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Dette publique
Le Maroc devrait se chercher son «Pébereau»

Par L'Economiste | Edition N°:2180 Le 27/12/2005 | Partager

. Aucun débat de fond sur l’endettement intérieur. La France remboursera une partie de la dette par la privat. Le Maroc consacre 4% du PIB au service de la dette TRISTE réalité. Notre modèle de référence favori est en pleine dérive. La France vit au-dessus de ses moyens. Les conclusions du dernier rapport Pébereau font l’effet d’une bombe. La dette publique caracole à 1.117 milliards d’euros (1 euro=11 DH). En 25 ans, elle est explosée de 20 à 66% du PIB. Or, le pacte de stabilité européen fixe la limite à 60%. Le paiement des retraites des fonctionnaires serait en partie responsable de cette descente aux enfers. Il varie entre 400 et 900 milliards d’euros.En matière de dérapage, le Maroc fait mieux. D’ailleurs, pour en mesurer l’ampleur réelle, il lui faudrait aussi «un rapport Pébereau». Certes, le Maroc arrive bon an mal an à contenir son endettement extérieur. Mais l’effet des vases communicants joue à plein régime, en recourrant sans modération à la dette intérieure. Résultat: l’endettement global caracole à 75% du PIB, malgré les efforts engagés pour contenir les dépenses et les subventions publiques. Plus grave, l’agence de notation internationale Standard & Poor’s ne prévoit pas, dans son dernier rapport, d’amélioration de ce ratio dans les deux prochaines années. En tout cas, Oualalou devra faire preuve d’ingéniosité pour tenir les engagements inscrits dans la loi de Finances 2006. Non seulement il lui faudra prévoir 64 milliards de DH pour régler la masse salariale, mais aussi trouver 12 milliards de DH pour régler la compensation des produits subventionnés et 9 milliards à verser à la Caisse marocaine des retraites (CMR). Sans oublier l’enveloppe de 1,5 milliard au titre de la contribution à l’Initiative nationale de développement humain (INDH).L’autre alerte lancée par la commission Pébereau concerne les services de la dette. Ces derniers pèsent lourdement sur les finances de l’Hexagone. Les frais financiers ont ainsi absorbé quelque 45 milliards d’euros. Ils constituent désormais le deuxième poste des dépenses de l’Etat. Pour les auteurs du rapport, la poursuite de ces tendances expose la France à un «risque réel d’asphyxie financière». A ce rythme, les taux de la dette publique avoisineraient 130% en 2020, 200% en 2030 et près de 400% en 2050. La commission écarte toutefois ce scénario, car les prêteurs prendraient des sanctions à l’encontre du pays bien avant d’atteindre ces limites extrêmes. Le risque «d’asphyxie financière» menace aussi le Maroc qui arrive difficilement à régler ses arriérés, notamment de la Compensation. D’ailleurs, l’agence de notation financière Standard and Poor’s a fait savoir qu’elle n’exclut pas d’abaisser de «stable» à «négative» la note de la dette de la France, si rien n’est fait pour améliorer la situation.Sur ce registre, le Maroc a réussi tant bien que mal à tirer son épingle du jeu. Il a su bénéficier de la baisse tendancielle des taux d’intérêt durant les 5 dernières années, grâce notamment à sa politique de gestion active de la dette et de refinancement de la dette extérieure onéreuse. Mais en 2006, fin de la trêve. De 12 milliards de DH, le service de la dette grimpe à 19 milliards de DH, annonce le rapport économique et financier 2006 qui accompagne la loi de Finances (les dépenses d’investissement inscrites dans le budget général sont de 20 milliards de DH). Ce qui porte son poids à 3,8% du PIB. Les taux d’intérêt renoueront avec la hausse avec la dégradation du déficit budgétaire et la régularisation des arriérés de la CMR. Pour rappel, le Trésor avait réglé, déjà en 2005, 11 milliards de DH d’arriérés à la Caisse en levant des fonds sur le marché intérieur via un emprunt national.En 2005, les services de la dette intérieure dépassent les 10 milliards de DH. En 2006, la dette intérieure continuera d’occuper le haut du pavé, générant des charges en hausse de 7%. Par ailleurs, et même si les flux extérieurs nets restent négatifs (-2 milliards de DH), la dette extérieure donnera lieu elle aussi à une charge financière en hausse de 13,5%. La gestion active a incontestablement porté ses fruits au cours des 7 dernières années en allégeant le poids du service de la dette. Aurait-elle atteint ses limites?Pour soigner les finances de la France, la commission Pébereau recommande des actions énergiques. Elle annonce la couleur avec deux mesures- phares: Gager toute nouvelle dépense sur des économies équivalentes et affecter les recettes exceptionnelles, comme la vente des autoroutes, à la réduction de la dette.


