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Entreprises

Dix écoles supplémentaires pour Zakoura

Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

Zakoura multiplie les conventions de partenariat. La dernière en date avec la compagnie d'assurances Al Wataniya va lui permettre d'ouvrir une dizaine d'écoles dans la région d'Agadir. 600 enfants vont y apprendre à lire et écrire.


Après des écoles à El Jadida, la Fondation récidive avec dix autres. Ce ne sont pas des écoles ordinaires, mais inspirées du concept de l'éducation non formelle. Elles seront situées dans les fins fonds du pays dans les douars de Oulad Tayma dans la région d'Agadir, ces établissements accueilleront des enfants âgés entre 8 et 15 ans qui n'auront jamais vu l'école ou qui l'auront quittée très tôt. Chaque école devra accueillir une soixantaine d'enfants.
L'idée est de la Fondation Zakoura. Le financement est à la charge de la compagnie d'assu-rances Al Wataniya. Les deux partenaires, en les personnes de M. Noureddine Ayouch, président de la Fondation Zakoura, et M. Abdeljalil Chraïbi, président-directeur général d'Al Wataniya, ont signé mardi 23 septembre une convention de coopération. Celle-ci est d'une durée de trois ans renouvelable.

La gestion des écoles, la formation des enseignants, le suivi et l'encadrement sont à la charge de Zakoura. Al Wataniya débloquera une enveloppe de 1,5 million de DH destiné au financement du projet. En échange, la compagnie d'assurances dispose du pouvoir d'auditer à tout moment les comptes de la Fondation. En plus, la convention stipule que Zakoura est tenue de présenter à son partenaire un rapport semestriel détaillant l'utilisation des fonds et les résultats des opérations.
«L'école peut tourner avec moins de 50.000 DH», selon M. Noureddine Ayouch. «Les faux frais ne sont pas tolérés». L'argent doit servir en priorité à l'achat des équipements, des fournitures des élèves et pour payer les salaires des enseignants, 2.000 DH par mois.
Ces enseignants, «animateurs» pour les deux partenaires, doivent justifier au minimum de douze années d'études. Le local est offert par le village. Il n'est pas indispensable qu'il soit à l'image d'une école classique. L'essentiel, c'est qu'il puisse permettre aux enfants de suivre normalement leurs cours.

La flexibilité doit être la règle, à commencer par les horaires de cours et les vacances. Ils seront fixés en concertation avec les parents. «Le dispositif mis en place repose sur des objectifs et un suivi des opé-rations qui doivent coller à l'envi-ronnement social de la population ciblée», indique M. Chraibi. Le bâton est banni. En effet, indique M. Ayouch, «pour ceux d'entre eux qui ont abandonné l'école, le comportement répressif des enseignants, l'éloignement de l'école et le travail sont les principales raisons».
Dix-sept écoles, dont dix parrainées par Nestlé, ont été créées en mars dernier sur ce modèle. En plus des chiffres et des lettres, les enfants y apprennent le théâtre, le chant et la communication.
Il est à signaler que, sur la base d'une convention signée par le Ministère de l'Education Nationale et la Fondation Zakoura, cet accord permet des passerelles entre l'école non formelle et le système classique.

Des micro-entreprises aux micro-école


«Exactement que, comme pour ouvrir des écoles d'alphabétisation, aider à la création de micro-entreprises était considéré comme une vraie gageure». M. Ayouch se rappelle les incompréhensions suscitées par le projet d'une fondation qui octroie des microcrédits. «Aujourd'hui, la fondation est fière d'avoir accordé des milliers de microcrédits au cours d'une si courte période». La Fondation Zakoura fêtera bientôt son deuxième anniversaire. A fin 1996, elle avait distribué 1.288 crédits pour un montant de 4,179 millions de DH.
Plusieurs micro-entreprises dans les régions notamment de Fès, Casablanca, Marrakech, Khémisset et récemment à Essaouira ont ainsi vu le jour. Zakoura se déploie actuellement dans le Nord grâce à un crédit à taux zéro octroyé par la Fondation Banque Populaire.
Le niveau scolaire très bas des bénéficiaires a suscité l'intérêt de la Fondation pour la lutte contre l'illétrisme. Comme l'exprime bien M. Ayouch, «il ne suffit pas d'aider, mais il faut préparer à l'avenir».

Malika EL JOUHARI

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