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    Crédits Jeunes Promoteurs: bilan mitigé

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Les 16 et 17 Juillet aura lieu à la foire internationale de Casablanca le "Forum Jeunes Créateurs d'Entreprises" organisé par le CNJA. Le crédit reste un élément déterminant pour les créations d'entreprises. Le montant des prêts consentis à titre du crédit Jeune Promoteur, depuis la parution du décret au 31 Décembre, a été de 784 millions de Dirhams.

    Le "Forum Jeunes Créateurs d'Entreprises" permettra aux 1.500 jeunes promoteurs de projets, de rencontrer l'ensemble des partenaires du CNJA. Seront présents à ce Forum l'OFPPT, la CGEM, le GPBM, l'ODI, les chambres professionnelles et les clubs et Associations des Jeunes Promoteurs.
    Lors de ce Forum, quatre tables rondes seront organisées: "la gestion des entreprises", "l'entreprenariat au Maroc", "les pépinières d'entreprises" et "l'innovation technologique et la création d'entreprise".
    La dynamisation du Programme d'Information et d'Assistance à la Création d'Entreprises (PIACE) est le principal objectif de ce Forum. En effet, les résultats de la loi, dite loi Jeunes Promoteurs ou loi 36/87 sont modestes. D'après M. El Jaï de la BMCE, "les pouvoirs publics prévoyaient la réalisation de près de 1.000 dossiers. Cependant, quatre années après les décrets d'application, on reste loin du chiffre escompté".
    Jusqu'au 31 Décembre 1991, le nombre de dossiers a été de 2.513. Près de 1.532 dossiers ont concerné les professions libérales et 981 ont été relatifs à la création de PME-PMI. Le montant global des investissements a été de 1 milliard de Dirhams. Le montant du prêt bancaire s'est élevé à 218 millions de Dirhams. Le montant du prêt Etat a représenté 566 millions de Dirhams.

    Des impayés

    Le nombre d'emplois créés par ces jeunes promoteurs est de 11.047. Cependant, certains critiquent le fait que le crédit jeunes promoteurs a beaucoup plus aidé les médecins et les architectes à ouvrir leur cabinet qu'à créer des PME comme son objectif l'assignait. Une raison qui décourage probablement les banques pour l'accord de ce crédit se situerait au niveau des impayés. Au 31 Décembre 1991, les 500 échéances impayées s'élevaient à près de 1,9 million de Dirhams. Les professions libérales étaient concernées à hauteur de 933.270 Dirhams et les PME-PMI à hauteur de 985.243 Dirhams. Les principales raisons des impayés évoquées sont la forte concurrence dans les secteurs concernés, les difficultés de démarrage, la mauvaise gestion et le désaccord entre les associés.
    Lorsqu'une banque octroie un Crédit Jeunes Promoteurs, le profil du promoteur tient une place de choix. En effet, l'adéquation du diplôme au projet est exigée, l'expérience professionnelle est souhaitée. Un exemple d'expérience réussie est celui de Rymtex.

    Une expérience réussie

    Rymtex, entreprise de bonneterie a été créée, en juillet 1990, grâce au crédit Jeune Promoteur. M. Lansari est diplômé de l'IEP, Institut de Science Politique de Paris et il est titulaire d'un troisième cycle d'économie. Il a à son actif dix années d'expérience dans le groupe Alami, le groupe Sekkat et l'entreprise de bonneterie Lancelloti. M. Lansari juge que "pour monter les connaissances théoriques sont utiles à 40%, les connaissances pratiques le sont pour 60%" . Pour l'obtention du crédit, une étude de marché a été réalisée par le promoteur lui-même dans laquelle a figuré, entre autres, le programme d'investissement, l'état de marché, les remboursements des frais financiers et les idées sur les clients et les fournisseurs.
    L'investissement de départ a été de 1,4 million de Dirhams. Le capital initial de la société est de 100.000 de Dirhams. Il est en cours d'augmentation à 700.000 Dirhams. La société a réalisé un chiffre d'affaires de 900.000 Dirhams en 1991 et compte le tripler en 1992. La démarche a consisté en la définition de la stratégie de l'entreprise, le produit, la cible et les moyens à mettre en oeuvre. M. Lansari a opté pour la politique du monoproduit afin de ne pas disperser les forces.
    L'effectif de l'entreprise était à sa création de 20 personnes. Il est actuellement de 60. M. Lansari déclare que "les jeunes promoteurs ne doivent pas être trop prétentieux". L'espace occupé est de 200m2.

    La construction d'une soupente est actuellement réalisée, elle permettra d'augmenter de 50% la superficie de l'usine.
    L'objectif de M. Lansari est l'installation d'une nouvelle unité de bonneterie. Sa capacité de production serait de 1.000 pièces/jour. Elle emploierait près de 100 personnes et la production, serait destinée exclusivement pour l'exportation.

    Panoplie de démarches administratives

    M. Lansari juge que le crédit Jeunes Promoteurs permet de démarrer. Il est souple dans sa conception. En effet, la garantie exigée ne concerne que le nantissement du bail et la délégation d'une assurance.
    Toutefois, M. Lansari estime que "les banques sont très lentes dans l'étude des dossiers". Il critique, également "la panoplie des démarches administratives". Le jeune promoteur doit être motivé.
    La formation, l'expérience, l'organisation et la patience sont des qualités nécessaires à l'aboutissement du projet.
    Par ailleurs, la bonne marche de l'entreprise nouvellement créée nécessite le recours aux crédits bancaires. "Plusieurs lignes de crédits sont en principe mises à la disposition des PME-PMI : ACNE, Admission Temporaire, ligne Aval ou Crédor. Mais, les banques avec la raréfaction des moyens financiers ne prêtent qu'aux riches, ne jouant pas le jeu au niveau de l'encouragement des PME-PMI", déclare-t-il.

    Une Association des Jeunes Promoteurs devrait être créée dans les prochaines semaines. Cette association aurait pour objectifs la constitution d'un lieu de rencontre des jeunes promoteurs et une entraide mutuelle entre les jeunes promoteurs. L'Association voudrait, également, se présenter comme un interlocuteur "valable" face aux banques et aux administrations.
    L'association devrait, par ailleurs, aider les jeunes promoteurs dans l'élaboration de leur projet et des démarches administratives.

    L. Tr.

    Situation des autorisations cumulées depuis le démarrage jusqu'au 31 Décembre 1991

    1/ Nombre de Promoteurs: 2.513 dont:
    - sexe masculin: (nombre) 1.907, soit 75,8%
    - sexe féminin: (nombre 606, soit 24,2%
    2/ Secteur d'activité:
    - Professions libérales: 1.532 soit 60,9%
    - Formation professionnelle: 981 soit 39,1%
    3/ Tranche d'âge:
    - 21 à 25 ans: 240 soit 9,5%
    - 26 à 30 ans: 930 soit 37%
    - 31 à 35 ans: 597 soit 23%
    - 36 à 40 ans: 746 soit 30%
    4/ Lieux d'implantation:
    Ville:
    · Casablanca, El Jadida, Settat, Béni Mellal, Kénitra: 1.742 soit 69,3%
    · Agadir, Marrakech, Tiznit, Safi: 323 soit 12,8%
    · Laâyoune, Ouarzazate, Errachidia: 24 soit 0,9%
    · Fes, Meknes, Oujda, Taza: 249 soit 9,9%
    · Tanger, Tétouan, Al Hoceima: 170 soit 6,7%
    5/ Raisons des impayés:
    - Forte concurrence dans le secteur
    - Difficultés d'intégration dans le marché
    - Mauvaise gestion
    - Désaccord entre les associés
    - Disparition des Promoteurs
    - Décès des Promoteurs
    - Difficultés de démarrage
    - Absence de clientèle
    - Besoins en fonds de roulement
    - Conjoncture défavorable

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