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Discours Royal: «Faites preuve d'initiative»

Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

Responsabiliser les élus et les organisations caritatives qui s'occupent de lutte contre la pauvreté, surtout via les enfants et les jeunes. Tel est le message central du Discours Royal pour la Fête de la Jeunesse, prononcé le mardi 8 juillet 1997.


Le ton général du Discours est optimiste et, sur le fond, SM le Roi Hassan II pousse les Marocains à explorer, de manière autonome et responsable, des pistes pour résoudre les problèmes au niveau où ils se posent.
Le dossier des écoles, en particulier, et de la lutte contre l'analphabétisme, en général, revient vers les élus des collectivités locales. Cette disposition avait été prise à la fin des années 80: les collectivités locales devaient prendre en charge tout ou partie des frais liés aux écoles primaires. Cette disposition avait disparu il y a dix-huit mois. Sans réelle explication, les écoles primaires étaient revenues vers le budget du Ministère de l'Education Nationale. Apparemment, les budgets des collectivités locales ne pouvaient pas supporter l'Education. Mais l'affaire avait fait couler beaucoup d'encre: les citoyens-contribuables ont des difficultés à savoir comment leur argent est employé au niveau des collectivités locales. Il faut arriver «à la scolarité totale» de «tous les enfants».

SM le Roi, en appelant les élus locaux à s'occuper d'éducation et de lutte contre l'analphabétisme, rétablit les responsabilités au niveau local. Il reste en suspens les questions budgétaires.
Pour sa part, le Souverain a invité les élus «à faire preuve d'imagination(...) et à voir autour d'eux ce qui se fait». C'est aux élus locaux d'ouvrir les chantiers dont les gens autour d'eux ont besoin, souligne SM Hassan II. Il a insisté sur l'utilisation des ressources et des potentialités de la région, y compris pour concevoir les écoles et leurs programmes. C'est une idée chère au ministre actuel de l'Education Nationale. M. Rachid Benmokhtar pousse même les écoles à se définir des horaires et un calendrier scolaire en fonction des besoins locaux, au lieu de s'en tenir au calendrier national.
«Les taxes locales ne seront pas rejetées, si les citoyens voient que leurs impôts sont bien employés», dit en substance SM le Roi. La plus haute autorité de l'Etat souligne ici le côté légitimation qui accompagne la transparence dans les finances.
Les grands agriculteurs et les industriels sont invités à donner une priorité aux jeunes de leur région et «à prendre en charge les formations» qui facilitent l'insertion.

Coté finances de l'Etat central, SM le Roi a rejeté l'idée de se servir de la Fonction Publique pour absorber le chômage. Le Souverain n'a pas mâché ses mots: «C'est le désastre originel». Rappelons qu'un débat feutré s'était noué à propos des recrutements, notamment dans l'Education Nationale, de diplômés chômeurs, après la pression politique exercée par des grévistes de la faim. Le débat était resté feutré, car les tenants politiques de cette affaire étaient demeurés obscurs. SM le Roi Hassan II a donc mis le holà à cette méthode consistant à se servir des finances publiques.
Initiative aussi du côté des organisations caritatives qui sont réhabilitées à travers le Discours de la Fête de la Jeunesse. Sous-estimées, voire un peu méprisées, ces associations jouent un rôle considérable dans la lutte contre la misère matérielle et morale. «J'ai côtoyé des personnes, de niveau élevé, qui ont été formées dans ces centres de bienfaisance», souligne le Souverain.
Sur le fond, la démarche du Discours Royal va encore une fois dans le sens du partage des responsabilités et des pouvoirs.

Quatre points à retenir


· Les élus locaux devront «faire preuve d'imagination» pour résoudre les problèmes sociaux, éducation et formation;
· Si les contribuables voient que les impôts locaux vont vers de bons projets, ils ne protesteront pas devant les charges;
· Pas de hausse des dépenses sociales dans le budget de l'Etat: la lutte contre le chômage ne peut pas se faire par les recrutements de la Fonction Publique; c'est le «désastre originel».
· La lutte contre l'analphabétisme est un chantier prioritaire: tous les enfants doivent être scolarisés. Les entreprises et les collectivités locales ont leur part de travail dans la lutte contre l'analphabétisme.

Mohamed CHAOUI & NADIA SALAH

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