×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Développement humain
Casablanca encerclée par la pauvreté

Par L'Economiste | Edition N°:2239 Le 22/03/2006 | Partager

. Globalement avec 3,5% de pauvres, Casa n’est pas si mal lotie. Les images sont trompeuses: Anfa abrite 3.000 indigents. 45% de personnes vulnérables à Lahraouiyine, près de Tit Mellil!LA mégalopole casablancaise (3,6 millions de Marocains sont Casaouis) a un taux de pauvreté de 3,5% (niveau régional), soit l’un des plus faibles du Maroc (après la région de Rabat et sans compter des provinces du Sud qui bénéficient de transferts de revenus importants et où l’on trouve des communes avec 0% de pauvres!) Contrairement à l’idée reçue, avec ses 126.000 pauvres, Casa n’abrite pas le plus grand nombre de nécessiteux, mais sans doute que «ses indigents» ont été les plus médiatisés, surtout après les attentats de 2003. En plus de la sévérité de la pauvreté périurbaine qui nuance grandement les statistiques: entre pauvres et vulnérables en ville, il n’y a qu’un intervalle de 5 DH de dépenses par jour de différence… Cet intervalle est mince, très mince.Si l’on est vulnérable, on peut tomber dans la pauvreté. Et si l’on est pauvre, on peut devenir «vulnérable» quand la situation s’améliore. La précarité demeure la grande caractéristique des zones d’habitation les plus socialement défavorisées (cf. carte). La singularité principale de la région est que les communes urbaines concentrent en valeur relative et absolue le plus de pauvres. Par ordre d’importance, les communes où il y a le plus de pauvres sont:- Lahraouiyine, 20,22% de pauvres soit 1,4 fois la moyenne nationale et 5,7 fois la moyenne de la région de Casablanca! Auxquels s’ajoutent 25% de personnes en situation précaire, soient 45,22% de résidents vulnérables.- Lamkansa (14,74%);- Médiouna (8,65%);- Aïn Harrouda (7,42%) et - Nouaceur (7,37%). Près de 2 millions de personnes habitent ces cinq communes, soit plus de la moitié des Casablancais (55%).Beaucoup d’habitants de ces communes sont vulnérables, où les taux dépassent 12%. A Lahraouiyine, 53.000 résidants, un sur quatre est vulnérable. C’est-à-dire que 25% dépensent entre 10 et 15 DH par jour... Ce qui ne fait pas beaucoup dans une ville où en plus de se loger et de manger, il faut se déplacer! Rappelons que la dépense moyenne d’un urbain est de 31 DH/jour.On ne surprendra personne en disant que les inégalités casablancaises sont importantes. L’indice de Gini, qui mesure cette inégalité, est supérieur à 35% partout (l’égalité parfaite est à 0).Il y a des communes avec le moins de pauvres: - Roches Noires (Assoukhour Assawdaa) avec 0,81% de pauvres; - Le Mechouar (le Palais et le quartier des Habous) avec 1,03%.Une grande leçon de cette étude, tout à fait remarquable, est que les images sont terriblement trompeuses!Par exemple, Sidi Bernoussi (165.000 résidants), qui a l’air bien indigent, a un niveau de pauvreté de «seulement» 1,35% et de vulnérabilité de 4,45%, bien au-dessous de la moyenne casablancaise. Ce qui ne veut pas dire que les gens y sont riches. C’est une commune populaire, où l’habitat économique est très développé. Inversement, Anfa, qui a la réputation de rassembler les riches dans un quartier fait uniquement pour eux, se classe dans la moyenne des zones pauvres de Casa… 3,14% de pauvres et 6,39% de vulnérables: 3.000 pauvres sur 95.000 résidants! C’est dans la périphérie de la ville que se trouvent les grandes zones de pauvreté: c’est la ceinture de pauvreté. Ainsi, Sbata, Moulay Rachid, Sidi Moumen, Sidi Bernoussi, Anfa (où se situe Douar Slbat, Douar Ouled Abbou, Douar Hmida), sont des zones où la pauvreté oscille entre 7,91% et 13,7%, soit plus que la moyenne urbaine nationale (7,9%). Ce sont aussi les communes où l’habitat sommaire est très répandu. La carte des strates de Casablanca (type d’habitation) le montre bien.Les disparités sociales sont très importantes au sein des communes casablancaises. Elles sont souvent criantes comme dans la commune d’Anfa. C’est la commune à avoir l’indice de Gini le plus élevé de toute la région: 51,66% (plus on se rapproche de 100%, plus l’inégalité est importante).


Sidi Moumen, pas si pauvre que ça!

IL va falloir réviser nos a priori. Sidi Moumen, tristement célèbre depuis les attentats du 16 mai, n’est pas le plus démuni des quartiers. Les statistiques sont bien claires. Tous les reportages décrivent précarité et malaise et donc le misérabilisme. Le taux de pauvreté communal «n’est que» de 4,97%, au-dessus de la moyenne de la région casablancaise, mais trois points en dessous de la moyenne des villes et dix points en dessous de la moyenne nationale! Donc pas si pauvre que cela, les résidents de Sidi Moumen!? A voir! En effet, il y habite 15.000 pauvres plus 30.000 personnes en situation vulnérable. Leur poids politique est donc considérable.Les 58.000 ménages de Sidi Moumen vivent dans des logements classés «sommaires» ou économiques. Comme dans le reste de Casa, c’est sur la «frontière» avec les parties rurales, que le quartier est le plus démuni. L’indice de développement humain de ce quartier est intéressant: 0,734. Ce qui veut dire qu’il est nettement au-dessus de la moyenne, 0,52. Cela signifie que les habitants sont plutôt bien couverts pour l’éducation (alphabétisation et scolarisation), que la mortalité infantile est faible et que le niveau de vie est correct. Notons néanmoins que ce travail a été réalisé en septembre 2004, c’est-à-dire alors que les investissements publics et privés avaient déjà bien changé la face de ce quartier.M. Kd.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc