×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Dialogue social: Le plan CGEM

Par L'Economiste | Edition N°:3117 Le 29/09/2009 | Partager

. Une charte nationale en projet. Un tableau de bord social pour 2010 Dialogue direct, construire un modèle social, demander à l’Etat de jouer son rôle de régulateur, travailler sur un conseil économique et social… les chantiers de la Commission Emploi et Relations sociales de la CGEM sont nombreux et ambitieux. Celle-ci veut rompre avec les anciennes méthodes et bâtir de nouvelles relations sociales. Les idées sont là, il ne reste qu’à les concrétiser. Chose à laquelle cette commission, présidée par Jamal Belahrach, s’est attelée. - L’Economiste: Quelle est la nouvelle stratégie sociale de la CGEM?-Jamal Belahrach: La donne a changé pour deux raisons majeures: la crise qui nous rappelle qu’il y a un capital humain dans l’entreprise et le discours du Souverain qui impose un rythme nouveau aux relations sociales. Il faut développer des politiques sociales innovantes en vue de créer un nouveau contrat social.La commission Emploi et Relations sociales s’inscrit dans la démarche de la CGEM, à savoir oser et innover. Nous voulons capitaliser sur le travail réalisé, c’est-à-dire formaliser les besoins des entreprises marocaines pour que leur compétitivité ne soit pas érodée. Nous souhaitons également mettre tout le monde d’accord sur quatre postulats: c’est l’entreprise qui crée de la richesse, c’est elle le moteur du progrès social (et vice-versa), le dialogue social est une exigence du quotidien de l’entreprise et l’Etat est un régulateur et un facilitateur et non pas un acteur du dialogue social. - En quoi consistent ces orientations? - Nous voulons créer un dialogue direct avec les partenaires pour faire évoluer l’environnement social et législatif. Le chef d’entreprise doit discuter avec les partenaires sociaux. Ce qui suppose des réunions régulières à même d’anticiper les conflits et les problèmes. En créant un dialogue social direct, nous allons inciter l’Etat à jouer son rôle de régulateur et de facilitateur. Son objectif sera d’accélérer les réformes attendues, le rythme actuel étant trop long. Par exemple un ensemble de décrets relatifs aux accords d’avril 2004 ne sont pas encore en place. Ce n’est plus acceptable! Nous devons également réfléchir à un nouveau modèle social marocain. Nous avons pris l’habitude d’aborder tout et son contraire et de toujours travailler par petits coups. La CGEM doit également être une force de propositions pour créer de l’emploi. Nous devons aussi contribuer activement à la mise en place du Conseil économique et social. Il constituera le véritable espace de dialogue entre les employeurs, les partenaires sociaux et la société civile. Jusque-là, la CGEM a toujours été concentrée sur le code du travail. Notre rôle au sein de la commission et à travers le conseil d’administration est non seulement de travailler sur les évolutions du code du travail mais aussi sur la vision globale de l’environnement social. - Comment allez-vous vous y prendre? - Nous proposons aux syndicats une charte nationale sur le dialogue social. En clair, une sorte de convention collective dans le but d’y inscrire un agenda des sujets qui vont être discutés, les modalités et le rythme de travail. C’est ridicule d’imaginer qu’une réunion annuelle ou deux vont régler tous les problèmes de l’entreprise. Le rendez-vous annuel doit rester politique pour valider un certain nombre d’orientations. Or, l’entreprise doit continuer à travailler et à vivre au quotidien et c’est pour cela qu’elle doit collaborer étroitement avec les partenaires sociaux. Il faut sortir des vieilles idées où l’entreprise est l’ennemie des partenaires sociaux et vice-versa. C’est le bon timing pour faire évoluer les relations sociales au Maroc et c’est là le principal objectif de la CGEM. Nous devons reconnaître les droits de chacun et privilégier l’intérêt général à l’intérêt particulier à travers la création de l’emploi. En fait, tout le travail devrait s’effectuer dans la cadre d’une démarche globale. En interne la CGEM va s’appuyer sur les unions régionales, les fédérations et les adhérents pour faire évoluer le système. - Concrètement, que proposez-vous aux syndicats? - En initiant un dialogue direct avec les partenaires sociaux, nous allons nous mettre d’accord sur l’essentiel et non sur le politique. La CGEM va s’investir dans la mise en conformité de l’entreprise en promouvant toutes les dispositions du code du travail qui ne sont pas opérationnelles et qui ne posent pas problème. La commission Label et la commission Emploi vont travailler