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    Crédit: Les banques cèdent un demi-point sur les taux

    Par L'Economiste | Edition N°:299 Le 09/10/1997 | Partager

    C'est fait. Les banques ont cédé un demi-point sur les taux de base. Elles devraient toutes afficher une grille similaire, en attendant une concurrence plus significative.


    Comme annoncé dans la précédente édition de L'Econo-miste, le GPBM (Groupement Professionnel des Banques du Maroc) a recommandé à ses membres de procéder à une baisse d'un demi-point de leurs taux de base. Du coup, le court terme passe de 9,75 à 9,25%, le moyen terme de 10 à 9,50% et le long terme de 10,75 à 10,25%. Quant au «prime rate» du Crédit Export, il est ramené à 8% contre 8,5% précédemment. La décision a été annoncée par M. Othman Benjelloun, président du GPBM, lors de la réunion du Conseil tenue le mercredi 8 octobre en présence de M. Driss Jettou, ministre des Finances, du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat.
    Evidemment, cette évolution ne constitue pas réellement une surprise. Non pas que l'engagement était fermement pris par le Groupement des banques lors de la réunion du CNME du 15 juillet dernier sous la forte pression des autorités monétaires, mais les conditions sont bien là.
    D'abord, l'inflation est au plus bas depuis plusieurs années. Sur les huit premiers mois de l'année, l'indice du coût de la vie n'a progressé que de 0,5%, alors que les experts des Finances et de la Statistique prévoient 2% sur toute l'année.

    Ensuite, le Trésor a mis la pression, baissant progressivement ses taux d'emprunt. Et quant il le fallait, il a refusé les offres des banques sur le marché des adjudications de manière à les obliger à réorienter leurs ressources sur les emprunteurs. Ce qui, dans le cas d'un marché liquide, contribue à une décrue des taux. Effectivement, une tendance baissière a été amorcée lors du premier semestre 1997. Le taux moyen pondéré débiteur pratiqué par les établissements de crédit avait sensiblement reculé, passant de 12 à 11,55%. Preuve que les banques ont engagé une concurrence, mais uniquement palpable au niveau du segment des grandes entreprises. Ce qui est d'ailleurs confirmé par quelques responsables financiers de grosses structures.
    Mais, corrélativement au recul des taux débiteurs, elles ont été moins généreuses, préservation des marges oblige, sur la rémunération des dépôts, sans que la structure de leurs ressources ne soit réellement bouleversée.

    Mesure administrative


    A l'évidence, le transfert des ressources placées en DAT (dépôts à terme) directement vers les placements spéculatifs en bourse ou vers les OPCVM (Organisme de placement collectif en valeurs mobilières)(1) n'est pas confirmé par les chiffres relevés sur le rapport 1996 de Bank Al-Maghrib. Mieux, la part des DAT dans le total des dépôts s'est améliorée au cours des trois dernières années, passant de 36,75% en 1994 à 37,4% en 1995 pour atteindre 38,63 en 1996. Pour les huit premiers mois de l'année en cours, elle s'élève à 38,23%.
    En somme, les ressources moyennes et longues généralement destinées aux investissements se maintiennent en dépit de la décrue des taux créditeurs (-0,5 à 1 point au cours de cette année).
    Reste que tous les prétendants au crédit ne sont pas logés à la même enseigne. Les facilités accordées aux grandes entreprises n'arrivent pas jusqu'à la grande masse des PME. Normal, compte tenu du risque encouru. Mais le désencadrement du crédit intervenu en 1991 avait pour objectif d'ouvrir le marché de l'argent à certains «exclus». Ce qui n'est pas toujours acquis. Quant aux réformes qui ont suivi, elles n'ont pas encore atteint tous les buts escomptés.

    La nouvelle baisse des taux de base, même si elle constitue un signe de bonne volonté, a tout l'air d'une mesure administrative. Il faut encore s'attendre à ce que toutes les banques affichent la même grille, alors que chacune devrait normalement publier le prix payé par le meilleur client et qui sert de référence à la facturation des autres dossiers.
    Le statu quo sera donc maintenu. Les banques ont peur pour leur rentabilité qui, à leur avis, est déjà bas (11,5% en moyenne). Il leur sera toutefois difficile de renverser la tendance actuelle. Seule la constitution de grosses entités déjà amorcée leur permettra de mieux répondre aux besoins de financement de l'économie.

    Alié Dior NDOUR

    (1) En principe l'argent ne sort pas du circuit bancaire. Les fonds directement investis en bourse ou sur les OPCVM sont en partie transformés en dépôts à vue.

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