×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Croissance
Pas de déclic sans leadership

Par L'Economiste | Edition N°:2293 Le 08/06/2006 | Partager

. Le diagnostic connu mais les actions tardent. Le consensus, pas toujours souhaitable. Synchroniser les réformes Cela ne date pas d’aujourd’hui. Le diagnostic de la croissance est connu et fait l’unanimité. Au Maroc, le plus dur est de mettre en oeuvre les recommandations. Et ce n’est pas spécifique à la croissance. Comme à chaque fois, l’étape est marquée par des discussions interminables, des débats houleux, la recherche systématique du consensus. Le résultat est rarement probant. «Pour la croissance, c’est avant tout une question de leadership», affirme Ahmed Laaboudi, directeur du Centre marocain de conjoncture (CMC) lors de la journée d’étude consacrée à la problématique de la croissance, organisée le 6 juin à Casablanca (www.leconomiste.com), avec l’appui de la CDG et de la Banque mondiale. Or, force est de constater que le Maroc a bien du mal à trouver ce leadership pour traduire rapidement les recommandations des experts en actes concrets. En attendant, les gouvernants tentent de prendre les devants. Le plan Emergence ou le plan Azur en sont des exemples concrets. Deux stratégies volontaristes qui vont dans le droit fil de ce que préconise le CMC: accélérer l’industrialisation pour atteindre un sentier de croissance plus élevé. «Rien ne nous empêche d’imaginer nos propres solutions pour résoudre des problèmes qui nous sont spécifiques. Comme par exemple, assurer un équilibre entre réformes structurelles et stratégies sectorielles ciblées pour en faire des moteurs de croissance», affirme Salaheddine Mezouar, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Mise à niveau de l’économie. En fait, le souci de préserver les équilibres macoéconomiques n’est pas spécifique au Maroc. «Mais les pays concurrents se différencient par leur aptitude à répondre aux besoins des investisseurs». Et là, malgré les efforts déployés ces dernières années, le Maroc a encore du chemin à faire. Pour autant, la situation de ces 2 dernières années est paradoxale. En dépit des contraintes, l’état des finances publiques s’améliore grâce notamment à la performance des recettes fiscales. Il en est de même pour l’attractivité de l’investissement étranger. «Malgré cela, la croissance reste timide, le chômage élevé et la pauvreté persistante», déplore Abdelali Doumou du CMC. Comment expliquer ce paradoxe de la croissance? Par la gouvernance car il existe une corrélation forte entre croissance économique et gouvernance. «Celle-ci en serait même le moteur!», avance l’expert. Or, le problème de gouvernance ne vise pas uniquement l’Etat. L’administration, les collectivités locales, les élus, les entreprises publiques et privées sans oublier la société civile, tous sont concernés. Pour exemple, l’une des carences en matière de gouvernance au sein de l’Etat est le manque de synchronisation entre les politiques sectorielles. «Ainsi, le plan Emergence pour l’industrie n’est pas accompagné par un plan Emergence pour l’agriculture ou un plan national de maîtrise de l’eau», relève Doumou. Selon lui, pour être efficace, l’approche sectorielle doit être complétée par une approche multi-sectorielle et synchroniser les grandes réformes. «L’absence de visibilité dans les autres secteurs est un problème de gouvernance», conclut-il. L’entreprise n’est pas à l’abri des critiques tant qu’elle échappe au processus d’institutionnalisation et refuse de se soumettre aux règles de transparence.


Gouvernance : L’Etat veut donner l’exemple

Beaucoup reste à faire. Pour exemple, l’enveloppe budgétaire globale dédiée à l’investissement public gravite autour de 80 milliards de DH. Mais le taux de réalisation annuel dépasse rarement 50%! Certaines entreprises publiques qui ont un rôle stratégique ne franchissent guère 30% de leur dotation annuelle. Idem pour les collectivités locales qui n’utilisent pas plus de 40% du budget d’investissement. «Or, l’investissement public joue un rôle de facilitateur et la croissance annuelle en dépend», fait remarquer Abdelali Doumou. Pas étonnant donc que les retombées sur les conditions de vie des populations restent dérisoires. Pourtant, l’Etat ne reste pas les bras croisés face à ces distorsions. «Nous menons des actions pour améliorer la programmation de la dépense publique, son suivi et son contrôle, rationaliser les instruments et simplifier les procédures», affirme Fathallah Oualalou, ministre des Finances et de la Privatisation. Après la modernisation du système de contrôle des entreprises publiques, le ministère planche sur un nouveau système de contrôle de la dépense publique. En outre, une nouvelle politique budgétaire axée sur les résultats est adoptée par 14 départements ministériels. Elle sera généralisée d’ici 2007.Mouna KABLY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc