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    Economie

    Des normes de qualité pour le sel alimentaire

    Par L'Economiste | Edition N°:452 Le 26/02/1999 | Partager

    Après les promesses faites par le gouvernement de s'attaquer au problème du sel non iodé, les producteurs veulent contribuer, à leur tour, à assainir le secteur. Ils proposent de rendre obligatoire un seuil minimum relatif à la contenance en chlorure de sodium du sel alimentaire.

    L'on a peut-être mis la charrue avant les boeufs. Le constat, que l'on peut aujourd'hui porter sur la stratégie d'iodation du sel alimentaire se confirme de plus en plus. La charrue, c'est la stratégie ratée de supplémentation d'iode à des fins de santé publique. Les boeufs, c'est l'instauration de normes de qualité pour un aliment dont on n'arrive pas toujours à identifier les origines et dont les méthodes de production demeurent souvent artisanales.
    La réunion qu'a tenue la jeune Association Marocaine de Producteurs de Sel (AMPS) mercredi 24 février a permis de mesurer l'ampleur du travail qui reste à accomplir. En proposant de rendre obligatoires des normes de qualité pour le sel alimentaire, les producteurs affichent surtout leur volonté de contribuer à l'assainissement du secteur. La mesure peut être saluée, mais l'on peut tout de même s'étonner que les départements ministériels concernés ne se soient pas déjà penché sur cette question. Surtout qu'il s'agit d'un aliment et donc de la santé du consommateur.
    Le secteur propose, dans une première étape, de retenir le critère de la teneur en chlorure de sodium (Nacl). Les producteurs considèrent que le sel alimentaire commercialisé au Maroc doit avoir au minimum 95% de concentration en (Nacl). Certes, à lui seul, ce critère ne permet pas de déterminer la qualité du produit (le taux de Nacl permet surtout d'apprécier le degré de pureté du sel).
    L'instauration de normes de qualité pourrait permettre en principe de lutter contre le marché informel qui se développe aujourd'hui et qui est notamment entretenu par les loupés de la stratégie d'iodation. D'ailleurs, cette stratégie a constitué l'un des autres points à l'ordre du jour. Les dernières promesses faites par le gouvernement à l'issue de la réunion du 12 février, tenue au Ministère des Affaires Générales, n'ont pas dissipé les inquiétudes. M. Ali Amrani, président de l'AMPS, s'est toutefois voulu rassurant. "Nous avons constaté un changement dans le ton du discours. Et c'est le plus important".
    L'on rappellera que le sel alimentaire non iodé continue toujours d'être commercialisé et ce, trois ans après l'entrée en vigueur de la loi qui a systématisé l'iodation. Cette situation hybride a d'ailleurs provoqué de grave perturbations sur le marché du sel des dernières semaines (voir aussi encadré pour le sel du Sud). Le Ministère des Affaires Générales s'est engagé à faire respecter la loi. De son côté, le Ministère de la Santé Publique doit incessamment lancer une campagne de sensibilisation sur les objectifs de l'opération.
    La réunion de l'AMPS a également permis de passer en revue les difficultés rencontrées par certains producteurs, notamment le problème des arriérés de cotisation de la CNSS.


    Ce sel qui venait du Sud


    Le sel provenant de Tarfaya est commercialisé à Casablanca à 0,26 DH le kilogramme (contre 0,35 à 0,40 le kg pour celui provenant des autres régions du pays). Les producteurs dénoncent le marché parallèle que développe actuellement le sel provenant du Sud. Et ils ont en effet de quoi s'inquiéter. En particulier dans un secteur où les avantages concurrentiels se jouent au Centime près. Profitant de la subvention du fuel, des transporteurs routiers qui desservent les régions du Sud ramènent au retour du sel non iodé qu'ils commercialisent bon marché. Trois régions constituent aujourd'hui les sources d'approvisionnement des transporteurs: Laâyoune, Boujdour et Akhfinir.

    Mohamed BENABID

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