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    International

    Crise alimentaire: L’Asie dans la tourmente

    Par L'Economiste | Edition N°:2772 Le 08/05/2008 | Partager

    . 33 Etats menacés de troubles politiques. En cause: sécheresse, cyclones, flambée du pétrole….Des rizières thaïlandaises aux champs de blé australiens, l’envolée du prix des denrées alimentaires sape le budget des plus démunis en Asie, augurant du pire, faute de remède urgent. En Asie, un milliard de personnes pâtissent de la flambée des cours des produits de base comme le pain et le riz, selon Rajat Nag, directeur de la Banque de développement asiatique (BAD). «Cela inclut grosso modo 600 millions de personnes qui vivent avec un peu moins d’un dollar par jour, critère de définition de la pauvreté, et 400 millions d’autres sont juste au-dessus de ce seuil», a-t-il ajouté.La Banque mondiale considère que 33 Etats dans le monde sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux à cause de la montée brutale des prix des produits agricoles et énergétiques.En Asie, les dirigeants sont confrontés à une vague de contestation sociale sans précédent qui favorise l’instabilité politique. La crise alimentaire mondiale a dominé la Fête du travail du 1er mai et des milliers de manifestants ont défilé à Jakarta, Manille ou Bangkok pour réclamer de meilleurs salaires afin de compenser la montée des prix.Le Bangladesh et les Philippines, deux grands importateurs de riz où les foyers pauvres dépensent en moyenne 70% de leurs revenus en nourriture, ont été frappés.«Quand les gens ont faim, ils deviennent désespérés et font des choix désespérés», a mis en garde Damien Kingsbury, professeur à l’université australienne de Deakin. Aux Philippines, la tension est telle que l’armée a assigné des troupes à la distribution de riz dans les quartiers pauvres de Manille. Le secrétaire à la Justice, Raul Gonzalez, a parlé de «situation d’urgence».Monkombu Sambasivan Swaminathan, père de la «révolution verte» en Inde dans les années 1960, qui a permis au géant d’Asie du Sud de progresser en matière de sécurité alimentaire et prévenir les pénuries, s’est récemment prononcé pour une deuxième révolution agraire.Les prix des denrées alimentaires ont pratiquement doublé dans le monde en l’espace de 3 ans, selon la Banque mondiale, provoquant des émeutes en avril en Egypte et à Haïti, des manifestations dans de nombreux autres pays et des restrictions des exportations de plusieurs producteurs dont le Brésil, le Vietnam, l’Inde et l’Egypte.Au Vietnam, deuxième exportateur mondial de riz, qui a fait savoir, fin mars, qu’il réduirait ses exportations cette année, de nombreux supermarchés et magasins ont été récemment pris d’assaut à la suite de rumeurs faisant état d’une possible pénurie. Et le cyclone Nargis qui a ravagé la Birmanie, n’a pas arrangé la situation. En effet, ce pays compte parmi les principaux fournisseurs de riz en Asie. En Corée du Nord, la flambée des prix risque de virer à la tragédie, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, qui estime que 6,5 millions des 23 millions de Nord-Coréens ne mangent pas à leur faim et que ce chiffre pourrait bondir faute d’aide.Une famine avait frappé le pays communiste dans le milieu des années 1990 causant, selon des organisations humanitaires, la mort de quelque deux millions de personnes.


    Les raisons de la flambée

    Parmi les explications figurent le développement des biocarburants, les barrières commerciales, une demande croissante venue d’Asie sur fond de modifications des habitudes alimentaires, la faiblesse des récoltes ainsi que les cours du pétrole, qui pèsent sur le prix des transports. En Australie, second exportateur mondial de blé après les Etats-Unis, la sécheresse historique, la pire depuis un siècle, a amputé les récoltes, passées à 13 millions de tonnes en 2007 contre une moyenne de 22 habituellement. «Cela a été la pire sécheresse de notre histoire et beaucoup de familles d’agriculteurs sont anéanties financièrement et psychologiquement; nos communautés mettront du temps à récupérer», explique le responsable de la Fédération nationale des agriculteurs australiens, Ben Fargher.Synthèse L’Economiste

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