×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique Internationale

Des prisonniers fournissent des repas à un hôpital de Bogota menacé de fermeture

Par L'Economiste | Edition N°:616 Le 14/10/1999 | Partager

· La probabilité de la fermeture du plus grand hôpital de Bogota provoque la colère des malades et des employés
· Une intense chaîne de solidarité s'est créée

Des chaînes en acier enserrent ses poignets et ses chevilles. Maria Elizabeth est rivée à son fauteuil à roulettes depuis dix jours devant le principal hôpital de Bogota, San Juan de Dios, pour résister à sa fermeture imminente. Avec ce petit détail, le tube de plastique pour le goutte-à-goutte du sérum, entremêlé à ses liens de fer, révèle qu'elle en est l'une des malades.
"Où allons-nous aller, nous les pauvres, sans cet hôpital qui soigne gratuitement les sans-le-sou?", s'exclame cette patiente, volontairement entravée. Un essaim d'infirmières en colère l'encouragent.
L'une ouvre une ombrelle pour la protéger d'un fugace rayon de soleil dans cette capitale pluvieuse. Maria Elisabeth n'a que 40 ans, mais paraît en avoir au moins 60.
Les fournisseurs, face aux factures impayées, ont boycotté l'hôpital.
"Le manque de nourriture et même de médicaments commence à se faire sentir", se plaint Emperatriz Avila, présidente du syndicat des personnels, elle-même lingère à l'hôpital. "Nous n'avons pas été payés depuis quatre mois, mais nous continuons d'assurer les soins, c'est notre devoir", révèle-t-elle avec détermination.

Lettre au Président


Une intense chaîne de solidarité s'est mise en place. Les détenus de la prison de Bogota vont donner 500 petits-déjeuners. Quant au personnel, il vit "sur la corde raide", reconnaît la syndicaliste. "On mange quand on peut, grâce à l'aide des commerçants", ajoute-t-elle. "La viande?" La question la fait sourire: "On ne sait plus ce que c'est. Comment payer nos loyers? Il a fallu gager tous nos appareils ménagers!".
San Juan de Dios est devenu un foyer pour les 60% de patients sans sécurité sociale. Maria Elisabeth en fait partie. "J'ai été hospitalisée ici pendant six ans. C'est ma famille! Le personnel? Formidable!", insiste la malade. Elle brandit la lettre qu'elle a adressée au Président Andrés Pastrana "pour lui demander de ne pas supprimer la santé publique". "Mais il ne m'a pas répondu", ajoute-t-elle.
"Le directeur? On ne l'a pas vu depuis dix jours", avoue un vigile. M. Gutierrez a mis en cause les coûts salariaux -75% des dépenses selon lui- lors de l'annonce de la fermeture prochaine. Le personnel s'insurge. Emperatriz gagne 150 Dollars par mois, dans un pays où le coût de la vie dépasse celui de la France. Piedad, chef-infirmière, touche 350 Dollars. Quant au salaire d'un médecin, il ne dépasse pas 750 Dollars.
Les 1.600 médecins, infirmières et employés maintiennent une présence active dans les neuf étages de ce bloc en béton sans couleur.
Dans une chambre, Jesus, dit "Chucho", repose sur un fauteuil, alimenté par des tubes. Il est dans le coma depuis 8 mois. "Les infirmières le dorlotent!", s'extasie son voisin, Carlos, hospitalisé pour une fracture. "Une fermeture du centre constituerait un acte de guerre, une violation des droits de l'Homme!", assure-t-il.
Dans la maternité voisine, le directeur Carlos Pacheco est resté à la barre. Le déficit? "70% des cotisations à la sécurité sociale vont à des intermédiaires", constate-t-il.

(AFP)

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc