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    Economie

    Crédits, terrains, équivalence des diplômes : Enseignement supérieur: Les goulots d'étranglement des écoles privées

    Par L'Economiste | Edition N°:75 Le 15/04/1993 | Partager

    Une mission Banque Moniale était au Maroc en février dernier. Son objectif était de constater le fonctionnement de l'enseignement supérieur privé pour étudier les possibilités de financement appropriées. L'aspect financier n'est qu'un volet des blocages existants. D'autres facteurs handicapent le développement du secteur.

    Une mission de la Banque Mondiale, en visite au Maroc en février, a examiné le fonctionnement du secteur de l'enseignement supérieur privé, en vue d'étudier les possibilités de son financement.

    Des négociations avaient déjà débuté en juin 1992 avec la BIRD, en vue d'accorder une ligne de crédits de 20 à 25 millions de Dollars pour soutenir "l'enseignement privé de qualité "(Cf L'Economiste n°48 du 8/10/ 1992).

    Pour M. Bennani, président de l'AMESUP (Association Marocaine de l'Enseignement Supérieur Privé) "les établissements supérieurs privés jouent le rôle de locomotive tractant de lourds wagons".

    Ce secteur compte actuellement 7.000 étudiants, et n'utilise que 60% de ses capacités d'accueil. Il réalise un chiffre d'affaires d'environ 110 millions de Dirhams. Cependant, il connaît des difficultés entravant non seulement son fonctionnement actuel, mais aussi son développement futur.

    Ces difficultés sont de deux types: financières et institutionnelles.

    Pour tenter de résoudre les problèmes d'ordre financier, une délégation de la Banque Mondiale a examiné trois points fondamentaux de soutien:
    - la solvabilité de la demande de crédits estudiantins,
    - l'encouragement des investissements,
    - et la création d'un fonds de soutien pour la recherche appliquée et le développement des supports pédagogiques.

    Cette délégation s'était réunie avec les directeurs des établissements privés.

    Composée de MM. Laurence Wolff. Mourad Ezzine, Richard Sack elle a initié une étude de faisabilité d'un projet de financement à travers les banques commerciales sous l'égide du Ministère des Finances et du Ministère de l'Education Nationale, dont elle a rencontré les responsables. Les propositions ont été axées autour:
    - d'un soutien aux étudiants par une vulgarisation des prêts; ce qui permettrait de "démocratiser" l'enseignement supérieur privé.

    Suspicion

    Le système actuel de crédit développé au sein de certaines banques notamment BMCI, Wafabank, Banque Populaire, a tendance à favoriser, les prêts sous garantie d'une caution personnelle des parents ou tuteurs. Ce qui en fait un système pour privilégiés.
    - d'un soutien aux investissements des établissements privés, ce qui nécessite souvent des financements spécifiques.

    Actuellement, les prêts aux investisseurs sont octroyés sous forme de CMTR souvent garanti par une caution personnelle, à des taux normaux. Si les financements étaient plus "solides", ces écoles, assure le président de I'AMESUP, pourraient accueillir 18.000 étudiants en 1995, surtout que le Ministère de l'Education Nationale considère d'après le président de l'AMESUP que "les établissements d'enseignement privé n'ont pas la capacité d'accueil face à un accroissement qu'occasionnerait une acceptation de la solvabilité de la demande", rapporte le président de l'AMESUP.

    Il poursuit: "Le Ministère ne favorise pas la réalisation des investissements susceptibles d'augmenter la capacité d'accueil".

    Les dirigeants de l'enseignement privé s'expliquent mal que le MEN garde une suspicion injustifiée à l'égard de ce secteur. Pourtant un étudiant coûte 15.000DH/an:sachant qu'il en existe 7.000 dans le privé, les économies réalisées par l'Etat sont notables. Elles lui permettent d'économiser des ressources budgétaires affectées à d'autres tâches.

    L'AMESUP envisage de confier au cabinet Sunergia une étude pour "auditer" le secteur. Cette étude concernant le secteur de l'enseignement supérieur privé aurait pour objet de diagnostiquer le secteur, d'évaluer sa contribution au marché de l'emploi, d'étudier les moyens de le dynamiser en liaison avec ce que propose la BM. Elle pourrait être financée par un organisme international. A défaut, l'association la prendrait en charge.

    A travers son président, I'AMESUP estime que ces blocages financiers ne sont qu'un des facteurs entravant le développement de son secteur.

    Equivalence de diplômes

    Ces entraves peuvent être levées avec la concrétisation de la mission de la BM. Par contre, le cadre institutionnel constitue les "lourds wagons" que "la locomotive" des établissements supérieurs privés doit tirer.

    M. Bennani considère que les entraves existent à différents niveaux:
    - Le Code des investissements, tel qu'il est mis en place ne concerne que le bâtiment, excluant tous les investissements de matériel et autres, ce qui ne favorise pas la modernisation des méthodes et de la pédagogie.
    - Deux écoles se sont vu refuser l'autorisation administrative pour les extensions, bien qu'elles aient trouvé des terrains nécessaires, la réserve foncière étant toujours attribuée en priorité aux établissements publics.
    - Un autre problème inhibe le développement de ce secteur, l'homologation des diplômes, et le système de passerelle. En effet, l'art. 22 (loi 15/ 86 sur l'enseignement privé) stipule que "les étudiants sont admis dans les établissements universitaires sur la base de l'équivalence de leurs diplômes ou de leur niveau conformément à la législation en vigueur".

    Or, aucun décret d application n'a été mis en place à ce jour, et l'homologation des diplômes de l'enseignement privé n'est pas accordée. Ce qui est une "aberration", l'accès aux établissements étrangers est possible à ces diplômés du privé, alors qu'il ne l'est pas pour les universités marocaines

    Exclus du recensement

    Autre exclusion, d'après M. Bennani, lors du recensement du CNJA, les diplômés de l'enseignement supérieur privé ont été exclus. Sur le marché de l'emploi, ils constituent même une part importante des créateurs potentiels d'entreprises.

    Tous ces blocages institutionnels font que l'AMESUP souhaite une refonte du système, avec l'application d'un code de déontologie dont les valeurs clés seraient fondées sur les préceptes suivants:

    évaluations rigoureuses dans les conditions d'acceptation des étudiants, équilibre entre les professeurs permanents et vacataires mais refus du régime fonctionnariat, examen minutieux des conditions d'octroi des diplômes, des relations avec l'entreprise; autorégulation de la communication avec le public, le MEN et les associations professionnelles.

    Un étudiant coûte à l'Etat 15.000dh/an. Les écoles privées le déchargent de 7.000 étudiants en 1993, 18.000 en 1995.

    Fatéma MOSSADAQ

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