×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Différend entre la CDG et Dounia Hôtels : En question: Les loyers en souffrance et le fonds de commerce

    Par L'Economiste | Edition N°:70 Le 11/03/1993 | Partager

    Le différend latent depuis 1991 entre Dounia Hôtels et la CDG a éclaté, mais les deux parties se veulent rassurantes, indiquant qu'un "dénouement honorable devrait intervenir rapidement". Le différend porte sur les loyers restés en souffrance alors que les contrats sont arrivés à échéance.

    Le différend entre la Caisse de Dépôt et de Gestion et la chaîne Dounia Hôtels de M. Abdelhadi Alami couve depuis 1991. Il a pris un tour nouveau, mais il n'est pas directement lié à la privatisation. Il s'agit de la question des loyers restés en souffrance, une carence que les deux parties attribuent à la crise de 1990-1991.
    Dounia Hôtels gère 7 établissements hôteliers appartenant à la Caisse, par le jeu de sociétés ad hoc, les Motels S.A. qui portent en général le nom de la ville où l'hôtel est construits.

    Cinq contrats arrivés à échéance

    Ces établissements ont tous plus de vingt ans et avaient été construits sur le modèle américain du motel. En dépit d'aménagements ultérieurs, ils ont gardé leur style de motels, bien qu'ils ne soient pas utilisés de cette manière. Ils sont de taille moyenne, entre 60 et 130 chambres et ont 4 étoiles en catégorie A pour ceux qui ont été rénovés récemment, et en B pour les autres.
    Pour sa part, comme le fait remarquer M. Alami, fondateur de la chaîne, Dounia Hôtels gère aussi d'autres établissements appartenant à l'ONMT (3 hôtels) et à la Société Hôtelière de Sidi Harazem S.A. (1 établissement). L'ensemble de ces établissements est inscrit sur la liste des privatisables, et cinq d'entre eux ont fait partie de la vague des 16 établissements mis en audit-évaluation l'année dernière. Il s'agit du Volubilis (Fès), du Ouzoud (Beni Mellal), du Le Zat (Ouarzazate), du Rissani (Errachidia) et du Toubkal (Marrakech). Ces cinq hôtels, appartenant tous à la CDG, avaient des contrats conclus en 1976 et arrivés à échéance le 28 février dernier. Notons que ces établissements ne sont pas encore mis en appel d'offres pour la privatisation, mais qu'ils sont annoncés comme figurant dans la prochaine vague.
    Le 9 mars 1993, Dounia Hôtels n'avait pas encore quitté les lieux.

    Les deux parties "optimistes"

    Des "discussions" et "négociations", selon les termes employés tant chez Dounia Hôtels que chez la CDG, sont en cours. Ni l'un ni l'autre ne lie directement l'affaire avec les privatisations.
    M. Abdelhadi Alami insiste sur le fait qu'il "ne souhaite pas entrer en conflit" avec son propriétaire. Il a confié à L'Economiste qu'il "existe une question de principe" et se dit "très optimiste", quant à l'issue: "un arrangement sera trouvé, qui ne lèse aucun intérêt et préserve l'équité entre les deux parties". M. Alami évite d'employer le terme d'indemnité de départ, tout en indiquant que la solution est financière.
    Chez la CDG, c'est aussi l'optimisme, un peu plus prudent néanmoins: les services de la CDG se disent aussi "optimistes" et expliquent qu'il n'y a pas de litige de fonds avec leur locataire pour récuser le terme de "contentieux". Ils considèrent, comme M. Alami, que les "frottements" sont financiers: "nous ne sommes pas d'accord sur la question des loyers".

    Ils précisent que depuis la grande crise de 90-91 les loyers des cinq hôtels restent dûs, soit, selon eux, 12 millions de DH.
    Les services de la CDG indiquent très nettement que "le terme du contrat ne peut pas être discuté" et justifient cette position par la perspective de la privatisation: "Le ministère du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation veut une place mise au net". Pour sa part, M. Alami ne conteste pas cet argument, mais laisse la porte ouverte pour une "éventuelle reprise".
    Comme preuve de sa bonne foi pour la remise des locaux, M. Alami avance les restitutions des établissements appartenant à l'ONMT, "dès qu'un arrangement financier a été trouvé". Du côté de la CDG aussi, les preuves de bonne foi sont avancées: "le non-versement des loyers, bien qu'étant une violation du contrat, n'a pas entraîné d'action en justice".

    Question centrale: Les loyers

    La question centrale reste l'arrangement sur les loyers. Auprès de la CDG, il est fait remarquer que 1990-1991 a réellement été une année de crise et qu'il y a eu des attitudes compréhensives, notamment pour le rééchelonnement du CIH en faveur du secteur. Les experts de la Caisse ajoutent qu'ils n'ont pas eu de cas similaire mais que l'absence de précédent peut, peut-être, s'expliquer par le fait que les autres établissements loués traitent essentiellement une clientèle d'affaires, moins sujette que le tourisme à la crise engendrée par la Guerre du Golfe.
    Les deux parties estiment qu'une solution "honorable" sera trouvée avant la mi-mars.

    N.S.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc