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Crédit à la consommation: La croissance de l’activité se tasse

Par L'Economiste | Edition N°:2064 Le 14/07/2005 | Partager

. En 2004, près de 22 milliards de dirhams d’encours . ... soit une progression d’à peine 5% . Les sociétés de crédit durcissent leur dispositif Le crédit à la consommation se porte bien. Le risque est mieux maîtrisé et le portefeuille assaini, estime Abdelkrim Bencherki, président de l’APSF. Sauf que, conséquence «fâcheuse» de cette maîtrise du risque, une large partie de la population, se trouve exclue du crédit. Ce qui impacte déjà la croissance qui est désormais plutôt molle. A fin 2004, l’encours des crédits à la consommation s’est établi à 22 milliards de dirhams, soit une progression d’à peine 5%. - L’Economiste: Comment se comporte le crédit à la consommation? - Abdelkrim Bencherki: L’évolution récente des crédits distribués montre que le secteur est entré dans sa vitesse de croisière avec, comme toile de fond, une bonne maîtrise du risque et, partant, un portefeuille de qualité. Certes, on assiste depuis peu à une réduction du rythme de croissance de l’activité, mais cela est dû précisément à une meilleure maîtrise du risque. Même si, et nous le regrettons, des franges entières de la population sont de plus en plus exclues du crédit, en raison notamment de cette meilleure maîtrise du risque. A fin décembre 2004, l’encours des crédits à la consommation s’est établi à près de 22 milliards de dirhams, en progression de plus de 5%.- Vingt-deux sociétés dans ce secteur, n’est-ce pas trop pour la taille du marché? La consolidation est-elle inévitable?- Le secteur a connu des regroupements, des disparitions et des naissances. Les regroupements ont été dictés par des considérations de stratégie de croissance des maisons mères de certaines entités. Les disparitions sont dues à l’incapacité de quelques sociétés à se conformer aux exigences des fonds propres minimum requis par la réglementation. Si l’on analyse l’origine du capital des sociétés en exercice, 11 sont filiales de banques ou d’investisseurs institutionnels et totalisent 90% de l’encours des crédits à la clientèle. Les 11 sociétés indépendantes totalisent 10% de l’encours. Deux sociétés réalisent plus de la moitié de l’encours et six 80%. C’est dire que l’offre est déjà suffisamment concentrée. En fait, la taille des sociétés importe peu pourvu que les entités qui seraient appelées à se regrouper -si consolidation il doit y avoir- disposent des atouts jugés nécessaires pour la croissance envisagée. Cela peut porter sur le savoir-faire, la proximité... Et nous considérons que les «petites» sociétés ont encore des atouts non négligeables à faire valoir dans ce sens. Leur situation de 2004 montre d’ailleurs qu’elles se portent plutôt bien. Ce qui importe avant tout, c’est que les sociétés de crédit à la consommation s’adaptent à l’évolution du marché et anticipent les besoins des citoyens. A cet égard, le marché est loin d’être saturé. Je saisis cette occasion pour souligner un fait historique: les fonctionnaires retraités pourront désormais accéder au crédit.- Où voyez-vous le potentiel de progression du marché vu que l’essentiel des ménages solvables serait à la limite du surendettement? - La réflexion est en cours pour appréhender l’endettement des ménages. Les sociétés de crédit qui ont déjà ouvert ce chantier au sein de l’APSF, apporteront leur concours actif pour répondre à l’enquête qui vient d’être lancée par Bank Al-Maghrib sur la question. En attendant, les éléments dont nous disposons pour apprécier le phénomène se situent au niveau des fonctionnaires qui, rappelons-le, constituent la majorité des clients des sociétés de crédit à la consommation. Les chiffres montrent une baisse significative du nombre de fonctionnaires «surendettés » (qui disposent d’un salaire mensuel net de 1.500 dirhams après déduction des crédits contractés). De 77.000 en 1998, ils sont passés à 37.000 en 2000 et à 3.500 en 2003. La convention qui lie la TGR aux sociétés de crédit depuis octobre 1999 a permis d’améliorer sensiblement la situation.- Où en sont les chantiers sur la maîtrise du risque?