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    Politique

    Décès de Abdallah Ibrahim
    L’homme de la 1re alternance

    Par L'Economiste | Edition N°:2107 Le 13/09/2005 | Partager

    . L’un des premiers chefs de gouvernement du Maroc indépendant . Depuis 1976, il refusait de participer aux processus électoraux. C’est l’un des signataires du Manifeste de l’Indépendance Figure de proue du Maroc indépendant, Abdallah Ibrahim n’est plus. L’un des premiers chefs du gouvernement postindépendance, est décédé dimanche à l’âge de 87 ans. Selon ses proches, le défunt souffrait depuis quelques mois du coeur. Signataire du Manifeste de l’Indépendance, Abdallah Ibrahim a été ministre de l’Information (département stratégique pour un pays qui vient de recouvrir son indépendance) au 1er gouvernement de l’Indépendance, sous Mbarek El Bekkaï. Cette figure emblématique de l’UNFP (numéro un de l’Union nationale des forces populaires) a également occupé le poste de ministre du Travail avant d’être désigné chef du gouvernement en 1958. Le cabinet de Abdallah Ibrahim a été le premier gouvernement “politique” de gauche au Maroc. Si l’on a souvent voulu comparer les deux expériences de Abdallah Ibrahim et de Abderrahman Youssoufi, c’est parce que le gouvernement Ibrahim était la première alternance politique en date, puisqu’il s’agissait d’une formation à dominante progressiste, puissamment soutenue par l’UMT, unique centrale syndicale de l’époque. Le gouvernement Ibrahim fut alors dominé par les militants de l’Union nationale des forces populaires (UNFP), formation qu’il avait créée en 1959 avec Mehdi Benbarka, Fkih Basri et Abderrahim Bouabid, à l’issue d’une scission au sein du parti de l’Istiqlal.Une scission faite dans la douleur. Abdallah Ibrahim sera tout naturellement le numéro un du nouveau parti.Un an plus tard, le gouvernement Ibrahim est destitué. “Sur instigation française”, disait-on à l’époque. C’était la fin d’un chapitre que Abdallah Ibrahim appela “le Maroc des rendez-vous ratés avec l’Histoire”.Lorsque l’UNFP change de nom, pour devenir l’USFP, à partir de l’appel lancé par Abderrahim Bouabid, en 1972, avant l’annonce officielle de 1974 et le congrès extraordinaire de décembre 1975, Abdallah Ibrahim refuse de suivre le mouvement. Il s’en tient donc à la formule UNFP. En 1976, il a mis en veilleuse ses activités politiques en refusant de participer à tous les processus électoraux. “Grand nationaliste et précurseur du changement”, Ibrahim a activement participé à la résistance sous le Protectorat français. “Ce qui distinguait Abdallah Ibrahim, c’est qu’il était un patriote avant d’être membre d’un parti. Il était d’une haute moralité”, témoigne le professeur et académicien du Royaume Abdelhadi Boutaleb. Selon des observateurs, “l’Histoire retiendra qu’il fut un vaillant dirigeant de parti, un grand intellectuel qui conciliait entre le meilleur de la culture marocaine et l’ouverture sur la pensée internationale et la culture contemporaine”.Professeur de l’enseignement supérieur, Ibrahim est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont “Feuilles de la scène militante”, un corpus d’articles de presse, “Par la force de la parole et de l’intelligence”, un essai sur la poésie, “Résistance face aux tempêtes”, une réflexion sur l’Histoire du Maroc dans sa longue durée ou encore “L’Islam à l’horizon 2000”, une projection prémonitoire sur la ferveur pour l’islamisme politique.


    Trait de caractère

    Ne en 1918, à Tamesloht, dans le Haouz de Marrakech, Abdallah Ibrahim a investi le monde politique dans les années 30. Il fréquentait alors l’Institut Ben Youssef, qui a vu défiler sur ses bancs Fkih Basri, Habib Forkani, Abdessalam Yassin, Bensaïd Aït Idder, Abdeslam Jebli et, plus tard, Noubir Amaoui entre autres. En France, où il s’était inscrit pour un cursus de philosophie à La Sorbonne, Abdallah Ibrahim poursuit son activisme nationaliste.De l’avis de ses proches, l’homme avait une grande capacité d’écoute, et donnait l’impression d’être en perpétuelle méditation. C’est par ce trait de caractère distinctif qu’il a négocié les situations politiques les plus délicates de sa carrière.A. R.

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