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    Economie

    Des «cybercriminels» sèment la panique

    Par L'Economiste | Edition N°:657 Le 10/12/1999 | Partager

    · Le caractère apatride de ces "intrus" ne facilite pas les poursuites


    Fraude financière, piratage, espionnage ou menaces terroristes: les "cybercriminels" de l'Internet ont pris de l'avance sur les policiers, profitant de l'absence de frontières et des difficultés à maîtriser un outil technologique en constante mutation, estiment les experts.
    "Au cours des deux dernières années, le nombre d'actes criminels liés à l'Internet a doublé aux Etats-Unis", explique Michael Vatis, le responsable d'un centre de surveillance des secteurs jugés stratégiques, comme la Défense, les banques ou les centrales électriques. "Tout progrès technologique conduit à des innovations criminelles et les gouvernements sont toujours à la traîne", reconnaît-il. Avec quelque 800 millions de pages Internet actuellement répertoriées dans le monde, les possibilités d'"arnaques" n'ont pour limites que l'imagination de ceux qui les conçoivent. Comme l'a prouvé l'affaire du très virtuel "Dominion de Melchizedek", mise à jour il y a un an aux Philippines. Une bande d'escrocs avait créé le site imaginaire de ce territoire présenté comme un archipel souverain du Pacifique, avec offres lucratives d'investissement à la clé et délivrance de passeports au prix de 3.500 Dollars pièce. Le carambouillage leur a rapporté un million de Dollars.
    Au début de cette année, un autre "pays électronique", la "Principauté de Nouvelle Utopia", a fait son apparition sur le réseau: une cité sous-marine que ses promoteurs se proposaient de bâtir en pleine mer des Caraïbes, non loin des Iles Caïmans. Plusieurs personnes avaient souscrit à un emprunt obligataire verreux de 350 millions de Dollars lorsque le pot-aux roses a été découvert.

    "Les fraudes financières via Internet sont monnaie courante et le spectre est large. Cela va des fausses banques au blanchiment d'argent sale" par la grande criminalité organisée, souligne un haut responsable de Scotland Yard en charge de ces dossiers. Certains policiers redoutent même que des mafias soient bientôt en mesure de prendre le contrôle de fournisseurs d'accès à Internet. Le Web a également ouvert de nouveaux horizons à l'espionnage industriel et au piratage informatique. Une évolution qui laisse les polices du monde entier plutôt désarmées.
    Elles manquent souvent de moyens technologiques ou de personnel qualifié, qui plus est, les entreprises rechignent à faire publiquement état de ces "violations", pour ne pas donner l'impression d'être des proies faciles, préférant recourir aux services de "détectives informatiques" privés. Le caractère foncièrement apatride des pirates de l'Internet ne facilite pas non plus les poursuites.


    La guerre du futur


    Le cyberterrorisme n'est plus aujourd'hui cantonné aux romans de science-fiction. Les Tigres Tamouls, qui mènent depuis 27 ans une guerre pour l'instauration d'un Etat indépendant au Sri-Lanka, sont récemment parvenus à pénétrer certaines boîtes aux lettres électroniques du gouvernement de l'île, selon le FBI. Si l'apocalypse sur Internet n'est pas pour demain, les risques de sabotage de sites sensibles d'un pays par une organisation, voire un Etat ennemi, ne sont pas non plus exclus. En 1998, le Pentagone avait essuyé une "cyber-ataque" inédite, lorsque des pirates étaient parvenus à pénétrer ses ordinateurs. "Certains pays voient là la guerre du futur. Un moyen de rivaliser avec les puissances atomiques", prévient Michael Vatis.

    Nadia BELKHAYAT (AFP)

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