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    Distribution pétrolière et stock de sécurité : Une convention en gestation

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


    Dernier acte cet été pour les distributeurs pétroliers pour retrouver des relations naturelles avec les pouvoirs publics. Mais les taux de croissance ne sont pas bons.


    En 1995, le secteur de la distribution pétrolière a été en régression de 6,94% par rapport à l'année précédente. Et pour les 5 premiers mois de 1996, la régression s'accentue: -12%. La baisse concerne tous les types de produits, sauf le GPL (respectivement +5% et +7,7%). Mais l'essentiel de la baisse vient des conversions de l'ONE, OCP et sucreries vers le charbon, au détriment du fuel n°2.

    Après la privatisation, qualifiée de "réussie" par les professionnels, après l'apparition de "nouvelles races" de stations-service (sur impulsion, en 1992, du privé Afriquia) et alors que les tractations ont commencé autour du noyau dur de la SAMIR et de la SCP, les distributeurs se sont engagés dans des concertations avec les pouvoirs publics. Deux dossiers sur la table: les marges et les stocks.

    Sur les marges, le Ministère de tutelle est prudent: "pourquoi les distributeurs arrivent-ils à les baisser autant quand ils sont en compétition sur un appel d'offres?". Et de demander à l'association professionnelle, le Groupement des Pétroliers du Maroc, rapport sur rapport pour comparer avec ce qui se fait dans des pays comparables. "Nous donnons bien volontiers ces informations car nous sentons le désir des pouvoirs publics de mettre notre branche au niveau international", explique M. Abdellah Alaoui, président du GPM. Le Groupement aligne tableau sur tableau montrant que les marges marocaines sont faibles.

    Dans les cas où les valeurs absolues se rapprochent, ce sont les débits qui diffèrent. La marge marocaine (1,8 Dollar/baril) est proche de la marge tunisienne (1,7 Dollar) mais le débit moyen d'une pompe est au Maroc de 1.200m3 contre 2.700m3 en Tunisie.
    Les commerçants de carburants ont ouvert un autre dossier: celui de la facturation au volume apparent. La Fédération Nationale des Commerçants de Carburants au Maroc (FNCCM), réunie dernièrement à Meknès, organisera des actions de protestation au cours de l'été pour faire modifier cette facturation. Mais le GPM ne voit pas très bien comment satisfaire techniquement cette demande sans créer de distorsions plus importantes pour les quelque 1.800 stations-service qui travaillent avec une marge de 22,95DH/hl pour le super et 12,96DH/hl pour le gasoil.

    Le GPM veut accentuer l'effort de modernisation de ce réseau. Une station ordinaire coûte entre 2 et 3 millions de DH, une station "up-to-date" appelle de 5 à 8 millions de DH d'investissements. "Cette modernisation va coûter quelque 3 milliards de DH au secteur sur les cinq prochaines années", calcule le président qui en déduit qu'il "faudra bien trouver une solution pour les marges, car personne ne veut revenir aux stations des années 70-80". Pour lui, c'est là que se situe l'enjeu: la concurrence sur les appels d'offres n'est pas vraiment significative des structures comptables des distributeurs. Ancien de Mobil-Maroc, le président qui a ramené la concorde entre les distributeurs internationaux et les sociétés purement marocaines souligne que le jugement des performances se fait, "qu'on le veuille ou non", à l'aune des ratios internationaux, "même si les majors n'ont pas l'intention de quitter le Maroc".

    L'autre grand dossier est celui des stocks de sécurité, lequel a vite fait de déchaîner des passions. Les concertations sont en cours avec la Direction des prix (Incitation de l'Economie) et les services du Ministère de l'Energie et des Mines. Les observateurs s'attendent à ce qu'un concordat, ou un gentlemen's agreement puisque c'est la mode, soit trouvé d'ici la fin de l'été.
    Le législateur stipule en effet trois mois de stocks. Mais durant les années 80, les retards de paiements des livraisons aux entreprises publiques et administrations ont fait que financièrement l'obligation ne pouvait être remplie, malgré l'existence d'une marge ad hoc pour le stockage. Depuis 15 ans le secteur est loin du compte: deux ou trois semaines de stock. "Il faut remettre de l'ordre", disent le gouvernement et les professionnels.

    Les pouvoirs publics toléreront un seuil de 40 à 45 jours, mais y tiennent. "Un jour de stock dédouané coûte 56 millions de DH", calcule M. Alaoui, "ce qui fait un demi-milliard à sortir tout de suite pour arriver à 30 jours et encore un autre pour le palier suivant, sans compter les équipements que nous devrons remettre à neuf ou construire". Le GPM propose de travailler par paliers et de faire la police pour "que tout le monde marche". De son côté, l'Administration entre dans l'analyse des marges de stockage, reconnaît qu'une partie des stocks ait pu être impossible à cause des arriérés, mais discute ferme le reste. Chacun pense que le dossier restera technique jusqu'à ce que l'accord soit trouvé, sans entrer dans les passions.

    B.B.&N.S.



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