×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Dossier TourismeLe blues des fonctionnaires du Tourisme

Par L'Economiste | Edition N°:1052 Le 04/07/2001 | Partager

. La cannibalisation de l'ONMT a réduit nombre d'entre eux au chômage . La fusion culturelle avec l'Economie et les Finances n'a pas tenu: Une partie des cadres chercherait à se placer ailleursA quoi sert le département du Tourisme? Absorbé par le puissant Ministère de l'Economie et des Finances à la faveur du dernier remaniement gouvernemental, beaucoup de fonctionnaires de ce qui fut jadis le Ministère du Tourisme en sont à se demander aujourd'hui à quoi ils servent. La montée en puissance de l'Office National Marocain du Tourisme (ONMT), devenu de fait le centre de décision, a fini par déboussoler les troupes de l'ex-ministère. Certains cadres ont d'ailleurs commencer à chercher des points de chute.En faisant un tour dans les différentes directions du ministère (de manière officieuse bien entendu), toute personne peut se rendre compte que la quasi-majorité des agents, s'ils sont présents à leur poste et se roulent tout simplement les pouces. En parlant de leur travail, on s'aperçoit que malgré leur enthousiasme et «l'intérêt qu'ils portent tous à leur secteur», une bonne partie de ces fonctionnaires ont un sentiment de «ras-le-bol en raison de «l'anarchie qui règne dans leur département censé être l'un des plus importants du gouvernement».C'est d'ailleurs pour cette raison que ce ministère a été rattaché à l'Economie et aux Finances qui détenait, dit-on, les clés de problèmes auxquels se heurtait le développement du secteur touristique. Rappelons que le tourisme est le premier pourvoyeur de devises pour le Maroc, ex aequo avec les MRE. Aussi devrait-il, en principe, être géré «avec autant de pragmatisme et rationalisme» que pour l'argent public. En d'autres termes, l'action du Ministère du Tourisme devait répondre à une seule et unique condition: l'efficacité. Or, les employés de ce département estiment que «pour être efficace, le Ministère du Tourisme doit se saborder». Une déclaration qui pourrait choquer plus d'un. Mais, c'est la triste réalité.Sans entrer dans les détails de la gestion du ministère («qui laisse à désirer», estiment les fonctionnaires), attardons-nous sur des aspects organisationnels du département du Tourisme. Son organigramme comporte en haut de la pyramide le ministre, un secrétaire général et un inspecteur général. “Pour le premier, estime un fonctionnaire, le seul aspect qui l'intéresse au tourisme, c'est l'investissement. Le ministre, Fathallah Oualalou, serait le «champion» de ces cérémonies très médiatisées de signature de conventions. Mais que fait-il pour s'assurer de la bonne gestion de son ministère et spécialement, celle des ressources humaines? Rien ou presque”, ajoute ce fonctionnaire. Quant au n°2 du département, le secrétaire général, les employés assurent qu'il est tout simplement «dépassé par les événements». L'inspecteur général serait, selon certains fonctionnaires, l'intouchable du ministère: «Il y fait la pluie et le beau temps».Plus bas, les quatre directeurs du ministère sont les hommes forts du département. Justement, le ministère compte quatre directions. La direction de la formation et de la coopération (DFC), la direction des entreprises et activités touristiques (DEAT), la direction de la planification et la coordination de la promotion (DPCP) et la direction des aménagements et des investissements (DAI). A noter qu'il n'y a pas de direction des ressources humaines. La division administrative et financière, rattachée directement au secrétaire général, dispose d'un simple service du personnel.La DFC assure essentiellement la tutelle des établissements de formation aux métiers du tourisme (l'ISIT de Tanger en est le fleuron). Seulement, la réalité est amère: mauvaise gestion des instituts de tourisme, fuite de professeurs de qualité vers d'autres secteurs (notamment l'enseignement supérieur) et surtout le manque de suivi des lauréats.La DPCP a pour rôle de promouvoir le tourisme marocain, ou comme on l'appelle dans le jargon touristique «d'animation». Il se trouve que l'ONMT a également cette mission. Ce dernier dispose non seulement de moyens financiers conséquents, mais également de délégations à l'étranger qui lui permettent (toujours en théorie!) de réaliser cet objectif. Quant à la planification, qui fait aussi partie des attributions de la DPCP, elle dépasse cette simple direction et se traite par plusieurs départements ministériels ainsi que les opérateurs privés.La DEAT devrait être en principe la plus importante. C'est elle qui s'occupe de la campagne nationale de classement des établissements touristiques (CNC), c'est elle qui classe hôtels et restaurants. Les différentes missions d'inspection qu'elle réalise et les rapports qu'elle dresse par la suite «ne sont jamais pris en considération», souligne un fonctionnaire. Et d'ajouter que «la décision vient toujours d'en haut». Le 20 juin dernier, le ministre du Tourisme a lui-même souligné lors d'une intervention devant la Commission des secteurs productifs de la Chambre des Députés, que «faute de sanctions radicales, certains établissements hôteliers déclassés continuent à fonctionner avec l'ancien classement». Il poursuit en soulignant que «le nombre accru des intervenants dans le domaine du contrôle du secteur représente un obstacle pour l'efficience de l'action du département du Tourisme, qui se contente de dresser des remarques et des observations au lieu d'intervenir directement».Abdelmohsin EL HASSOUNI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc