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Courrier des Lecteurs

Crédit à la consommation: Les sociétésfortement sous-provisionnées

Par L'Economiste | Edition N°:751 Le 20/04/2000 | Partager

· Crédor et Taslif figurent en tête de liste· Les règles prudentielles, attendues pour le second trimestre2000, doivent se traduire par un essoufflement de la capacité financièrede plusieurs sociétés, selon une étude de MITLes résultats des sociétés de crédit àla consommation pour l'exercice 1999 ont été caractérisés(à quelques exceptions près) par d'importantes dotations auxprovisions. C'est un signe révélateur. Le secteur souffred'un sous-provisionnement important auquel il faut remédier avantla tombée prochaine des règles prudentielles en matièrede classification et de couverture de créances. En l'absence de réglementationspécifique, le secteur dit s'inspirer des règles régissantles banques. Mais en fait, chaque société adopte ses propresméthodes de classification des créances en fonction de sonportefeuille clients.Pour le secteur bancaire, à partir du troisième impayé,la créance est considérée comme douteuse. Mais le crédità la consommation a quelques critères liés essentiellementà l'environnement social. Selon les responsables de sociétésde crédit, il existe trois périodes de l'année oùles impayés sont fréquents: l'Aïd Al Adha, la rentréescolaire et les vacances. «Le client peut ne pas régler sa traitedu mois de septembre, mais il payera normalement les échéancessuivantes«, est-il expliqué. Les professionnels du secteur sontunanimes à dire que la règle des trois impayés n'estpas applicable aux spécificités du marché.Au-delà de la problématique de la baisse du TEG ou encoredu surendettement des ménages, le sous-provisionnement peut êtrefatal à plusieurs sociétés de crédit. Ce constata interpellé les analystes de MIT (Maroc Inter Titres), la sociétéde bourse du groupe BMCE Bank. Ils ont réalisé une étudedans laquelle ils mettent en évidence le sous-provisionnement dusecteur et établissent des projections sur les deux annéesà venir. «L'un des défis majeurs des sociétésde crédit à la consommation réside dans leur aptitudeà se conformer aux règles prudentielles de classificationet de couverture des créances en souffrance attendues pour le secondsemestre 2000«, note l'étude. Très vite, ces sociétésdevront d'une part procéder à l'assainissement de leur portefeuilleclientèle et d'autre part, accélérer leur effort deprovisionnement. «Cela impliquera immanquablement un essoufflementde la capacité bénéficiaire«, est-il souligné.Se basant sur des hypothèses de taux de provisonnement variant entre60 et 80% et d'un taux d'impayés compris entre 10% (1999) et 14%(2001), les analystes de MIT ont conclu à une insuffisance de provisionnementglobal du secteur estimée à 292,5 millions de DH àfin 1998. C'est ce qui explique en grande partie l'effort de provisionnementconsenti en 1999. Le rapport entre les provisions brutes moyennes et l'encoursbrut moyen des sociétés de crédit à la consommationcotées fait ressortir un sous-provisionnement important pour Crédoret Taslif, moyen pour Eqdom, Sofac et Diac Salaf et modérépour Acred et Diac Equipement. «La rentabilité future de cessociétés est tributaire de la stratégie qui sera adoptéepar chacune d'elles«, expliquent les analystes. Selon eux, les sociétésles plus prudentes devraient procéder à un provisionnementaccéléré de leur encours douteux pour concentrer, àterme, leurs efforts sur la rentabilité en prévision de l'impactdes récentes baisses du TEG.Le mode de calcul du taux d'usure dela profession est de plus en plus remis en cause par les intervenants cesdernières années. L'étude MIT a essayé de mettrela main sur «les limites du mode de calcul du TEG (Taux Effectif Global)«.Depuis son instauration en 1997, le TEG est calculé sur la base destaux d'intérêts débiteurs appliqués par l'ensembledes établissements de crédit au cours du semestre précédent,affecté d'un multiplicateur qui était de 1,7 qui a étéramené en octobre 1999 à 1,6. Les taux connaissant une érosioncontinue, le TEG, et les marges de la profession avec, vivent des pressionsà la baisse importantes. Toutefois, l'impact de la réductionde ce taux (notamment la forte baisse d'octobre) «ne se fera sentirqu'à partir de 2001«. L'éclatement au grand jour des problèmes de surendettementdes fonctionnaires est venu amplifier les effets de la crise déjàamorcée par les baisses du TEG. Les chiffres de la DRPP (ex-DOTI)(1)font état d'un effectif de 55.000 fonctionnaires touchant moins de1.000 DH par mois après règlement de leurs dettes. Des mesuresd'urgence ont été prises conjointement par les professionnelset les autorités de tutelle. Ces accords sont jugés rassurantspar les analystes.Globalement, la société de bourse reste optimiste quant auxperspectives d'évolution du secteur. En effet, la jeunesse de lapopulation, l'appréciation du niveau de vie ou encore le faible tauxd'équipement des ménages sont autant d'élémentsqui laissent présager un bel avenir pour le crédit àla consommation. Autre point positif qui joue en faveur du secteur, la restructurationentamée depuis quelques années: conception d'un plan comptablespécifique aux établissements de crédit, élaborationd'une centrale de risque, assainissement du réseau...En bourse, le secteur a été sévèrement jugépar le marché. Les investisseurs, qui étaient jusque-làtrès emballés par ces valeurs sont devenus méfiantset ont fini par bouder définitivement le secteur. L'équipede MIT a procédé à une évaluation par les comparablesboursiers des sociétés représentées àla cote. Cette analyse à été à l'origine d'unerecommandation neutre pour le court terme et globalement favorable àmoyen et long termes (voir tableau pour les recommandations par société).(1) Cf L'Economiste n° 746 du 14 avril 2000.

Rapprochements en vue
Vu le contexte actuel dans lequel évolue le secteur du crédità la consommation, les stratégies de croissance externes desociétés seront décisives. La baisse continue du TEGet la concurrence accrue imposeront tôt ou tard l'idée d'unadossement à des puissances financières. C'est la meilleuresolution pour améliorer les marges, réaliser des économiesd'échelle, élargir le réseau de distribution... L'étudede MIT envisage trois scénarios. Le premier serait l'adossement àun établissement bancaire pour les entités qui ne le sontpas encore. Le second est un rapprochement entre sociétésde crédit en vue d'une complémentarité dans les segmentscouverts (automobile, prêt personnel...). Cette solution apporteraitun plus à ces sociétés notamment en termes d'agressivitécommerciale et de structure de l'offre de produits. La troisièmeissue serait les partenariats stratégiques étrangers afind'améliorer le savoir-faire et la promotion de la notoriété.Une première expérience jugée concluante a étéinitiée par la BCM et Cetelem pour la création d'une filialespécialisée Attijari Cetelem.Hanaâ FOULANI

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