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    Dans un décor inspiré de l'artisanat indien : Soundouss Hôtel ouvre sans étoiles

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager

    Depuis un peu plus de deux mois, Rabat s'est enrichie d'un établissement hôtelier plutôt atypique: en dépit de son standing luxueux, il n'est classé dans aucune catégorie. Pour sa décoration, l'hôtel introduit une touche artisanale venue de l'Inde. Chaque chambre a sa propre "carte génétique".


    "L'idée de réaliser cet hôtel m'est venue lors d'un séjour en Inde". Impressionné par la décoration et l'architecture des hôtels indiens construits par les Anglais au début du siècle, M. Anouar Cherkaoui, directeur général de Soundouss, décide d'investir dans l'hôtellerie, "en offrant un concept qui sorte des sentiers battus". L'idée consistait à construire un établissement dans le style orientaliste des années trente, "c'est-à-dire la manière dont les Occidentaux appréhendent l'Orient dans leur imaginaire". Soundouss se distingue par sa décoration et son mobilier intérieurs qui s'inspirent en partie de l'artisanat indien et l'impressionnante collection de tableaux d'art déployée dans les couloirs. Une partie importante du mobilier a été importée d'Italie. A tout point de vue, confie M. Cherkaoui, c'est de loin la solution la plus rentable.

    Pour annoncer la couleur, une vitraille représentant la reine de Babylone orne l'entrée de l'hôtel. La décoration a été conçue de telle sorte qu'aucune chambre ne ressemble à une autre. Dans sa politique de produit, la direction joue donc la carte de la personnalisation. Autre originalité: l'hôtel n'est pas classé dans l'une des catégories prévue par la réglementation en vigueur dont, les professionnels dénoncent régulièrement le caractère obsolète.

    50 millions de DH hors terrain

    L'établissement n'affiche aucune étoile, "ce qui ne le gêne pas du tout au niveau de la commercialisation", explique M. Cherkaoui. De nouvelles normes de classification seraient en cours de préparation au Ministère du Tourisme.
    Propriété de Marwan Hôtels, entreprise familiale au capital social de 8 millions de DH, Soundouss Hôtel aura nécessité un investissement de 50 millions de DH hors terrain (appartenant à la société), dont 30 à 40% financés par un concours bancaire obtenu auprès de la Banque Populaire. Le prix de revient d'une chambre s'élève donc à un million de DH. Selon la règle du millième chère aux hôteliers, la nuitée devrait au minimum être vendue à 1.000 DH. Le promoteur se refuse à intégrer le coût du terrain dans l'investissement, "puisqu'il n'obéit à aucune logique économique". L'hôtel comprend 50 chambres et 8 suites dont une royale. Il emploie 45 personnes.

    M. Cherkaoui reconnaît qu'investir dans un marché en crise relève de la gageure. A plus forte raison dans une ville comme Rabat qui, malgré ses sites culturels, n'a pas réussi à se transformer en destination de séjour. Compte tenu de la clientèle-cible (hommes d'affaires et diplomates), estime-t-il, la conjoncture du tourisme traditionnel ne devrait pas rejaillir sur ses performances. Le directeur général est par ailleurs convaincu que la taille du parc hôtelier est encore extensible: "imaginez que le Maroc ait décroché l'organisation de la phase finale de la Coupe du Monde, on se serait trouvé à court de capacité d'hébergement".

    Un cybercafé bientôt

    Soundouss a été bien accueilli dans la profession à Rabat: "plus qu'un concurrent, les hôteliers de la capitale le considèrent comme un appoint". Hyatt et Safir orientent quelquefois des clients vers l'établissement, et même s'ils ne sont pas en surbooking.

    Depuis son ouverture au début du mois de mai, l'hôtel tourne essentiellement avec les officiels en séjour dans la capitale. Pour l'instant, les "touristes" représentent 1 à 2% des clients de l'hôtel. La deuxième catégorie de clients que cible l'établissement est celle des diplomates. Afin de répondre aux besoins de sa clientèle, toutes les chambres sont dotées de matériel de télécommunications ultra-moderne: messagerie vocale, coffre-fort, etc... et sont en passe d'être connectées au réseau Internet. Au moins 45% des clients sont munis de micro-portables, affirme M. Cherkaoui. Ce qui a conforté l'idée de brancher l'hôtel au réseau, ajoute-t-il. Un cybercafé sera installé dans le bar de l'hôtel pour meubler la plage de temps libre des clients.

    Des TO qui se sont intéressés à l'hôtel l'ont été pour les besoins d'une clientèle de golfeurs, vu la proximité de Dar Essalam, confie M. Cherkaoui.
    La réalisation du projet s'est étalée sur quatre ans, soit douze mois de plus que l'échéancier initial. Selon M. Cherkaoui, ce retard est imputable au cachet de personnalisation conféré aux chambres, mais aussi aux problèmes de coordination avec les entreprises engagées sur le chantier. Le DG de Soundouss met ouvertement en cause des opérateurs "qui ne sont pas respectueux des délais". Tous les prétextes étaient bons pour se justifier. Il fallait par conséquent "slalomer" avec ces contraintes, dit-il.

    A. S.

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