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    Politique Internationale

    Des artistes contre la guerre

    Par L'Economiste | Edition N°:75 Le 15/04/1993 | Partager

    Les vents ocres de Mohamed KACIMI et Hassan NAJMI Dessins et poèmes

    SI vous êtes de ceux qui aiment la langue arabe, la poésie, les arts plastiques, et leur correspondance, vous trouverez un vrai plaisir à connaître le recueil "Les vents ocres", poèmes et dessins, de Hassan Najmi et Mohamed Kacimi (1993)

    Il est difficile d'écrire sur un tableau ou un dessin sans réduire inévitablement le geste de l'artiste.

    On ne peut illustrer un poème sans trahir l'ambiguïté des mots. Il existe pourtant des moments et des lieux privilégiés où un dialogue s'instaure entre le signe et le regard qui le contemple, entre le mouvement et la parole qui le dit.

    C'est ce dialogue réussi que met en lumière "Les vents ocres".Ils s'y agit d'une authentique rencontre entre les coauteurs, Kacimi, peintre et poète, et Najmi, journaliste et poète; entre un événement (la guerre du Golfe), leur sensibilité d'artistes plongés dans le monde et la perception qui les bouleverse; entre une exposition -"Shahrazade et la guerre"- inspirée en 1991 à Kacimi, son texte poétique "La mémoire de Nour", et les poèmes de Najmi.

    Mohamed Kacimi et Hassan Najmi se trouvaient, lundi 22 mars, pour la signature de leur recueil, à la Galerie Al Manar, accompagnés par la présence amicale de nombreux artistes, dans le cadre de l'exposition de Dhia Azzaoui.

    Ce genre de travail se répand: "Les gens aujourd'hui sont de plus en plus sensibles, attentifs, à ce qui se crée de manière professionnelle" dit Mohamed Kacimi, "ils ont besoin d'un espace de création plus ouvert, plus libre".

    Le travail pictural de Mohamed Kacimi le place parmi les peintres marocains d'envergure internationale, sans cesse ouvert à la recherche, plongeant au coeur des événements. Il possède également une sensibilité littéraire et poétique, en français et en arabe, qui l'a amené à écrire, parallèlement à son oeuvre picturale.

    Sa rencontre avec Hassan Najmi n'est pas due au hasard. Journaliste depuis 1984, celui-ci publie avec "Les vents ocres" son troisième recueil de poésie.

    Mais il éprouve dans cette expérience commune un "voyage créatif" qui cherche à "donner à l'oeil une place privilégiée", alors que la poésie est le plus souvent lue "avec l'oreille".

    Le dessin ajoute à la lecture la possibilité de "toucher les choses avec une tendresse plus profonde".

    C'est donc un état d'esprit semblable qui a mené Najmi et Kacimi à créer ce livre, où le texte en arabe et les dessins s'interrogent et correspondent dans la pureté de l'opposition du signe noir, du trait souple et de la page blanche. "Le dégoût du monde, de la guerre, des hommes", dit Kacimi, les a poussés à ce "cri charnel": impuissance mais aussi protestation en faveur de la vie, qui se mêlent dans l'expression, confie Najmi, "d'un monde lumineux" dépassant la mort et la violence, sans aucune concession à l'art.

    Thérèse BENJELLOUN

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