ensemble pour promouvoir le label social de la CGEM. C’est important de développer la crédibilité de la confédération à travers ce que l’on fait et ce que l’on dit. La mise en conformité sociale est un des chantiers de la commission Emploi et Relations sociales et non seulement de l’Etat dans le cadre de son plan de mise en conformité sociale. Nous allons également promouvoir les conventions collectives. Nous avons au moins deux fédérations qui sont intéressées et la commission va les aider. C’est le cas par exemple pour l’industrie hôtelière. - Quels sont les dossiers prioritaires que la CGEM veut discuter? - Aujourd’hui les priorités de la CGEM sont celles qui vont clarifier certaines dispositions du code du travail pour que l’on puisse travailler dans la sérénité. Le fait d’en discuter constituera une avancée. L’innovation dans un agenda social est de fixer un terme pour chacune des réformes. Lorsque le partenaire et le patronat n’arrivent pas à se mettre d’accord, l’on s’en remettra à l’arbitrage de l’Etat. - L’Etat a toujours eu du mal à réunir les syndicats autour de la même table, comment allez-vous faire? - C’est une question de méthode. L’objectif est de travailler avec les syndicats qui ont envie d’avancer. Pour l’instant c’est du one to one. Si l’on arrive à convaincre les partenaires sociaux de manière individuelle de ce que nous voulons faire, à un moment tout le monde se mettra d’accord. A terme, entre 2010 et 2011, nous voulons organiser les états généraux du dialogue social durable. La commission sociale est également pour une flexibilité responsable. Tout le monde devrait être d’accord, et la crise nous l’a montré, la flexibilité est une donnée nécessaire à l’entreprise. En parallèle, celle-ci prend conscience du besoin de sécurité du salarié. D’où cette notion de flexibilité responsable. La commission va faire des propositions dans ce sens. Objectif, aboutir à terme à un contrat de travail flexi-sécurité. Nous devons réfléchir et imaginer quelles seront les conditions d’accords avec les partenaires sociaux sur cette flexibilité nécessaire dans le cadre d’une crise et de la sécurité dans le travail. - Ne craignez-vous pas de faire fuir les syndicats frileux à toute flexibilité de l’emploi?- Il faut de la pédagogie et un engagement clair. Le Maroc est membre de l’OIT et du BIT et ces organismes ont mis en place un certain nombre de conventions que le Maroc est obligé de ratifier. Les syndicats sont contre la flexibilité sauvage et non contre celle qui donne de la sécurité aux salariés. Par ailleurs, la commission sociale compte développer le reporting social. Nous n’avons aucune donnée sociale disponible pour les entreprises. Plusieurs organismes publient des chiffres mais nous ne disposons pas d’un tableau de bord social destiné aux entreprises et aux investisseurs. Nous allons le créer dès 2010. - On parle aussi de nouveaux services aux adhérents…- Effectivement. La commission Emploi et Relations sociales travaille sur trois chantiers: une instance de pré-conflit pour les adhérents, un centre d’information sociale et un intranet social. La première permettra aux entreprises via la CGEM d’intervenir en amont pour éviter les conflits. Le centre d’information sociale assurera des informations aux PME et PMI qui ne maîtrisent pas le code du travail et les process de recrutement. Il sera opérationnel dès le second semestre 2010. Quant à l’intranet social, il mettra un certain nombre d’outils à la disposition des adhérents tels que des contrats de travail type.


Dix propositions pour l’emploi

La CGEM doit être une force de propositions et ne pas donner l’image d’une institution qui ne défend que ses propres intérêts. «Dès 2010 nous allons proposer dix mesures pour créer de l’emploi en particulier pour les jeunes diplômés et l’emploi citoyen. Nous allons également voir comment rendre la formation accessible au plus grand nombre», affirme Jamal Belahrach, président de la commission Emploi et relations sociales à la CGEM. Celle-ci réfléchit aussi sur le dispositif de formation qualifiante de formation continue au sein de l’entreprise. La CGEM ambitionne aussi de s’impliquer davantage dans les écoles et les universités. Autre chantier, impliquer les entreprises dans les dispositifs de stages pour les étudiants. L’idée est de travailler sur un portail web qui va gérer l’offre et la demande de stages. En partenariat avec l’Anapec, un dispositif autour de l’emploi sera conçu et une convention sera signée avec l’Agef pour développer des conférences thématiques et des ateliers sur le code du travail. Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc