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De quoi sera fait l’après-crise?
Par le Pr. Mohammed GERMOUNI

Par L'Economiste | Edition N°:2917 Le 08/12/2008 | Partager

Mohammed Germouni est professeur et consultantPour les Etats-Unis, comme pour leurs partenaires, la prise en considération des divers engagements irrécouvrables ou spéculatifs (dont les «subprimes» ne sont qu’une fraction) pose un épineux problème de solvabilité des débiteurs. Encourager une clientèle démunie à prendre des crédits-logement en transférant une partie de ce risque par la création de titres négociables sans réelle valeur, relevait plus de la spéculation intellectuelle que de l’innovation financière, comme l’a admis enfin la communauté financière. Déséquilibre récurrent bien connu des économistes, le phénomène de la sous-consommation analyse de façon pertinente depuis longtemps (Lord Keynes et Marx avant lui) a pu être masqué par un surendettement croissant développé par les diverses formes de crédit jusqu’à sécréter des bulles successives comme celles que le monde a connues ces dernières décennies.L’échec de la confiance, sincèrement mise dans le bon fonctionnement des mécanismes du marché, atteste de la place essentielle d’une banque centrale dans le dispositif de contrôle et d’alerte qui n’a pas joué tout son rôle. La démocratie américaine tente d’en ressortir encore plus forte en parvenant à corriger et à sanctionner avec intelligence des politiques sans remettre en question les qualités et les talents des individus… et surtout pas de chasse aux sorcières. Si la politique suivie jusqu’ici a enrichi beaucoup d’Américains, ses conséquences actuelles et futures pourraient en appauvrir autant sinon plus et pas seulement aux USA. Pour autant, l’autonomie et l’indépendance d’une Banque centrale ne doivent pas être remises en question mais davantage soumises au contrôle effectif et périodique des élus de la nation. En fait, qui paiera en dernier ressort, le contribuable ou le client, les errements d’un système qui a fonctionné au total de façon cupide et irresponsable, est la question qui taraudera la plupart des décideurs politiques. Le Fonds monétaire n’a jamais été conçu pour un rôle d’autorité supranationale, encore moins sur un plan financier. A cet égard, même au niveau monétaire stricto sensu, cet organisme s’était rarement permis jusqu’ici de façon ouverte discuter un tant soit peu la politique économique ou monétaire des grandes puissances économiques. Il était occupé à discipliner les économies en retard ou émergentes. Aucun Etat ne pourrait accepter de partager sa souveraineté en matière de décision de politique économique et financière avec un quelconque organisme international, à moins d’un intérêt évident. Il suffit d’observer les difficultés quotidiennes de coordonner une telle politique au niveau d’une région comme l’Europe et tous les compromis nécessaires pour y parvenir pour s’en convaincre, a fortiori au niveau mondial. Il serait plus réaliste et mieux que chacun balaie correctement devant sa porte. Aucune autorité ne pourra imposer une quelconque réglementation financière à une Chine, un Japon et même à l’Europe. Par ailleurs, quelle que soit l’administration en place aux USA, il paraît peu réaliste qu’elle accepte quelque régulation remettant en cause la prééminence et la fonction du dollar. Les accords de Bretton Woods étaient le résultat d’un rapport de forces. Aujourd’hui les économies mondiales sont tellement enchevêtrées et dépendant les unes des autres qu’il paraît peu réaliste de procéder à des bouleversements brusques. On n’ira pas plus loin que des «re-ponderations».Le marche reste irremplaçable, et il a encore de beaux jours devant lui.Cependant, il n’y a aucune similarité dans son mode de fonctionnement dans les diverses régions du monde.Le libéralisme américain est fort éloigné des formes du capitalisme en développement par exemple en Chine, au Brésil ou en Russie. Le poids et la place des médias et de la justice sont loin d’être comparables pour assister un fonctionnement transparent des mécanismes du marché.Le «tout marché», ou une «société de marché», est simplement une provocation puérile à la rationalité. Ainsi, à titre de simple exemple, l’énorme risque pris par des fonds de retraite par capitalisation ici ou là en confiant au marché la gestion de masse de cotisations des salariés avec les résultats désastreux dramatiques que l’on observe, mérite d’être médité.Pour la période qui s’ouvre, il faudra éviter de répéter certaines erreurs. La crise qui s’annonce est aussi dangereuse que celle des années 1930 qui fut davantage causée non pas par l’effondrement des marchés boursiers mais surtout par de mauvaises politiques gouvernementales. Il serait souhaitable en particulier d’éviter au secteur bancaire de se contracter et à la déflation de s’installer.


Les comptes qu’il faudra solder

Actuellement, un peu partout dans les grands pays développés et émergents, la politique monétaire des banques centrales n’a jamais été aussi active pour pourvoir aux besoins de fonctionnement normal des économies et paradoxalement sans grands effets jusqu’ici. Des montants inimaginables encore il y a quelque temps, de peur d’une grave inflation, ont été décidés. Rappelant la panne du Japon durant la dernière décennie. Ce risque est aujourd’hui d’actualité, même si les événements financiers exceptionnels actuels et la baisse de certains prix semblent l’occulter. Le fonctionnement normal des économies et la sauvegarde des emplois sont à ce prix. La facture est à venir quel que soit notre degré d’optimisme. Un ciblage schématique a limité sinon annihilé les effets d’annonce du grand programme. Une certaine précipitation, perceptible après beaucoup d’hésitations, aura fait le reste en en réduisant la crédibilité recherchée. La place et le rôle opaque des structures de notation, fortement impliquées dans la débâcle actuelle et momentanément occultée, devront être au cœur des prochaines réformes envisagées. Il est de fortes chances que les budgets des divers Etats vont être à leur tour mis à contribution dans la période qui s’ouvre pour assister une activité économique fortement éprouvée par les effets d’une anticipation de la consommation à la baisse et d’un taux de chômage en progression.


Comment qualifier ce qui se passe?

 

Peut-on qualifier aisément les événements économiques et financiers qui tourmentent les centres névralgiques du monde? Entre la récession, la dépression et la crise tout court, l’économiste a emprunté, au monde médical, certaines expressions significatives. Pas mieux que les médecins qui ne peuvent prévoir avec précision une crise de foie ou un arrêt cardiaque, les économistes sont rarement en mesure d’anticiper de façon rigoureuse la nature et l’ampleur du phénomène en formation. L’analyse économique comme la médecine a fait des progrès ayant permis d’agir sur les mécanismes pertinents dans certaines situations, et moins bien dans d’autres, avec cette particularité importante que la confrontation se fait avec des comportements humains (consommation, épargne, vente, achat...) toujours difficiles à prévoir et plus encore à modifier rapidement. L’analyse économique ne saurait se montrer arrogante. Sans oublier que s’agissant de problèmes humains, une explication n’est presque jamais neutre et même pouvant interférer dans l’existant. Cette crise est multiforme, comporte plusieurs bulles qui éclatent au fur et à mesure que les mécanismes classiques ne répondent plus avec effets immédiats.

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