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Des stratégies pour acheter mieux

Par | Edition N°:249 Le 10/10/1996 | Partager

Maria CHARAF
AIMANETUDES
Prix public : 78 DH

A l'heure où le système concurrentiel fait l'unanimité, les entreprises mettent tout en oeuvre pour être plus compétitives. Tous les postes de charge sont passés au peigne fin. Une spécialiste passe les achats au scanner.

"LES évolutions qu'ont connues les relations client-fournisseur ont eu beaucoup d'impact sur les stratégies d'achat, qui se sont diversifiées pour mieux répondre aux besoins des entreprises", dit Maria Charaf, consultante et chef de la Division Gestion Matériel et Achat à la SAMIR, dans son récent livre "Acheter mieux" paru aux éditions Aimanetudes. L'ouvrage consacre l'intérêt que portent actuellement les entreprises aux achats qui "contribuent en amont à l'évaluation, validation et expression des besoins de tous les services de l'entreprise; ainsi qu'à l'élaboration des stratégies achats/approvisionnement". L'importance des achats et leur influence sur les coûts de production incitent les entreprises à les optimaliser en mettant en place de vraies stratégies réfléchies et intégrées dans la stratégie globale de l'entreprise. Ces stratégies "ont un impact sur l'organisation de la fonction achat, sur les méthodes de travail et sur les relations client-fournisseur".
Une première démarche consiste à standardiser les produits et mettre les fournisseurs en concurrence.
La standardisation "peut intervenir dès la phase de conception par l'incitation des fournisseurs à utiliser des composants standards dans leurs produits". Cette stratégie permet, selon l'auteur, de se libérer de l'emprise d'un fournisseur unique. Néanmoins, une telle stratégie, du fait qu'elle repose sur la mise en concurrence des fournisseurs du point de vue de la qualité, des prix, des délais de livraison et de l'innovation, "suppose des marchés ouverts, des produits disponibles et un cahier des charges clair et précis".

Une deuxième stratégie consiste à globaliser les besoins et planifier les livraisons. Elle exige l'évaluation du potentiel global achat de l'entreprise et la limitation du nombre de commandes. La planification est un élément es-sentiel dans cette démarche. Elle doit permettre d'établir des prévisions d'approvisionnement afin qu'elles soient communiquées aux fournisseurs.
Une troisième stratégie, due aux Japonais, se base sur une relation d'interdépendance à long terme entre le client et le fournisseur. Elle repose également sur l'application du coût objectif pour atteindre les exigences de qualité définies par les spécifications. Les deux parties établissent un cadre de partenariat dans lequel elles "partagent les gains, les pertes, les risques et même les moyens". Des groupes d'étude client-fournisseur sont créés pour coordonner les actions et anticiper les conflits. Pour que cette relation puisse réussir, "un changement dans les attitudes et comportements" est nécessaire.

International contre local

Les entreprises peuvent choisir entre la production interne et la sous-traitance. "Les nouvelles technologies de communication, souligne l'auteur, ont encouragé le recentrage sur des activités de chaque entreprise sur son métier qui lui confère un avantage compétitif". Le reste, elle l'achète au moindre coût global. Condition: lorsque l'entreprise opte pour la sous-traitance, "elle doit s'assurer, au préalable, que le sous-traitant est en mesure de faire le travail dans le délai imparti et qu'il est d'accord sur l'application du coût objectif".
Un autre choix met en concurrence le local et l'international. Bien que la question de la préférence nationale "peut paraître comme dépassée au lendemain des accords du GATT, les pays en voie de développement doivent rester vigilants", car, d'une part, la globalisation "ne doit pas être synonyme d'occiden-talisation, ou d'américanisation" et, d'autre part, "ce sont les pays les plus puissants qui ont la possibilité aujourd'hui de bénéficier de tous les aspects positifs de ces accords". D'ailleurs, les Etats-Unis aussi bien que les Européens mènent ouvertement des campagnes de préférence nationale. Quant aux Japonais, souligne Mme Maria Charaf, cette préférence est innée chez eux.

H. A.

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