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Economie

Deux géants dans la bataille du business de l’insuline

Par L'Economiste | Edition N°:2916 Le 05/12/2008 | Partager

. Mano à mano Sanofi-Aventis/Novo Nordisk sur le marché. L’AMO ne s’est pas traduite par une croissance supplémentaire. 2 millions de patients atteints de diabète et des milliers qui s’ignorentAvec 2 millions de personnes atteintes de diabète (230 millions dans le monde) et des centaines de milliers d’autres qui s’ignorent faute de dépistage, le Maroc est un champ de compétition pour les multinationales de l’industrie pharmaceutique. Les deux leaders mondiaux, le danois Novo Nordisk et le français Sanofi-Aventis s’y livrent une bataille sans merci sur le marché de l’insuline, même si pour l’instant, le business reste relativement limité, corrige le directeur général de Novo Nordisk, Michel Geuens. Les deux revendiquent également le leadership avec une part de marché de 25%.Selon les données officielles, le marché de l’insuline moderne représente un chiffre d’affaires annuel de 63 millions de dirhams et, en intégrant tous les traitements anti-diabétiques oraux, il passe à 208 millions de dirhams. Ces données, qui couvrent la période allant de septembre 2007 à septembre 2008, ne concernent que le secteur privé. Pour l’instant, l’effet AMO ne se fait pas sentir sur le business des deux fabricants d’insuline, malgré le fait que la pathologie relève de la famille des ALD (Affections longue durée) et prise en charge à 100%. Cela tient aussi à une autre explication: pour des raisons économiques et financières, les appels d’offres publics ne portent que sur l’insuline humaine qui, rappelons-le, a été retirée en Europe depuis plusieurs années en raison de contraintes et de désagréments qu’elle imposait aux patients. Seule la nouvelle génération de l’insuline dite moderne y est commercialisée. Malgré un prix élevé, l’argument de confort du patient fait mouche auprès du corps médical pour la prescription de l’insuline moderne. L’action de 24 heures évite au patient des désagréments constants et constitue une avancée substantielle dans le traitement du diabète. Aujourd’hui, avoir un diabète n’est plus vécu comme un cauchemar comme cela l’était par le passé, fait remarquer le management de Novo Nordisk. Pour contrer les assauts de la concurrence, le laboratoire danois a habilement joué sur le prix de son produit phare, le stylo prérempli (le fameux Flexpen, le plus vendu au monde dans sa catégorie) bien connu des patients et de diabétologues. Son prix public est de 930 dirhams, soit 30 dirhams de plus que la concurrence quitte à prendre le risque de se fâcher avec le réseau de distribution (pharmacies d’officine).La source du développement du business des laboratoires passe par la sensibilisation du public, relayée par des associations, mais aussi par des prescripteurs, les médecins spécialistes réunis dans des sociétés savantes. Même si les laboratoires s’en défendent, c’est aussi une manière de contourner l’interdiction publicitaire du médicament. L’événementiel, comme les différents congrès dont ils sponsorisent la participation des médecins, sont les principaux canaux par lesquels transite leur communication. Et la journée mondiale de lutte contre le diabète, le 14 novembre dernier, a été une nouvelle démonstration. Dans plusieurs villes du Royaume, Novo Nordisk a aménagé des «villages» spéciaux où les toubibs prêchaient les vertus de la prévention au public. L’objectif est de sensibiliser la population au dépistage précoce d’une pathologie insidieuse et qui, prise en charge rapidement, permet d’éviter des complications souvent dramatiques. Car, aujourd’hui, malgré la mise en place de l’assurance maladie obligatoire, de plus en plus de patients ne viennent consulter qu’à un stade avancé de la maladie, à l’apparition des signes cliniques graves, revèle un endocrinologue. «Il reste beaucoup d’efforts en matière d’information et de sensibilisation pour permettre le dépistage précoce et, donc, la prévention des complications», confirme la direction de Sanofi-Aventis. Selon nos investigations, les produits génériques n’ont pas percé sur le marché. Les raisons? Le corps médical serait réticent à les prescrire et pas convaincu de leur efficacité, confie un délégué médical. Il y a également la pression des patients (quand ils en ont les moyens) qui exigent le traitement par insuline moderne. Mais cela reste une minorité parmi les milliers de personnes qui sont sous insuline. Les centres de santé publique ne prescrivent que l’insuline humaine.Générique? Pas vraiment, précise un responsable chez Sanofi-Aventis. «Il existe une différence fondamentale entre une molécule chimique classique, pour laquelle un générique est possible, et un médicament biologique (c’est le cas de l’insuline) pour lequel il n’existe pas de générique possible mais au mieux un biosimilaire», explique-t-il. Biosimilaire signifie que l’enregistrement du produit a suivi une réglementation définie permettant de caractériser la similarité avec le produit original. Cet exercice inclut également une évaluation en termes d’efficacité et de sécurité, faute de quoi, il s’agit d’une simple copie. Dans ce cadre, les autorités européennes ont clairement défini le processus d’évaluation des biosimilaires avec des guidelines générales et spécifiques à différents produits, dont l’insuline. Voilà une pierre dans le jardin de Sothema qui fabrique, entre autres, le générique de la spécialité.Abashi SHAMAMBA

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