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    Entreprises

    Crédit jeune promoteur : Les entrepreneurs appelés à plus de rigueur

    Par L'Economiste | Edition N°:159 Le 22/12/1994 | Partager

    Les jeunes entrepreneurs ont des projets peu réalistes: les animateurs de la conférence sur la promotion de la création d'entreprise à El Kelaâ des Sraghna ont mis l'accent sur l'adaptation du projet au contexte socio-économique de la région ainsi que sur les mesures spécifiques d'encouragement à la création d'entreprise.

    Dès qu'ils ont ficelé leurs projets, les jeunes promoteurs perçoivent souvent le crédit comme un droit. Or, le crédit jeune promoteur n'est pas un droit, note M. Abdellatif Aqalal, responsable à la fondation BCP, l'appréciation des projets reste à la discrétion des établissements de financement; un projet, jugé fiable, bénéficie du financement. Lors de la journée de promotion à la création d'entreprises organisée à El Kelaâ des Sraghna(1), il a été relevé beaucoup de volonté de la part des jeunes venus des différentes régions du Maroc. Très motivés par leurs projets en main, ces derniers ont dénoncé les obstacles d'accès au crédit jeune promoteur. A ce niveau, précise un directeur de banque, plusieurs critères, négligés par les jeunes, sont indispensables pour la réussite de l'investissement. Il ne suffit pas d'avoir l'idée en tête, la volonté et l'enthousiasme, il faut aussi poser le projet et l'analyser objectivement, et ce sur le plan volume de financement et adaptation aux contextes économique et social de la région. Autre difficulté citée, l'aptitude des diplômés universitaires; ces derniers ne sont pas qualifiés techniquement à monter un projet. A ce sujet, souligne un responsable de la CNJA, la nouvelle loi relative au fonds pour la promotion de l'emploi des jeunes n'impose plus la compatibilité entre le diplôme et le projet. Néanmoins, pour des raisons de sécurité, les jeunes promoteurs doivent éventuellement passer des stages dans des entreprises du même secteur que leurs projets, est-il annoncé.

    Apprendre un métier

    En fait, suivre un stage, même s'il n'est pas rémunéré, permet d'apprendre un métier qui mène à l'entreprise; le stage est donc considéré comme un investissement préalable.
    Au cours de la conférence, d'autres thèmes ont été soulevés par les jeunes porteurs de projets: "l'étude du projet coûte cher", "les déplacements sont coûteux", "il y a plusieurs années que je cours derrière le crédit", "je ne crois plus au crédit jeune promoteur" ou "je veux qu'on m'accorde un deuxième crédit jeune promoteur afin de changer mon matériel", répètent-ils.

    Certains ont même demandé des actions dans les entreprises privatisées au lieu d'un crédit. Bref, les jeunes porteurs de projets "perçoivent encore mal le but de l'instauration du crédit jeune promoteur", note un banquier.

    Les responsables des organismes de financement souhaitent, pour les jeunes promoteurs bénéficiant du crédit, une meilleure gestion du projet. Il est rappelé aux jeunes entrepreneurs qu'il ne faut pas exagérer dans les achats de voitures personnelles ou dans les "voyages d'affaires". L'essentiel est qu'ils se prennent en charge et participent à la résorption du chômage et à l'augmentation de la valeur ajoutée dans la région, est-il souligné.

    Une cellule pour assister les PME

    Par ailleurs, il a été procédé dans la région de El Kelaâ des Sraghna, à la distribution de terrains industriels de 100 à 960m2, avec des facilités de paiement et de construction intéressantes, afin de "regrouper les activités industrielles dans une zone appropriée", note M. Mohamed Ali Admi, gouverneur de la province d'El Kelaâ. D'autre terrains agricoles de location sont prévus pour les jeunes entrepreneurs. Dans le même contexte, une cellule d'assistance-conseil à été créée il y a quelques mois à El Kelaâ. Cette cellule travaille sous tutelle directe de la Chambre de Commerce. Depuis son installation, près de 500 personnes ont sollicité l'appui de cette cellule, note Mme Saloua Benchlikha qui en est la responsable. 300 promoteurs ont effectivement bénéficié, à divers titres, de l'assistance de la cellule (information, assistance technique, orientation, conseil, formation, suivi...).

    Les projets assistés par la cellule ont vu la création de 16 PME et une en cours de démarrage.
    Cinq autres sont constituées sur le plan juridique et deux PME ont eu l'agrément de crédit. Et afin de participer à la promotion des articles industriels produits au niveau de la province d'El Kelaâ, la cellule organise dans les locaux de la Chambre de Commerce et d'Industrie une exposition permanente et un Salon des jeunes promoteurs.

    Hicham RAIQ

    (1) Voir notre précédente édition.

    Les vaches de M. Miloud

    Pour créer son entreprise à Rass El Aïn, dans la région d'EI Kelaâ, il a fallu à M. Miloud Houdzi "se battre" afin d'obtenir le crédit jeune promoteur. Il a choisi d'investir dans le secteur agricole et plus précisément dans l'élevage de bétail, la production de lait et de viande, et ce même s'il a poursuivi des études de droit, car il est avant tout agriculteur, fils d'un "fellah" de la région d'EI Kelaâ. L'entreprise qu'il a constituée est une entreprise individuelle agricole, en activité depuis deux ans. L'investissement global de son projet est de 558.000 DH, montant nécessaire pour l'achat du matériel et des machines, ainsi que des vingt vaches laitières de race étrangère (importées). Ces dernières vivent sur une superficie de 10ha, à hauteur de 2 vaches par hectare.

    Si la chèvre de M. Seguin n'a pu être sauvée par son propriétaire, M. Houdzi, lui, a fait le nécessaire pour éviter le même sort à ses "belles vaches". Mais la grande phobie n'est pas celle du loup mais du manque d'eau. Pour s'approvisionner en cette ressource vitale, M. Houdzi a pensé, au départ, effectuer une canalisation pour drainer l'eau jusqu'à son champ d'élevage de bétail.

    Le coût de l'opération étant de 3 millions de Dirhams, l'éleveur a préféré louer une terre à 10.000 DH l'an, il y a creusé un puits à 38.000 DH et a acheté un moteur à 60.000DH. Cette dépense est, selon lui, considérable mais nécessaire pour le "bonheur de ses vaches".

    Au total, M. Houdzi emploie six personnes et ce nombre varie selon les saisons et en fonction du travail. Comme la plupart des éleveurs de la région, M. Houdzi a dû changer ses vaches laitières contre d'autres vaches importées (races étrangères), car "cette opération, même si elle est coûteuse, nous permet d'augmenter notre productivité en lait qui est de 20 litres par vache et par jour, soit 400 à 500 litres par jour", précise l'éleveur. Ainsi, M. Houdzi pourra rembourser plus aisément le prêt octroyé par la banque.

    En fait, a expliqué un docteur vétérinaire lors d'un séminaire à Kelaâ des Sraghna, c'est la fécondation aléatoire et non organisée des vaches laitières de races pures qui diminue leur productivité en lait; celle-ci baisse en quantité et en qualité.

    Pourraient donc garder et bénéficier de la production laitière du même cheptel les éleveurs qui utilisent les méthodes modernes de fécondation telles que l'insémination artificielle (par la semence). Celles-ci permettront de rentabiliser les projets de production de lait, conclut l'expert.

    H. R.

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