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Dossier Tourisme“Le Maroc ne doit pas viser la clientèle de congé payé”Mohamed Benamour, président de la Fédération Tourisme CGEM

Par L'Economiste | Edition N°:1052 Le 04/07/2001 | Partager

L'accord d'application du contrat-programme dessine les contours de la nouvelle économie du tourisme du Royaume. Grâce à une demi-douzaine de nouvelles stations balnéaires et une restructuration de son offre culturelle, le Maroc va enfin se doter d'une force de frappe sur le marché. - L'Economiste: Vous venez de finaliser l'accord d'application de la convention-cadre signée à Marrakech. Quelle est la signification politique de ce document?- Mohamed Benamour: L'accord d'application qui va être signé incessamment constitue la base opérationnelle de la mise en oeuvre de la nouvelle politique touristique nationale. Vous le savez, le Discours Royal de Marrakech a constitué l'acte fondateur de cette nouvelle politique touristique du Maroc. L'accord-cadre signé à cette occasion a décidé la mise en oeuvre d'une politique basée sur une concertation permanente entre le gouvernement, les administrations centrales et locales et les professionnels du tourisme dans un cadre de partenariat intelligent et constructif. Le tout avec une planification rigoureuse des axes stratégiques définis dans l'accord-cadre.L'accord d'application, lui, est l'instrument de marketing de cette volonté politique adressée aux opérateurs nationaux et internationaux en définissant d'une manière crédible les grandes lignes de la nouvelle économie touristique marocaine. Son objectif est de transformer en plans d'actions concrets et précis chacune des stratégies recensées et arrêtées en commun avec le gouvernement. Il a été convenu que la mise en oeuvre de l'accord sera échelonnée entre le 1er juillet 2001 et le 31 décembre 2002. - Est-ce que cela veut dire que tout ce qui a été décidé devra être réalisé d'ici la fin de l'année prochaine?- C'est exact. Il s'agit de transformer en mesures concrètes les principes et les orientations contenus dans le Discours Royal ainsi que chaque article de l'accord-cadre. Le but est d'engager le déclenchement de différentes dynamiques: commerciale, industrielle, financière et institutionnelle.- Entre les trois dynamiques du contrat-programme (commerciale, industrielle et institutionnelle), il va falloir hiérarchiser les priorités. Qu'est-ce qui va être réalisable à court terme?- L'accord d'application touche à une multitude d'axes d'intervention qui ont fait l'objet de très nombreuses réunions entre les responsables des administrations à très haut niveau et les opérateurs privés. Plusieurs aspects ont trouvé des réponses concrètes. On peut les regrouper en quatre points: primo, le repositionnement rapide dans le balnéaire. Le Maroc a décidé d'aménager six stations intégrées, dont quatre sur l'Atlantique et deux sur la Méditerranée. A travers ce segment balnéaire, le Maroc va enfin disposer d'une force de frappe de l'industrie des loisirs compatible avec les besoins des marchés émetteurs en Europe où 80% de la clientèle se dirigent vers le littoral.Deuxième axe: la réalisation d'une carte de réserves foncières touristiques d'ici la fin de cette année. Celle-ci va présenter aux promoteurs les disponibilités foncières à travers toutes les régions. Ainisi, l'investisseur pourra identifier où investir et à quel prix. Troisième élément, la restructuration et le repositionnement de la région Tanger-Tétouan. Un travail énorme a été fait par les autorités locales en concert avec le privé pour avoir une vision globale de toute la région. Il y a au moins une vingtaine de projets arrêtés par l'ensemble des services extérieurs ainsi qu'avec des élus et les opérateurs pour drainer cette dynamique de partenariat. Cette région doit retrouver son lustre d'antan et redevenir le ponts avec l'Europe. La démarche initiée sur Tanger et Tétouan va être dupliquée sur d'autres régions, Fès, Meknès et la région, Ouarzazate ainsi que Marrakech et Agadir. Ce scénario place le balnéaire en première ligne de cette offensive. Tout cela devrait nous permettre de définir enfin notre positionnement concurrentiel dans la Méditerranée. Il s'agit de combler le déficit du balnéaire et restructurer le culturel qui est notre point fort. Le mixage de ces deux composantes nous permettra de nous positionner dans la Méditerranée en visant la clientèle A,B+, c'est-à-dire la clientèle moyenne-haute gamme. Nous ne voulons pas de touristes de congé payé, ni de tourisme de masse. Nous tenons à ce qu'on reste une destination sélective (dans la mesure du possible). Toutes nos réalisations vont d'ailleurs s'orienter vers les segments de clientèle à haute contribution. - Ce positionnement suppose de gros efforts au niveau de la «professionnalisation des métiers» du tourisme.- Vous avez raison. C'est pour cela que l'assainissement de l'environnement touristique ainsi que la formation seront déterminants, car c'est de ces deux facteurs que dépendra la qualité de l'accueil. Il ne faudra surtout pas qu'il y ait un décalage entre les tarifs et les prestations que nous offrirons. Ce serait suicidaire pour la destination. Par ailleurs, nous envisageons d'instituer un label de qualité qui va toucher plusieurs domaines: les procédures d'agrément des professionnels, le dispositif de contrôle de la qualité, les filières éducatives ou les formules d'intéressement du personnel. Toutes ces mesures ont été acceptées par le comité de pilotage, tout le monde convient que la professionnalisation est un élément capital de l'accord d'application. En tant que fédération, nous avons pris l'engagement de participer d'une façon active et déterminée pour faire respecter la parole du secteur privé.- Reste l'idée d'une haute autorité projetée initialement par les opérateurs, et qui n'a pas été retenue dans l'accord. En quoi cela peut-il ou non gêner son application?- Au cours des réunions du comité de pilotage, la plupart des dispositions proposées ont trouvé des réponses satisfaisantes, d'autres sont encore en suspens ou en cours de concrétisation. Tout cela ne peut se traduire au niveau de l'exécution que si un organisme institutionnel (peu importe sa forme ou sa structure juridique) est installé en vue de veiller à leur application. Qu'il soit une haute autorité chargée du Tourisme ou un Conseil Supérieur du tourisme, il est évident que pour assurer le suivi rigoureux nécessaire de plans d'actions stratégiques définis par l'accord, il est indispensable que cet outil voie le jour rapidement.


