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    Economie

    Dirham/Dollar: Inquiétudes sur les échanges

    Par L'Economiste | Edition N°:291 Le 31/07/1997 | Partager

    L'envolée du billet vert persiste, supportée par le boom économique d'Outre-Atlantique. Elle tire vers le bas la parité des monnaies européennes. Importateurs de matières premières comme exportateurs de textile subissent de plein fouet les effets.


    L'inquiétude gagne le milieu des affaires marocain.
    La hausse du Dollar entamée depuis six mois n'est pas pour arranger les relations commerciales, indiquent des banquiers.
    Les autorités monétaires affichent en revanche plus de sérénité. Pour elles, les effets sur le panier de devises entrant dans la composition du Dirham sont minimes.
    La hausse du Dollar serait annulée par le glissement des diverses devises européennes. Dans tous les cas, la dévaluation du Dirham ne résoudra rien, estiment les banquiers. Elle aura pour conséquence l'aggravation des déficits et le renchérissement des importations, sans que la relance des exportations ne soit pour autant garantie.
    Il est à préciser qu'aucune donnée chiffrée sur les effets de variation des cours des principales devises n'est disponible.
    L'essentiel des importations sont contractées en Dollars. Autant dire que l'impact sur les achats incontournables de pétrole brut et de céréales, suite à la mauvaise récolte, est douloureux.
    "En 15 jours, le Dollar est passé de 9,54 à 9,94 DH, et depuis le début de l'année il gagne 10 centimes par jour en moyenne", précise M. Najib Lazrak, responsable de la salle des marchés de la BMCE.

    «Quoi qu'il en soit, face à l'incertitude de l'évolution de la monnaie américaine, la banque ne peut pousser l'importateur à se couvrir. Elle est tout juste à même de lui fournir les éléments requis pour une prise de décision", est-il indiqué. Autrement dit, c'est à l'opérateur d'assumer ses responsabilités en fonction de ses anticipations et de la marge bénéficiaire escomptée.
    Concernant les achats de pétrole, la hausse du prix du barril découle actuellement de l'effet Dollar et non du marché. Cependant, le renchérissement du transport n'est pas à écarter. Dans ce cas, une hausse du prix à la pompe est à craindre, estime M. Lazrak.

    Exportations en Dollars


    Autres secteurs vulnérables: le textile et les agrumes & primeurs. Ces deux branches exportatrices sur les marchés européens voient leurs recettes s'amenuiser de jour en jour. "Les industriels du textile ayant conclu des contrats de vente six mois plus tôt, au moment où le Franc français était à 1,70 DH, vont devoir vendre à 1,59 DH", déplore un professionnel.
    Fort heureusement, les exporta-teurs de fruits & légumes, est-il indiqué, ont pu sortir partiellement leur épingle du jeu, car la campagne a été bouclée au moment où le Dollar n'était pas aussi haut.
    Autre sujet d'inquiétudes: les transferts des RME. Les chiffres actualisés ne sont pas arrêtés mais les entrées en devises vont accuser une nouvelle baisse, à en croire des banquiers. La tendance baissière est déjà entamée depuis plusieurs années mais l'effet Franc français, Florin hollandais et Franc belge va accélérer le mouvement.

    A avril 1997, les recettes RME ont reculé de 10,4% à 5 milliards de DH en année glissante. Les banques marocaines ont déjà bien du mal à maintenir les volumes de rapatriement de devises. Cette année, la tendance est tout autre. Les résidents à l'étranger retournent à leur bourgade pour liquider leur terrain, leur affaire ou leur domicile avant de retourner définitivement dans le pays d'accueil". Conséquence: les prix chutent, les dépenses de séjour aussi et la deuxième génération déserte son pays d'origine. D'après des cambistes, cette tendance s'est dessinée cinq ans plus tôt à l'approche de l'âge de retraite de la première génération.
    De leur côté, les recettes de voyage ont fléchi de 4% à 3,3 milliards de DH en avril 1997. Là aussi, il y a de fortes chances pour que l'évolution des parités des monnaies européennes par rapport au Dirham ait un impact négatif sur les entrées en devises. La conjoncture actuelle profite cependant aux exportateurs en Dollars, avec en tête l'OCP. "Mais attention, la vocation de l'Office n'est pas de spéculer", tempère un cambiste. De plus, le renchérissement des intrants importés tels le soufre et l'évolution du prix du produit fini atténuent de manière significative l'effet positif du Dollar.


    Le Dollar en folie


    LA flambée du Dollar excite les marchés financiers. Les banques centrales anglo-saxonnes et européennes adoptent pour l'heure une attitude passive.
    L'ascension entamée depuis le début de l'année s'accélère depuis un mois. Après avoir dépassé le seuil psychologique de 1,74, le Dollar contre Mark a grimpé pour dépasser la barre de 1,80, niveau jamais atteint depuis 6 ans. Au 25 juillet, le Dollar contre Mark clôturait à 1,63 avant de plafonner à 1,85 au cours de la journée du 29. Parallèlement, les devises européennes perdaient du terrain.
    Un paradoxe toutefois: cette flambée ne provoque aucune inquiétude dans les milieux financiers. Bien au contraire, les autorités monétaires françaises et allemandes la perçoivent d'un bon oeil car non porteuse d'inflation. De leur côté, les présidents des deux banques centrales américaine et britannique "s'interrogent sur le phénomène" sans pour autant adopter de décisions correctrices. Selon les cambistes marocains, seules une intervention concertée des instituts d'émission des pays développés et une prise de bénéfices des investisseurs peuvent enrayer l'envolée de la monnaie américaine.

    Autres solutions préconisées: élever les taux d'intérêt allemands et baisser les taux américains. "De toute façon, les marchés sont à présent sûrs que les taux d'intérêt américains vont rester en l'état jusqu'à la fin de l'année", indique M. Najib LazraK, de la salle des changes de la BMCE. Toutefois, la Federal Reserve Bank se réserve le droit d'agir sur les taux à tout moment.
    Il est clair que la flambée actuelle trouve son explication, avant tout, dans le boom économique des Etats-Unis. Après six ans de croissance, le premier trimestre 1997 a enregistré une progression du PIB de près de 6%, taux jugé comme étant exceptionnel pour un pays développé. Pour leur part, le taux de chômage est au plus bas et la progression du taux de salaire moyen s'accélère. Ces deux facteurs n'ont pour l'heure provoqué aucun effet en termes de tensions inflationnistes. Ainsi, la baisse des prix à la production bénéficie de la détente des prix à la consommation et des produits énergétiques.
    Les inquiétudes concernant l'Union Européenne et le respect des critères budgétaires par les différents membres alimentent également les anticipations à la hausse du Dollar par rapport à l'Euro.

    Mouna KABLY

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