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Entreprises

Des entreprises étrangères accusées de casser les prix pour remporter les marchés

Par L'Economiste | Edition N°:616 Le 14/10/1999 | Partager

· Les sociétés locales réclament des moyens pour lutter contre "la concurrence déloyale"
· La Fédération demande aussi l'éclatement des projets en plusieurs lots


La résiliation du contrat pour l'extension du port de pêche d'Agadir relance le débat sur la concurrence des entreprises étrangères dans le secteur des BTP(1). La Fédération Nationale du Bâtiment et Travaux Publics (FNBTP) se plaint de la concurrence que lui livrent ces entreprises, accusées de casser les prix lors des appels d'offres. M. Bouchaïb Benhamida, président de la FNBTP, tire la sonnette d'alarme et s'inquiète sur l'aboutissement de ces chantiers adjugés à des prix de 30% en dessous de l'estimation normale. Pour remédier à ce genre de problèmes, la Fédération réfléchit actuellement aux moyens à mettre en oeuvre pour se prémunir contre les risques de tels dérapages. La qualité des ouvrages s'en ressent et les problèmes s'accumulent. La plupart des projets réalisés enregistrent du retard sur le calendrier de livraison. Plusieurs tronçons d'autoroute et des ports en ont fait l'expérience.
Pour la Fédération, la technique est rodée: des entreprises pratiquent le dumping et comptent sur les mémoires de réclamation pour se rattraper.

Bataille à armes égales


Les entreprises marocaines n'arrivent pas à tenir haut la barre face aux entreprises étrangères, indique M. Benhamida. Il estime que les termes concurrence déloyale sont obsolètes. Il préfère parler de "bataille à armes égales" et compte sur les pouvoirs publics pour redresser la barque. Sur ce registre, le président de la Fédération réclame la généralisation des avances sur les marchés, estimées entre 10 et 15% et accordées jusqu'ici pour les appels d'offres internationaux.
En outre, la préférence nationale, fixée à 15% du coût des projets par le décret réglementant la passation et la gestion des marchés publics, doit être systématiquement appliquée. Cette disposition s'intègre dans un programme de développement des entreprises nationales dans le secteur des infrastructures qu'il s'agit d'élaborer. Pour cela, la Fédération mise sur l'orientation de la commande publique vers les entreprises marocaines. La taille du marché est également épinglée. Elle dépasse parfois les possibilités des entreprises marocaines. La Fédération demande l'éclatement des projets en plusieurs lots pour permettre aux entreprises locales d'y participer.
Cependant, cela reste insuffisant pour résister à la concurrence des entreprises étrangères qui bénéficient d'aides à l'internationalisation. Face aux crises que traverse le secteur des BTP en Europe depuis des années, les gouvernements incitent à coups de subventions les entreprises à aller vers le marché à l'export. C'est plus porteur que fermer les portes et grossir les cortèges de chômeurs.
A cela s'ajoute la possibilité accordée aux entreprises étrangères d'importer le matériel sous le régime de l'Admission Temporaire (AT). Les entreprises locales doivent acheter leur équipement.
Des entreprises étrangères sous-traitent avec des petites entreprises, parfois avec le secteur informel, indique le Fédération.

(1) Cf L'Economiste du 8 octobre 1999.


Le financement pèse sur le secteur


La liste des griefs est longue. Elle s'étend au coût de l'argent qualifié de prohibitif au Maroc, évalué à 13% contre 4% pour les pays européens, précise le directeur de la Fédération.
Autre obstacle, les aides liées et les crédits concessionnels favorisent les entreprises étrangères.
Le partenariat en vogue il y a quelques temps s'est érodé au contact de la réalité. Les expériences lancées avec le secteur privé étranger pour réaliser des programmes de construction de logements n'ont pas donné les fruits escomptés.

Mohamed CHAOUI

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