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Politique

Détenus de Tindouf: Réactions politiques
«Facilitons la réintégration de nos soldats»

Par L'Economiste | Edition N°:2091 Le 22/08/2005 | Partager

. La médiation américaine est saluée par les partis politiques. «Plus de vigilance dans le traitement du dossier du Sahara» «Justice a été rendue», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, suite à la libération des derniers détenus marocains de Tindouf. Certains d’entre eux étaient retenus prisonniers depuis plus de vingt ans. Selon de nombreux observateurs, cette libération devrait augurer d’une nouvelle dynamique dans le traitement de la question du Sahara. C’est «un pas positif», a fait observer le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. Le gouvernement espagnol parlait d’une possible «nouvelle dynamique».L’Economiste a recueilli à chaud les réactions de quelques partis politiques au lendemain de l’arrivée des plus vieux prisonniers de guerre au monde. Pour Nezha Sqalli, députée du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), «c’est un grand soulagement. Un moment historique qui corrobore la réalisation d’objectifs sur lesquels ont convergé aussi bien la diplomatie officielle que celle militante des ONG». Elle y voit aussi l’effet de l’action diplomatique des associations et de la société civile menée en Europe et aux Etats-Unis pour amener le Polisario à libérer le reste des prisonniers de guerre, détenus dans le sud-ouest algérien.Nezha Sqalli espère que la diplomatie américaine continuera à jouer le rôle de médiation pour une solution pacifique de ce problème du Sahara marocain et qui entrave le développement de la région. Que des opportunités perdues entre le Maroc et l’Algérie sur un conflit qui n’a pas lieu d’être, s’indigne l’élue du PPS. Pour la députée, maintenant il faut réfléchir à la réhabilitation des détenus de Tindouf. «Ce sont des prisonniers qui ont énormément souffert, dans leur chair et leur vie. La société doit les aider sur tous les aspects à retrouver une vie digne parmi les leurs. Ces soldats, dit-elle, ont rempli leur devoir. Maintenant, c’est le Maroc qui a un devoir à leur égard et qui doit les aider à réintégrer au mieux leur patrie. Ces soldats vont maintenant témoigner sur les conditions de détentions inhumaines qui prévalent à Tindouf. Abdelilah Benkirane, du Parti de la Justice et Développement (PJD), exprime la satisfaction de son parti suite à la libération des détenus de Tindouf. Il précise toutefois que ce dossier aurait dû être traité avec diligence. «Beaucoup de retard a été enregistré dans le traitement de ce problème qui devait être résolu il y a longtemps». Pour Benkirane, aujourd’hui, ma question qui se pose est la réhabilitation de ces détenus. «Ils méritent non seulement d’être indemnisés sur le plan administratif mais d’être considérés comme des héros». Il s’agit là d’un militantisme pur et dur qui a été mené au détriment de la vie. La plupart d’entre eux sont traumatisés et souffrent de maladies chroniques. Par ailleurs, Benkirane prévient que l’Algérie va faire pression sur le Maroc. «L’Etat doit être vigilant et impliquer l’ensemble des citoyens dans la résolution de la question du Sahara marocain», précise Benkirane. Pour le représentant du PJD, ce n’est pas fini, il y a encore d’autres problèmes sur lesquels il faudrait se pencher, notamment la question des disparus. Par ailleurs, selon Benkirane, le Maroc doit faire pression et œuvrer pour la libération de plus de 50.000 personnes qui vivotent dans les camps de Tindouf. Selon Bouazza Ikken, président de l’Union Démocratique (UD), son parti se  félicite du retour des derniers prisonniers marocains libérés de Tindouf. Pour lui, l’Etat doit à présent résoudre le problème de leur réintégration. Quant à la question du Sahara marocain, le représentant de l’UD insiste sur une solution politique, à savoir l’autonomie.Pour Driss Lachgar, député et chef du groupe parlementaire de l’USFP, il faut appréhender cette libération sous l’angle humanitaire et non politique comme le veulent nos adversaires. Sur le plan humanitaire justement, nous avons enregistré un retard de 14 ans, car il fallait libérer tous les détenus de Tindouf à partir du cessez-le-feu et ce, conformément aux dispositions de Genève. L’Algérie qui a une responsabilité, car les détentions étaient en terre algérienne, a tenu à exploiter cette carte sur le plan politique par des libérations au compte-gouttes. Pour le représentant de l’USFP, les efforts entrepris par la diplomatie «populaire» a mené à la constitution de commissions en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. D’où les derniers efforts de médiation et l’engagement des Etats-Unis à résoudre les problèmes en suspens dans la région. Pour Lachgar, l’USFP soutient la solution politique qui prône la souveraineté et l’intégrité territoriale. Une solution politique, ajoute-t-il, dans le cadre d’une régionalisation qui garantit l’adhésion de l’ensemble de la société.


Que dit la Convention de Genève

Les traumatismes et séquelles de l’enfer carcéral ne seront pas dissipés de sitôt pour les plus vieux prisonniers de guerre du monde, les soldats marocains détenus à Tindouf. Les violations perpétrées dans les geôles du Polisario et les traitements inhumains, sous l’œil vigilant et complice de l’Algérie, resteront à jamais gravés dans les mémoires.Pourtant, les dispositions générales de la Convention de Genève sont on ne peut plus claires. Entrée en vigueur le 21 octobre 1950, cette convention, qui vise à assurer un traitement approprié aux prisonniers de guerre, stipule que les prisonniers doivent être traités en tout temps avec humanité. L’article 3 de la Convention dispose que «les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices» sont et demeurent prohibés en tout temps et tout lieu. Il en est de même pour les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants.Par ailleurs, la Convention précise que les blessés et malades doivent être recueillis et soignés. Mais qui veille sur le terrain au respect de ces dispositions. Est-ce que les détenus ont maintenu le contact avec les leurs tout au long de la période d’incarcération? Est-ce qu’ils ont eu droit aux soins et médicaments? Est-ce qu’ils n’ont pas fait l’objet de violence ou d’intimidation? Eh bien non, les différentes investigations menées par des ONG et instances internationales le prouvent. C’est dire que le CICR a eu une tâche difficile sur le plan humanitaire à Tindouf. Il en est de même pour le HCR. Les deux organismes des Nations unies n’avaient souvent pas accès à des lieux de détention tenus secrets. Suite à des enquêtes, il s’est avéré que de nombreux militaires marocains ont passé des années dans des pénitenciers secrets (Boufarek dans la banlieue d’Alger ou Boughar, près de Blida ou encore Ouidane dans Jbel El Khal).Pourtant, le Traité de Genève précise, dans le chapitre relatif à la protection générale des prisonniers de guerre, que ceux-ci sont au pouvoir de «l’ennemi» mais non des individus ou des corps de troupe qui les ont fait prisonniers. «Indépendamment des responsabilités individuelles qui peuvent exister, la puissance détentrice est responsable du traitement qui leur est appliqué», précise le document. Le texte appelle à ce que les prisonniers de guerre soient traités en tout temps avec humanité. «Tout acte entraînant la mort ou mettant gravement en danger la santé d’un prisonnier de guerre en son pouvoir est interdit et est considéré comme une grave infraction. Or, de nombreux captifs marocains ont trouvé la mort dans des pénitenciers secrets. Amin RBOUB

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