Affaires

Cuniculture, un créneau phare pour la microfinance

Par | Edition N°:2918 Le 11/12/2008 | Partager

. Des femmes de Médiouna initiées à l’élevage de lapins. Deux clapiers peuvent produire 150 kg de viandeCe 5 décembre n’est pas un jour ordinaire. Une trentaine de femmes se sont donné rendez-vous, dans une ferme à Médiouna, pour récupérer des diplômes! Elles viennent d’achever leurs trois mois de formation en cuniculture. Durant 30 séances, ces femmes, âgées de 18 à 50 ans, ont été initiées à l’élevage de lapins. Pour une «femme au foyer rurale et analphabète, c’est une aubaine», confie l’une des bénéficiaires, Fatiha Cherrai. Elle a pu ainsi apprendre comment s’occuper des lapins: hygiène, alimentation, abattage, tannage... Derrière cet exploit, il y a des femmes, des hommes et des... administrations. «L’INDH a financé la formation à hauteur de 100.000 DH», explique Khadija Hajjaji, présidente de l’Association agricole du Grand Casablanca (AAGC). Pour elle, l’Initiative a été un «propulseur»: il fallait s’organiser en association pour lancer cette formation. Après des études en biologie et un passage dans l’industrie pharmaceutique, elle a renoué avec ses racines agricoles. Depuis, la ferme paternelle est devenue aussi un local associatif. Dans le monde rural certains microprojets font des miracles. Un clapier -composé d’un nid et de mangeoires- compte 4 femelles et un mâle. Chaque femelle engendre huit portées par an. Et chacune d’elle compte de 8 à 12 lapereaux. Ils sont sevrés après un mois. «Leur engraissement dure trois mois et ils peuvent atteindre jusqu’à 2,5 kg. Deux clapiers produisent 150 kg, l’équivalent de 3 moutons», explique Latifa Khales, formatrice en cuniculture. Elle a travaillé pendant 28 ans au sein de l’Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala (Ormva), avant de lancer une société physique spécialisée en consulting agricole. Son coéquipier, Antoine Rogy, est formateur également. Cet artisan savoyard a vendu l’entreprise familiale spécialisée en tannerie -unique en France- pour «transmettre son savoir-faire». L’élevage de lapins «est un petit investissement qui peut rapporter gros», souligne Hassani Mustapha, directeur régional de l’Agriculture du Grand Casablanca. Médiouna est considérée comme une région leader en cuniculture. D’où l’intérêt d’organiser des formations et de créer des coopératives. Puisque des débouchés existent, le but est de «produire en grande quantité». Car les «supermarchés exigent une production régulière», explique Hassani. Il s’est avéré, selon une enquête de la direction régionale de l’Agriculture du Grand Casablanca, que les Marocains consomment à peine 0,5 kg de viande de lapin, contre 6 kg pour les Français. Toutefois, sa consommation, à l’instar de la viande de dinde, se popularise. Elle coûte 60 DH/kg dans les grandes surfaces contre 25 DH/kilo vif. C’est pour cette raison que la direction régionale de l’Agriculture parle à la fois de «créneau» et de «déclinaison du Plan vert». La cuniculture en tant qu’activité génératrice de revenus pourrait permettre à des foyers de gagner jusqu’à 3.000 DH par mois. Ce sont du moins les ambitions affichées par le représentant du ministère de l’Agriculture à Casablanca. Il n’y a pas que la vente de viande, la confection de produits de luxe (tapis-blouson...) pourrait être la prochaine étape. Un atelier de formation serait d’ailleurs financé par le ministère de l’Artisanat. F. F.

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