- Considérées une à une, les sociétés de crédit ont mis en place des méthodes de scoring qui les aident à une bonne sélection de la clientèle et à une meilleure gestion du risque. L’APSF, quant à elle, participe à l’amélioration de la qualité des engagements de ses membres au moyen d’un système d’aide à la décision, dit Système d’aide à l’appréciation du risque (SAAR), qui constitue un complément indispensable aux méthodes instituées par chaque société. Le SAAR nous a valu dès son lancement les félicitations des autorités monétaires et il fonctionne à la grande satisfaction de ses adhérents. Nous nous employons à le développer et il est envisagé que les échanges entre adhérents qui touchent aujourd’hui les incidents de paiement soient élargis aux engagements de la clientèle. Le service central des risques de BAM est en voie de répondre aux attentes des sociétés de crédit, et ce en temps réel puisque les échanges de données sont appelés à s’effectuer par télétransmission. Enfin, le système de réservation-confirmation mis en place entre la PPR (Paierie principale des rémunérations) et les sociétés de crédit pour le traitement des demandes de crédit émanant des agents mandatés par la PPR constitue un dispositif qui permet également de border le risque. - Que faites-vous concrètement pour la protection du client et la lutte contre le surendettement des ménages? - L’APSF ne peut accepter l’effet pervers du crédit excessif, c’est-à-dire d’un crédit qui entraîne le surendettement. C’est pourquoi, très tôt, elle a mis en place des mesures pour protéger le client. C’est le cas des fonctionnaires avec la convention établie avec la PPR qui les empêche de s’endetter au-delà de leur capacité de remboursement. C’est aussi le cas de toute la clientèle avec le «nettoyage» du circuit de distribution et l’élimination des revendeurs coupables de malversations. Du reste, le crédit qui passe par les revendeurs ne concerne désormais que les enseignes modernes, sachant que les sociétés de crédit à la consommation développent le crédit direct. Sur le plan pédagogique, l’APSF s’est substitué à une association de consommateurs crédible en diffusant au plus grand nombre un guide qui informe le citoyen sur ses droits et devoirs et sur les conditions d’octroi du crédit. - Le système d’information est, semble-t-il, le maillon faible du secteur puisqu’on peut toujours s’endetter simultanément auprès de plusieurs sociétés?- Comme je l’ai signalé tout à l’heure, le SAAR permet aux sociétés de crédit de se renseigner sur les incidents de remboursement des clients qui s’adressent à elles. Tant que le client n’a pas d’incident, il est libre de s’adresser à une ou plusieurs sociétés de son choix. - Comment a évolué le taux des créances en souffrance? - Jusqu’à un passé très récent, il était difficile de faire la part des choses entre la montée réelle des impayés et le mode de déclassement des créances en souffrance. Certes, la part des créances en souffrance dans l’encours brut s’est accrue jusqu’en 2003, mais cela est dû non à une recrudescence des impayés, mais plutôt à une base de calcul élargie, en application de la circulaire de Bank Al-Maghrib relative à la classification des créances et à leur couverture par des provisions. - Quel est l’impact de l’application des règles prudentielles de Bank Al-Maghrib?- Nous considérons que la réglementation qui touche les établissements de crédit en général et sociétés de crédit a été des plus bénéfiques pour le secteur, même si pour certains aspects de cette réglementation, nous ressentons encore le besoin de délais supplémentaires pour nous y conformer. Il est vrai que le train de mesures applicables à nos métiers a été parfois si rapide que nous avons dû déployer au pied levé des moyens nouveaux, humains, matériels et informatiques, pour être au rendez-vous. Nous saluons en tout état de cause toute mesure qui participe à renforcer l’assise du système bancaire et nous permet de mieux connaître notre clientèle, d’améliorer nos procédures et de mieux border le risque.- Où en êtes-vous de la mise en conformité avec Bâle II? - Les dispositions du nouvel accord de Bâle sur les fonds propres ainsi que l’application des normes IAS constituent deux chantiers incontournables que nos sections ont ouverts dans le cadre de leurs plans d’action. Ces réformes s’imposeront, à plus ou moins brève échéance, aux sociétés de financement marocaines, ne serait-ce que par la filiation des plus grandes d’entre elles à des établissements de crédit européens. La démarche que nous adopterons pour la transposition du nouvel Accord ne pourra être que progressive pour tenir compte de la réalité de nos métiers et des moyens nécessaires à mettre en oeuvre.Propos recueillis par Khadija EL HASSANI

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