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Dossier SIAM
Dur, dur d’être coincé entre Rabat et Fès!
Entretien avec Saïd Chbaâtou, président de la région Meknès-Tafilalet

Par L'Economiste | Edition N°:2762 Le 23/04/2008 | Partager

. «Il nous faut plus de déconcentration et des moyens» . Les calculs politiciens inhibent l’initiative et l’action des élus- L’Economiste: Meknès-Tafilalet est une région relativement riche, mais elle a du mal à s’imposer comme un véritable pôle économique. Où sont les obstacles? - Saïd Chbaâtou : Vous avez raison de le souligner. La région de Meknès Tafilalet est au cœur de l’histoire et de la culture du Royaume. Elle n’arrive pas, cependant, à tirer profit de ses atouts dus à son positionnement géographique parce qu’elle se situe entre deux grandes métropoles, Rabat et Fès, vers lesquelles sont orientés la plupart des projets de développements structurants en matière d’infrastructures de bases, de tourisme et de développement local. Ces métropoles sont renforcées par un lobbying très fort qui défend leurs intérêts, ce qui leur donne un grand avantage sur d’autres régions, notamment Meknès-Tafilalet. Heureusement que Sa Majesté accorde une attention très particulière à cette région, et ce à travers l’organisation du Salon international de l’agriculture à Meknès et le lancement d’un certain nombre de programmes intégrés dans les provinces de la région. Comme vous le soulignez, notre région se caractérise par l’abondance des ressources hydriques et la diversité des ensembles géographiques et naturels qui la composent. Ceci dit, ce patrimoine si riche ne lui rapporte presque rien. Meknès-Tafilalet ne profite donc pas assez de ses richesses: à titre d’exemple, le patrimoine forestier de la région qui s’étend sur une grande superficie et se caractérise par sa diversité, mais son impact économique sur le citoyen demeure insignifiant. Pire encore, la forêt régresse, se détériore depuis quelques années et menace l’apport écologique et environnemental de ce patrimoine.. Tafilalet: Pauvre, marginalisée et surfiscalisée!C’est pour cette raison que je pense qu’il est important de mener une réflexion sur une stratégie de préservation de ce patrimoine forestier et de sa valorisation économique au profit des populations usagères, de manière à ce que la région reste dépositaire de ce patrimoine et devienne protectrice de ces ressources. Ce que je viens de dire sur la quasi- absence de l’impact économique de la forêt est également valable pour la ressource hydrique de la région: Meknès-Tafilalet est un château d’eau qui produit pour les autres régions. Les deux barrages de Sidi Saïd et de Hansali sont construits sur le territoire de la région mais ils irriguent ailleurs. Heureusement que Sa Majesté a corrigé cette injustice en ordonnant le lancement du barrage d’Anzgmir.- Ces obstacles n’ont pas empêché certains secteurs comme le tourisme et l’agroalimentaire de prospérer dans la région. Il n’y a donc pas de fatalité.- C’est un développement qui n’est pas homogène au niveau de toute la région. Si l’agroalimentaire se développe depuis quelques années à Meknès et le tourisme à Tafilalet, les zones montagneuses demeurent très marginalisées. Elles sont enclavées et paupérisées en quelque sorte. C’est un espace qui ne bénéficie ni de sortie sur un port, ni d’aéroport, ni d’autoroutes et qui reçoit, de surcroît, le minimum d’investissements de l’Etat via la Région. Mieux encore, la pression fiscale de la région de Tafilalet est l’une des plus fortes au Maroc, alors que l’investissement est d’un niveau des plus faibles. Nous sommes là en face d’une contradiction accablante. - Avez-vous une stratégie de développement pour Meknès-Tafilalet? - Il est difficile pour nous de démarrer une stratégie de développement d’une manière endogène sans une étude et un diagnostic actualisés au sens de l’aménagement de territoire. Ajoutons à cela le fait que les élus de la Région ne peuvent pas réfléchir et s’impliquer au niveau des projets à caractère régional à cause, notamment, du mode de scrutin qui fait que la sanction politique se trouve au niveau local et non pas au niveau régional. Cela dit, nous essayons de mener, en même temps, dans la mesure du possible, des projets à caractère régional et d’autres qui répondent à certains besoins de base à caractère local.- Quelles sont vos attentes aujourd’hui? - Nous ne cessons jamais de réclamer au gouvernement qu’il y ait des préalables au développement équitable pour toutes les régions du Royaume. Nous réclamons aussi plus de prérogatives à la fois aux conseils régionaux et aux walis et gouverneurs, de manière à faire accompagner la décentralisation par plus de déconcentration. Nous réclamons surtout la déconcentration de la manière avec laquelle sont programmés et réalisés les projets. Je pense que le concept d’intégration ne peut se faire au niveau central sans une intégration intersectorielle au niveau du territoire régional. A mon sens, la convergence tant souhaitée n’est en fait que la résultante d’un processus préliminaire basé sur la coordination, la concertation et la participation, la convergence étant un concept horizontal par essence.


Le Conseil fait ce qu’il peut

«Nous avons réalisé un certain nombre de projets d’infrastructures de base (électrification, eau potable, routes) et d’autres aux niveaux hospitalier et sportif, mais nous ne pouvons pas intervenir, en tant que Conseil régional, sur certains projets réalisés au sein de la région par des départements centraux. Cela vient du fait que nous avons au Maroc une régionalisation des politiques sectorielles et non une régionalisation des projets de manière concertée, intégrée sur un territoire donné. Le développement économique d’une région dépend de ses potentialités mais aussi du degré de l’implication des collectivités aussi bien locales que régionales dans la conception et la réalisation des projets de développement initiés par le centre. Ces programmes, conçus et décidés au niveau central, tiennent rarement compte des spécificités et attentes régionales. Il est également impératif de procéder à la mise à niveau de la région, notamment au niveau des infrastructures de base avant de parler de la mise à niveau des entreprises. Un environnement propice et attractif permettra forcément d’attirer des investissements à même de promouvoir le développement économique de la région et de contribuer à son arrimage au processus de la mondialisation.»Propos recueillis par Rachida BAMI

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