Economie

Crédits immobiliers
Comment les taux vont baisser

Par L'Economiste | Edition N°:2772 Le 08/05/2008 | Partager

. Baisse imminente… dès le second semestre. L’encours devrait augmenter de 31% en 2008«Si baisse des taux des crédits immobiliers il y a, elle ne dépassera pas un quart de point», estime un professionnel de l’immobilier. Par ailleurs, «il est encore tôt pour faire des pronostics sur l’évolution des taux, étant donné que l’ajustement se fait d’une manière automatique sur la base de la moyenne des taux des bons du Trésor qui sera communiquée par la Banque centrale début juillet», précise-t-il. La dernière séance d’adjudication confirme cette tendance baissière constatée depuis le début de l’année. La moyenne du taux moyen pondéré (TMP JJ) interbancaire s’est établie à 3,51% pour 4 milliards de DH, contre un taux de 3,46% une semaine plus tôt. Ce qui reflète la persistance de l’esprit de constitution de la réserve obligatoire adopté par tous les opérateurs. Dans le même état d’esprit que les dernières semaines, BAM a servi le marché à hauteur de 64% de sa demande lors de la séance d’appel d’offres au titre de la pension à une semaine. Notons que la demande a atteint un volume de 23,7 milliards de DH. Ce sont donc 15 milliards de DH que BAM a injectés contre 17 milliards de remboursement, mais en donnant toujours 3,5 milliards de DH d’avance au marché.Les tombées des bons du Trésor négociables (BTN), pour cette semaine, sont à près de 2 milliards de DH, en face d’une levée nulle. Une injection qui compensera les 2 milliards de DH de retrait des injections de BAM à une semaine. Ce qui laisse penser que le marché monétaire devrait envisager une semaine monétaire plus détendue avec des taux interbancaires qui devraient se maintenir autour de 3,25%. Contrairement aux idées reçues qui présagent une stagnation ou une baisse de l’immobilier, «cette situation pourrait donner un nouveau souffle à la production des crédits auprès des banques», ajoute un banquier. D’où une augmentation des prix de l’immobilier déjà aux sommets. La baisse relative du rythme des demandes de crédits, destinés notamment à l’habitat, constatée durant le premier trimestre 2008 a nourri cette thèse de renversement de tendance des prix. «Nous avons constaté que les demandes de crédits immobiliers depuis le début de l’année sont restées en stand by suite aux mesures de la nouvelle loi de Finances». Mais les choses ont changé depuis le début du mois de mars. «Certes, le rythme n’est pas celui du début 2007, mais l’immobilier, dans tous ses segments, a renoué avec la croissance», poursuit-il. Même vision chez Bank Al-Maghrib: «Le secteur de l’immobilier semble être appelé à continuer sur son trend haussier», affirme-t-on dans la dernière note relative aux crédits immobiliers. Plusieurs arguments ont été avancés dans ce sens: de l’importance de la demande potentielle de logement émanant des ménages marocains qui se constituent chaque année (+93.000), à l’accroissement du volume des investissements directs étrangers, en passant par l’offre soutenue par les pouvoirs publics (constitution de villes nouvelles, nécessité de résorption du déficit en logement cumulé, programmes de logements sociaux… ).Parallèlement, les banques envisagent de continuer la même politique en matière de financement de l’immobilier. Les concours des crédits devraient augmenter de 31% d’ici fin 2008. Ces évolutions, si elles sont marquées par la baisse du coût du risque de crédit, il n’en demeure pas moins qu’elles sont accompagnées du développement des risques de transformation et de taux, dont la surveillance doit être constamment renforcée.Selon les derniers chiffres de la banque centrale, la production des crédits à l’habitat s’est élargie de 43% à 28 milliards de DH, dont 17% ont concerné les crédits soutenus par l’Etat. Une baisse est toutefois constatée pour ces derniers. La production des crédits destinés à la promotion immobilière a plus que doublé pour atteindre 11 milliards de dirhams. Par régions, Casablanca et Rabat continuent de bénéficier de la plus grande part des crédits à l’habitat, soit près de 64% de l’encours total, toutefois, en baisse par rapport à 2006 (70%).


Défendez vos intérêts

Si vous avez eu l’intelligence d’adopter une gestion active de votre crédit immobilier en contractant un prêt à taux révisable, n’oubliez pas de surveiller de près les fins de semestres et les dates d’anniversaire de vos crédits. Un sondage de L’Économiste auprès des principaux prêteurs au Maroc révèle que ces derniers ne réagissent pas de la même manière au lendemain du changement des taux. Hormis Wafa Immobilier qui a mis en place un système d’information qui permet d’ajuster (à la hausse comme à la baisse) systématiquement les mensualités révisables en fonction de la date anniversaire, la majorité des prêteurs interrogés affirment que le client doit envoyer une lettre et relancer son agence bancaire pour qu’elle réajuste sa mensualité. S. M.

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