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Economie

Dette extérieur: Fin du traitement de faveur?

Par L'Economiste | Edition N°:1139 Le 08/11/2001 | Partager

. Les tranches française et espagnole ont bien fonctionné. Il ne faut pas compter sur un nouveau geste du Club de Paris... . ...sauf si le politique en décide autrementSix ans après le lancement de la première opération de conversion de la dette extérieure en investissements, quel bilan tirer? Cette technique a-t-elle contribué à réduire le poids de la dette et drainer des investissements privés étrangers?Si l'on se réfère au taux d'utilisation des tranches accordées par la France et l'Espagne, la technique des Swaps a bien fonctionné. En effet, la troisième tranche accordée par la France pour 700 millions de FF, qui avait été accordée le 21 mars 2000, a été consommée dans sa totalité. Elle a profité à 23 projets dans divers secteurs tels que l'agroalimentaire, la grande distribution, le tourisme, l'énergie, l'eau et l'électricité et les industries automobile et cinématographique.Les noms des dernières entreprises bénéficiaires sont jalousement gardés secrets.A rappeler que lors des négociations pour cette dernière tranche en 1999, la France avait obtenu du Club de Paris un relèvement du plafond de 20 à 30% de la part des crédits privés garantis, éligibles au mécanisme. Ce plafond vaut pour tous les autres membres du club. De l'avis d'experts, il sera désormais difficile d'obtenir plus, car le recours systématique à cette technique serait une forme de concurrence déloyale et enfreindrait la discipline financière internationale. En effet, il est clairement spécifié dans le règlement du Club de Paris qu«'afin de préserver la comparabilité de traitement et la solidarité entre créanciers, les montants de conversion de dette sont limités à un pourcentage maximum de stock de créances de chaque créancier individuel«. Avec l'Espagne, l'autre grand créancier, le Maroc a bénéficié du même traitement et en est à sa troisième tranche de Swaps. Accordée le 19 septembre 2000, celle-ci porte sur un montant de 7,8 milliards de Pts (40 millions de dollars US). Elle a été consommée de moitié à peu près. Ainsi, au 15 octobre 2001, sept projets ont bénéficié de ce mécanisme pour un montant d'environ 20 millions de dollars. Parmi les secteurs bénéficiaires, les télécommunications, le tourisme, l'eau, l'électricité, l'agroalimentaire et le textile.Là aussi, le rythme de conversion de la dette en investissements privés laisse présager que la troisième tranche sera épuisée courant 2002. L'obtention du feu vert des autres membres du Club de Paris, pour l'octroi d'une nouvelle tranche espagnole, paraît compromise.En définitive, il apparaît que la conversion de la dette ait atteint ses limites sur le plan réglementaire. «Il faut considérer cette mesure comme exceptionnelle et un palliatif transitoire. A présent, le Maroc doit trouver des moyens de réduire le poids de sa dette autrement que par ce traitement de faveur«, précise-t-on dans les milieux diplomates. Un haut responsable ayant requis l'anonymat rappelle en effet que l'un des facteurs entrant en ligne de compte dans la notation d'un pays est sa capacité à rembourser la dette extérieure. C'est en effet le rating du risque souverain qui va décider un promoteur privé à investir ou pas.Autre fonction des Swaps: la promotion de l'investissement étranger direct. Sur ce volet, les avis sont plus nuancés. Plusieurs observateurs estiment que la bonification prévue par la conversion de la dette n'est pas déterminante dans la décision d'investir dans un pays. D'autres facteurs pèsent dans la balance. En clair, ces investissements étaient destinés à être réalisés quelles que soient les conditions financières. «La conversion de la dette n'est qu'un bonus puisqu'elle permet d'augmenter la rentabilité et la profitabilité des investissements engagés grâce aux conditions préférentielles offertes au promoteur«. Avec le recul, son rôle stimulant de l'investissement est contesté, y compris par les bénéficiaires eux-mêmes.L'enseignement à tirer est que le Maroc doit dépasser «la phase d'assistanat« et s'atteler à améliorer sa rentabilité propre, s'il veut attirer de façon durable des flux de capitaux conséquents.


Rumeurs autour d'une quatrième tranche

Les rumeurs se font persistantes sur le lancement de nouvelles négociations en vue d'une quatrième tranche de Swaps français. Les sources officielles ne se prononcent pas, arguant que c'est une décision qui se prend en hauts lieux. Il s'agirait selon des hommes d'affaires étrangers d'une volonté voilée de hauts responsables de forcer la main aux membres du Club de Paris.. Le bilan chiffréLa France, premier pays à ouvrir le bal, aura octroyé depuis 1996 trois tranches d'un montant global de 2,7 milliards de FF donnant naissance à 65 projets. A rappeler que la première tranche accordée le 13 janvier 1996 portait sur un montant de 600 millions de FF (Parallèlement, le Maroc avait obtenu l'effacement de 400 millions de FF). Elle a permis la réalisation de 32 projets, notamment dans le textile, l'aviculture, l'aéronautique, la chimie, le tourisme et la production de gaz. Le montant agréé s'élevait à 1,2 milliard de FF.L'accord de la deuxième tranche conclu le 24 octobre 1997 a, lui, porté sur 1,4 milliard de FF et engendré 20 projets pour un montant agréé de 1,4 milliard de FF.Côté espagnol, la conversion de la dette en investissements privés s'est également effectuée en trois tranches et a bénéficié à 35 projets.La première tranche accordée le 3 décembre 1996 portait sur un montant de 6,25 milliards de Pts. Elle a donné lieu à 14 projets dans des secteurs tels que le sanitaire, l'agroalimentaire, le textile et l'assainissement pour un montant global de 8 milliards de Pts. Quant à la deuxième tranche accordée le 11 décembre 1997, elle a été utilisée dans 14 projets pour un montant global agréé de 5,8 milliards de Pts.Mouna KABLY

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