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Cure de jouvence à pas forcés

Par L'Economiste | Edition N°:2267 Le 03/05/2006 | Partager

. De nouvelles zones urbaines: Tamasnat, plateau de Akrach, Al Boustane…. Une décharge certifiée 14001, un nouvel abattoir et un marché de grosRabat fait peau neuve. Toute la ville est actuellement en chantier. Elle a engagé un programme de requalification urbaine et de développement sur quatre ans (2006-2009). Pour cela, une enveloppe de 1,3 milliard de dirhams est affectée à Rabat, 1,5 milliard à Salé et 700 millions de dirhams à Témara et Skhirat. Plusieurs avenues vont connaître ou ont déjà connu une cure de jouvence. Patrice Lumumba a été relookée pour un montant de 8 millions de dirhams. Les travaux ont également démarré sur l’avenue Hassan II à laquelle 30 millions de dirhams ont été affectés. Celle de Allal Ben Abdellah nécessitera 6 millions de dirhams. Hassan Amrani, wali de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër parle aussi «de l’aménagement d’une place Bab El Had à la hauteur des ambitions de la capitale». Les travaux ont démarré. Un montant de 35 millions de dirhams y sera consacré. La célèbre avenue de la Victoire n’échappera pas au changement. Un concours d’idée sera bientôt lancé, soutiennent les responsables de l’agence urbaine. Autre chantier: le renforcement de l’équipement afin de rompre avec les déficits. Il est question de requalifier certains sites: l’ancienne médina de Rabat et celle de Salé ainsi que la kasbah des Oudayas. Mais le plus grand défi reste l’éradication des bidonvilles (voir aussi article en page XII). Un phénomène accentué par le cycle de sécheresse des années 80 qui s’était soldé par un important exode rural. Résultat: un déséquilibre entre les villes et les campagnes et une croissance urbaine désordonnée caractérisée par la prolifération de bidonvilles. Depuis 2001, les autorités locales sont engagées dans une planification de manière à pallier les dysfonctionnements qui sont nés de ces flux migratoires. La région de Rabat a donc ouvert plusieurs zones à l’urbanisation. Ce qui permettra d’alléger la pression sur la ville en étendant du foncier dédié au logement social. Sur les 1.354 hectares que compte le plateau d’Akrach, 1.053 seront urbanisables. Cette superficie accueillera près de 200.000 habitants et 40.000 logements avec une place particulière réservée aux espaces verts. «Le plan d’aménagement de ce plateau est achevé et sera bientôt soumis à l’homologation des autorités», assurent les responsables de l’agence urbaine. A Al Boustane sur 270 hectares, 10.000 logements sont prévus ainsi que des activités de service. A Salé, le projet Al Mouhit sur 245 hectares sera dédié à différents types d’habitat (habitat économique, social et commerce). Sidi Bouknadel, sur 160 hectares, sera dédié aux activités industrielles et aux logements. Du côté de la préfecture de Skhirat-Témara, la ville nouvelle de Tamesna sur 850 hectares a démarré les travaux d’équipement. Cette ville accueillera 250.000 habitants et offrira 50.000 unités d’habitat dont 10.000 à faible coût. Ces dernières sont destinées à la résorption des bidonvilles. Dans cette préfecture, quatre nouvelles zones seront également urbanisées: El Fouarat sur 450 hectares (27.000 logements), El Manzeh sur 500 hectares (10.000 logements), Mers El Kheir 185 hectares (14.000 logements) et l’extension du centre de Skhirat sur 280 hectares (11.000 logements). Pour faciliter la circulation, une rocade de 37 kilomètres reliera les nouvelles zones urbaines au reste de la région. Le pont Moulay El Hassan remplacera l’actuel ouvrage qui relie Salé à Rabat, lequel sera démoli une fois le nouveau mis en service. D’une hauteur de 10 mètres, il sera construit un peu plus en amont de l’actuel pont. Le pont Moulay Youssef fermé sera complètement réaménagé, celui d’El Fida ne présentant pas de difficultés sera juste relooké. Trois autres ouvrages de franchissement sont prévus à l’amont du pont El Fida. La région aura une nouvelle décharge certifiée ISO 14001. Celle de Akrach, dont le lixivia (liquide dégagé par les déchets) ne sera éliminé que dans 10 à 15 ans, sera fermée. La nouvelle plateforme à Oum Azza (voir carte) est, selon le wali de Rabat, confiée au consortium Cgdma-Pizzoro Dragui-Somavatram pour un montant de 170 millions d’euros (1,9 milliard de dirhams). Située à une vingtaine de kilomètres de la capitale, elle sera desservie à partir de trois centres de transfert situés à Rabat, Salé et Témara. Ce qui permettra de réaliser des économies importantes sur le transport et d’assurer le contrôle entre les centres de transit et la décharge. «Le prestataire qui récupérera les déchets des centres aura tout intérêt à les ramener à la décharge où une pesée est effectuée. Le gestionnaire de la décharge sera rémunéré en fonction du nombre de tonnes traité», précise Lemghari Essakl, directeur de l’agence pour l’aménagement du Bouregreg. Reste que le problème de remplacement se posera rapidement puisque la durée de vie du nouveau site ne dépassera pas 20 ans. La superficie n’étant pas «suffisante». «C’est une décharge pour Salé, Témara et Rabat. Nous ne pouvons pas la loger plus loin», explique le wali de Rabat. Aller plus loin coûtera plus cher. La région de Rabat se dotera d’un nouvel abattoir et d’un marché de gros basés aux environs de Témara. Ceux en place actuellement sont en deçà des normes. De plus, ils sont implantés dans des zones résidentielles et sont souvent à l’origine de problèmes de circulation.


Dépollution

Le «lifting» de Rabat sera complété par la mise en place d’un système de collecte et de traitement des eaux usées. La Redal, filiale de Veolia Environnement Maroc, compte investir 2 milliards de dirhams au projet de dépollution du littoral atlantique et du Bouregreg au cours des cinq prochaines années. Toute une infrastructure en assainissement liquide sera mise en place. C’est le cas des 23 kilomètres d’intercepteurs côtiers (en cours de réalisation) dont 13 km en galerie et qui vont servir à intercepter les eaux usées de Rabat, Salé et de Témara. Ces eaux usées seront par la suite traitées avant leur rejet en milieu marin. La mise en œuvre de 10 stations de pompage permettra de remonter et de drainer les eaux collectées jusqu’à la station de pré-traitement (prévue d’ici 2007). Deux autres stations de prétraitement des eaux collectées par les intercepteurs sont également prévues. Deux émissaires sous-marins sont également au menu. D’une longueur de 2 kilomètres, ils serviront à conduire les eaux traitées vers la mer.K. M.

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