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    Entreprises

    Crédit à la consommation : Les petits et moyens revenus s'accrochent au prêt personnel

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

    Les banques ne prêtent qu'aux riches. Les petits et moyens revenus jugés peu rentables sont marginalisés. Les sociétés de crédit à la consommation prennent la relève et proposent un prêt personnel. En dépit du coût, la demande est en pleine expansion.


    Un "sur mesure" pour les petites et moyennes bourses. Le crédit personnel est en train de damer le pion au crédit ménager classique. Les sociétés de crédit à la consommation bataillent ferme sur ce créneau pour gagner ou conserver des parts de marché. A l'origine de cette offre qui s'est faite une place, le crédit ménager était souvent détourné de son objet. Pour subvenir à d'autres besoins, certains clients préféraient retirer directement de l'argent auprès du commerçant agréé en contrepartie d'une retenue, à la place du matériel objet du crédit. De fait, les revendeurs devenaient des financiers au détriment de leur métier traditionnel. Pour contourner cette pratique qui va à l'encontre des intérêts du demandeur, il s'agissait tout simplement d'accorder des crédits personnels aux clients, sans l'obligation d'être liés à une opération d'achat précise. Le demandeur reçoit un chèque barré afin de pouvoir financer tout projet personnel, entre autres un voyage, des études, une dépense imprévue ou l'achat d'un bien ménager. Le client a désormais le choix entre les deux offres qui, pour un montant similaire et une égale échéance, sont consentis au même prix.

    100.000 DH au maximum

    Le crédit personnel à été lancé en 1992 par Crédit Eqdom. D'autres sociétés de la place, notamment Sofac et Wafasalaf, s'y sont mises. Il s'adresse à une clientèle non éligible au crédit bancaire. Il s'agit généralement de fonctionnaires et de petits salariés du secteur privé ou de certaines professions libérales (sociétés individuelles). Le montant proposé est compris entre 4.000 et 100.000 DH avec une durée de remboursement de 6 à 36 mois en fonction du choix du demandeur.
    Les sociétés tablent sur la simplicité et la souplesse pour se renforcer. Wafasalaf propose même un crédit express par téléphone. Mais quelles que soient la formule ou les facilités offertes, elles s'entourent du maximum de garantie pour couper court aux contentieux. La preuve: il est indiqué que les créances provisionnées tournent autour de 10% des encours.
    L'offre semble bien trouver un créneau porteur vu la taille de la population jugée non rentable par le secteur bancaire. Autre facteur important et qui joue en sa faveur: la consommation des ménages a augmenté de 114% depuis 1984 à plus de 172,9 milliards de Dirhams en 1993. Cette forte progression n'a pas tiré dans son sillage les crédits destinés à la consommation. Ceux-ci avait atteint à cette date environ 2,5 milliards de Dirhams, soit 1,45% du montant global. Le potentiel de croissance est donc intéressant et la progression enregistrée par les prêteurs démontre sa vigueur actuelle. En effet, deux ans après son lancement par la Sofac, le crédit personnel représente 15% du portefeuille. L'objectif pour cette société est d'atteindre 20 à 30% pour l'exercice en cours. Quant au Crédit Eqdom, il a accordé 238,5 millions de Dirhams sous forme de crédit personnel en 1994, soit 39,58% de la production globale pour un total de 16.419 dossiers. Actuellement, le produit représente 45% des encours.

    Publication du taux effectif global

    L'offre est utile. Le revers est que les taux pratiqués sont jugés très élevés (au moins 21%). Et pour cause, les sociétés de financement ne peuvent pas recevoir du public des fonds à vue ou d'un terme inférieur ou égal à deux ans. De plus, elles ne sont pas spécialisées dans la collecte de l'épargne et il faut qu'elles soient agréées pour recevoir du public des fonds d'un terme supérieur à deux ans, comme le stipule la loi bancaire. Par conséquent, outre les fonds propres et les comptes courants associés, elles se refinancent auprès des banques. Résultat: les taux dépassent largement ceux du marché bancaire. Ils incluent, en plus du coût du financement bancaire, les frais de gestion et le coût du risque. Pour un directeur de société, l'accès au marché monétaire permettrait de faire baisser les taux de 2 à 3 points. Les titres de créances négociables, en particulier les bons des sociétés de financement, offrent cette opportunité.
    En attendant la décrue, le crédit à la consommation essuie quelques critiques. Il est souligné que les sociétés devraient faire preuve de plus de transparence en annonçant le taux effectif global (TEG) qui comprend le taux appliqué et les frais des dossiers. Il est par ailleurs indiqué que le produit constitue une aubaine pour les banques qui peuvent tranquillement éviter les sollicitations des petits comptes.
    De l'avis d'un responsable de société de financement, "on tend de plus en plus vers la spécialisation de la gestion des petits dossiers de crédit dont la lourde gestion nécessite une parfaite maîtrise de ce métier". Il explique que "la banque a une activité qui consiste à s'occuper des moyennes et grandes entreprises et de la gestion des grands portefeuilles des particuliers".

    Alié.Dior.Ndour.

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