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Politique Internationale

De l'ADN pour transmettre les messages secrets

Par L'Economiste | Edition N°:531 Le 17/06/1999 | Partager

· Révolution dans un laboratoire américain: Un nouveau procédé utilise de l'ADN pour coder les messages

· "June 6 invasion: Normandy" est la première missive conçue et envoyée

Même Ian Fleming, l'homme qui a créé le personnage de James Bond, n'aurait jamais imaginé cela: Utiliser de l'ADN pour transmettre des messages secrets. Certains diront que c'est insensé, mais c'est désormais bien une réalité. Des chercheurs de la Mount Sinai School of Medicine, à New York, viennent de créer des micropoints dans lesquels a été caché un message à base d'ADN. Ce dernier serait alors particulièrement difficile à déceler, puisqu'il est perdu au milieu d'un génome plus important. Le premier message conçu par cette technique contenait 100 copies par génome. Le message a été collé sur des lettres ordinaires puis expédié par courrier aux différents laboratoires, à travers tous les Etats-Unis. Et ces messages ont pu être décodés facilement.
Déjà, durant la Seconde Guerre Mondiale, les espions allemands utilisaient cette technique de micropoints qui fait appel à la sténographie pour camoufler leurs messages. La technique consiste, en fait, à réaliser une photographie extrêmement réduite de l'information écrite qui est ensuite placée sur un signe de ponctuation dans une missive anodine.
Les Américains, en tentant de faire mieux, sont allés encore plus loin dans la besogne. Catherine Taylor Clelland, Viviana Risca et Carter Bancroft du Département de Physiologie et Biophysique de la MSSM ont imaginé un message codé par une séquence de nucléotides (petites unités constituant la chaîne d'ADN). Le premier message conçu est: June 6 invasion: Normandy.

Explication du procédé: chaque triplet de base désigne une lettre de l'alphabet. Flanqué d'une amorce connue seulement du destinataire, ce morceau d'ADN pourrait ensuite être amplifié par PCR(1), puis séquencé afin d'être décrypté. Pour compliquer la tâche à d'éventuels poursuivants, les trois chercheurs ont proposé de mélanger le message codé à de l'ADN dénaturé, contenant près de trois milliards de paires de nucléotides. Le génome humain constituera alors le parfait camouflage. Car, même si un ennemi quelconque repérait le micropoint, il lui serait virtuellement impossible de lire le message sans connaître l'amorce utilisée pour l'amplification. Si cette dernière comprenait vingt bases aléatoires, il lui faudrait en effet réaliser puis analyser quelque 1.020 PCR différentes pour trouver la séquence exacte. Pas évident. Enfin, il serait également possible de créer des «diversions» à l'aide de génomes non humains.
Afin d'étudier la faisabilité de leur théorie, les trois chercheurs américains ont créé un message secret en synthétisant un brin d'ADN de 69 nucléotides flanqués de deux amorces de PCR de 20 nucléotides. Mélangée en quantités variables à de l'ADN humain dénaturé, la séquence a ensuite été placée sur un point imprimé sur du papier filtre. Il ne reste plus au destinataire qu'à utiliser la clé de décryptage pour décoder le message.

Abdelaziz MEFTAH
(Info Science)

(1) C'est une molécule qui permet d'obtenir un grand nombre de copies d'un segment d'ADN donné. Cette molécule agit en ajoutant des nucléotides à l'extrémité terminale de la séquence.

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