Une étude de positionnement concurrentiel

Jusqu'à présent, la destination marocaine avait du mal à se forger une image telle que l'Espagne l'a si bien réussi avec ses plages animées, le Kenya avec ses parcs naturels ou encore Macao avec ses casinos. Sur les 2,5 millions de touristes que le Royaume reçoit tous les ans, il y a un peu de tout (ce qui n'est pas en soi un handicap): des golfeurs, de riches hommes d'affaires qui paient la nuitée à 600 dollars à Amanjena (Marrakech), des contingents de touristes de circuits qui viennent par milliers en charters, etc. Pouvoirs publics et opérateurs caressent depuis toujours le rêve que la destination marocaine séduise ces touristes individuels nantis qui composent eux-mêmes leur package ou ces multinationales à tenir leurs séminaires ou congrès à Marrakech. Une étude va être lancée sur le positionnement concurrentiel du Maroc afin de permettre aux opérateurs nationaux ou internationaux de disposer d'un cadre de référence pour positionner les différents produits de la chaîne touristique à développer dans les prochaines années. En principe, le cahier des charges de la mission sera finalisé ce mois-ci, avant qu'une short-list de consultants ne soit établie vers fin juillet, début août. Puis viendront la définition des budgets de contributeurs, le lancement de la consultation et de la sélection finale des consultants (septembre). La réalisation interviendra entre octobre et décembre prochains.A. S.

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