'autres types de contrats de concession de service public.

    Sous bénéfice d'inventaire

    -Comptez-vous généraliser la production concessionnelle?
    - La production concessionnelle est un moyen que le gouvernement nous a demandé d'explorer pour répondre aux besoins en énergie électrique du pays. Nous l'avons plus qu'exploré puisque nous l'avons mis en place dans le cadre de Jorf Lasfar et Koudia Blanco à Tétouan. Il y a, cependant, des caractéristiques qui sont très particulières à ces deux projets et qui valident l'option de la production concessionnelle. Néanmoins, il est difficile d'envisager une généralisation de cette option. Pour les autres projets, la production concessionnelle n'est envisageable que sous bénéfice d'inventaire. En effet, recourir au privé, c'est accepter de verser du profit qui n'existait pas auparavant. Dans l'analyse du kW produit par l'ONE, nous ne dégageons à aucun endroit de marge pour l'investisseur privé. Rajouter du profit pour l'investisseur privé revient à dire augmenter les prix de revient pour la collectivité. Il faut donc que cet argent que nous sommes prêts à donner à des privés soit économisé sur d'autres postes.

    - Que peut apporter le privé dans le cadre d'une production concessionnelle?
    - D'une manière claire, le privé apporte l'efficacité dans la gestion des centrales que nous ne sommes pas statistiquement capables de garantir actuellement. En effet, le privé saura mieux faire fonctionner les centrales de l'avenir. Cette efficacité se traduira par une baisse des coûts, qui nous permettra de ristourner une partie des bénéfices. Jorf Lasfar est une centrale de base appelée à tourner au maximum de ses capacités. Ainsi, chaque kW produit par cette centrale en plus grâce, à l'efficacité du secteur privé, est un gain. Pour des centrales où la marche dépend de facteurs extérieurs à l'opérateur et à l'ONE, le privé aura du mal à rentabiliser son investissement. C'est le cas notamment des centrales hydrauliques où les temps d'appel ne sont pas fixés par ses performances, mais par l'eau qu'il y a derrière, laissant difficilement un espace pour le profit.
    Pour toutes le centrales de pointe ou centrales à énergie modulable auxquelles nous devons faire appel à la pointe, le privé a peu de chose à nous offrir pour dégager son profit.
    C'est pourquoi la production concessionnelle se présente bien dans le cas de Jorf et dans le cas de Tétouan. Dans ce dernier cas, il ne s'agit que de 50 mW. Or, notre réseau de 3.500 mW peut s'accommoder de la présence comme de l'absence de ces 50 mW. Ainsi, l risque pour le producteur n'est pas très important. Mais cela n'est pas évident pour tous les cas.

    Fatima MOSSADEQ

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