Les effets pervers du surendettement intérieur

DEPUIS la fin du programme d’ajustement structurel (PAS), le Maroc accorde la part belle à l’endettement interne. Il maintient cette ligne de conduite en 2006 puisque la baisse de 10% de la dette extérieure sera largement compensée par la progression de 20% de la dette intérieure. Au total, la dette publique représentera 27% des dépenses budgétaires. «Bien plus que le budget consacré à l’Education nationale!», s’insurge Mohamed Boussetta, professeur à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat-Agdal dans les colonnes de L’Economiste (cf.www.leconomiste. com). Cet arbitrage en faveur de la dette intérieure (224 milliards de DH en 2004) a permis de stopper l’hémorragie de la sortie de devises et d’éviter le risque de change. Il entraîne néanmoins pas mal d’effets pervers. Tout d’abord, l’effet d’éviction exercé sur les entreprises et les investissements privés. En effet, en levant des fonds sur le marché domestique, le Trésor absorbe une bonne partie de l’épargne intérieure. Ensuite, les charges de remboursement du principal et des intérêts aggravent les inégalités sociales. En définitive, c’est le contribuable qui supporte le financement de cette dette.


Des mesures à méditer

COMMENT lutter contre l’envolée de la dette publique? A la demande de Thierry Breton, ministre français de l’Economie, la commission Pébereau, président du directoire de PNB-Paribas, passe au crible toutes les formes de gaspillage. Le rapport final arrête au total une vingtaine de propositions visant à ramener à l’équilibre les finances de la France à l’horizon de 5 ans. Parmi les plus importantes, - la stabilisation des dépenses de l’Etat en euros courants. Ce qui devrait se traduire par une baisse équivalente à l’inflation. En clair, la commission recommande une diminution annuelle des dépenses égale au niveau de l’inflation, en respectant la règle de progression «zéro valeur» des dépenses publiques. - la stabilisation du niveau global des prélèvements obligatoires. Le rapport Pébereau recommande l’interruption de la baisse d’impôts menée depuis 2002, du moins pendant la phase de désendettement. «Ce qui n’interdit pas de modifier la structure des prélèvements obligatoires pendant cette période», précise toutefois le rapport.- l’affectation des recettes exceptionnelles (privatisations...) à la réduction de la dette. Une seule exception: les dotations au Fonds de réserve des retraites.- la compensation de toute nouvelle dépense par la suppression d’autres dépenses pour le même montant. En clair, les dépenses nouvelles devront être gagées sur des économies équivalentes.- la mise en place d’un dispositif de réexamen de l’ensemble des dépenses de l’Etat piloté directement par le Premier ministre pour les réorienter d’ici à trois ans.-la simplification de l’organisation administrative pour éradiquer les structures redondantes.- l’utilisation au maximum de l’opportunité des départs à la retraite pour supprimer les sureffectifs dans la fonction publique. Sans négliger la levée de tout obstacle à la mobilité des fonctionnaires.- la prise en compte dans la rémunération des fonctionnaires du respect des objectifs fixés.- l’évaluation de l’efficacité des réglementations publiques tous les trois ans et concentration des moyens publics, en particulier dans les domaines des politiques de l’emploi, de l’enseignement supérieur et de la recherche.Mouna KABLY

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