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Economie

Crise financière
Messier: «Le pire est à venir»

Par L'Economiste | Edition N°:3131 Le 19/10/2009 | Partager

. Financement des opérations à effet de levier, dette publique. Les premières conséquences l’été 2010 . «J’ai pris le risque de venir aux côtés de Maroc Telecom» D’ABORD cette confession. «Le retour sur la scène médiatique, c’est partie voulu et partie imposé». Depuis «Mon vrai journal», sorti en 2002 chez Balland, répondant en partie à «Le vrai journal» de Canal+ dont il était patron également, Jean-Marie Messier, passé maître dans la communication, garde le tempo. Il fallait bien cette crise, «la plus dangereuse depuis un siècle», pour que l’ex-président de Vivendi Universal sorte de son silence pour livrer son analyse et sa réflexion. Mais, une précision de taille pour commencer: «j’ai écrit ce livre en témoin, pas en donneur de leçons, comme un acteur engagé et non pas comme un expert». Les experts, Jean-Marie Messier dit s’en méfier comme de la peste. Pour cause! Il fait sienne cette phrase de l’humoriste britannique Peter Hustinoff, qui disait que «si la terre explose un jour, le signal audible qu’on entendra, c’est celui d’un expert». Partant, J2M ou J6M (Jean-Marie Messier moi-même maître du monde, selon la formule des Guignols), dit donner une vision de terrain. Invité par notre confrère, «Economie & Entreprises» pour la sortie de l’annuaire des 500 plus grandes entreprises du Maroc, l’actuel patron de Messier Partners, une banque de conseil qu’il a créée, en a profité pour promouvoir son livre «Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête», paru aux Editions du Seuil en janvier 2009. Un livre-anecdotes, mais qui élucide les faits les plus mystérieux et éclaire les évènements les plus complexes de la plus grosse faillite bancaire de toute l’histoire financière des Etats-Unis, de plus de 600 milliards de dollars, et ses conséquences sur la planète entière. Jean-Marie Messier dit avoir de l’affection pour le Maroc, en plus des relations professionnelles de longue date. Dans une vie antérieure, alors patron de Vivendi Universal, J2M y a eu deux actes forts. C’est lui qui a amené le pôle environnement de son groupe (actuel Veolia) à Tanger. Puis, dans l’incrédulité générale à l’époque - «aujourd’hui, plus personne n’est incrédule»-, le groupe a pris le risque de venir auprès de Maroc Telecom, pour en faire une superbe réussite. Avec son optimisme, ce manager adulé, avant d’être cloué au pilori, est convaincu que «si on veut sortir de la crise, il faut faire marcher le monde à l’endroit, en donnant toutes leurs chances aux pays émergents». Il confie que «dans ce qui est fait au Maroc, il y a un certain nombre de choses qui donnent des pistes de bonnes réflexions pour l’avenir».Sans revenir sur le contenu de son livre, qui raconte d’une manière aussi imagée que possible ce qui s’est passé «le jour où le ciel nous est tombé sur la tête», c’est-à-dire quand les Américains ont lâché Lehman Brothers, Messier dresse une sorte de bilan et avance des pistes de sortie de crise. Où est-ce qu’on en est, un an après? «Il y a eu quelques avancées», en évitant le repli sur soi protectionniste, exception faite de la Russie. Les banques centrales ont bien réagi ainsi que les Etats, en faisant des plans de relance massifs. Des progrès ont été faits sur la transparence et sur la lutte contre les paradis fiscaux, mais également dans «la prise de conscience que la mondialisation, ce n’est pas seulement l’économie. Elle doit être aussi la politique». En attestent le renforcement du rôle du FMI et la transformation du G20 en véritable gouvernement de la planète. Il n’empêche que la conviction de Messier est que «la crise n’est pas finie». Pire, il dit ne pas être totalement sûr que «le pire soit encore derrière nous», car il va falloir financer les folles opérations à effet de levier dont Messier situe les premières conséquences entre l’été 2010 et fin 2011. On a certes fait des efforts contre les paradis fiscaux, mais la régulation des marchés n’est pas adaptée. Entre autres pistes de sortie, J2M conseille à ne pas mollir dans la correction des excès. Il appelle aussi à responsabiliser les banques par rapport au risque pris, en les obligeant à en garder une partie dans leur bilan. Le tout passe par un engagement des acteurs à limiter le virtuel dans les marchés financiers, «en ne vendant que ce qu’on a». Par ailleurs, les plans de relance, les déficits créés endettent les générations futures. La conséquence de ce constat, Messier suggère «au moins d’utiliser massivement cet argent public sur un petit nombre de secteurs qui soient utile aux générations futures», notamment dans l’éducation, les énergies renouvelables et le numérique.Bachir THIAM

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