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Courrier des Lecteurs

Par L'Economiste | Edition N°:3129 Le 15/10/2009 | Partager

10.000 ingénieurs: Le couac
. Ingénieur et Moul choukaraAllez voir les classes prépas dont les locaux sont toujours en chantier aux lycées My Youssef à Rabat et Abdelmalek Saadi à Kénitra, vous verrez comment les futurs ingénieurs, étudiants «brillants«, pataugent entre les madriers et les matériaux de construction. Ces chantiers, pilotés par des entreprises et des «moul choukara», ont pris des retards que les étudiants payent de leur avenir. Et, paraît-il, personne ne leur demande des comptes!I. G.. Vive l'égalité des chances! Le Maroc n'arrive à former que 3.000 ingénieurs. Sur ce total, 2.000 sont incapables de rédiger et de s'exprimer correctement. Comment peut-il en être autrement alors qu'au moins la moitié des enseignants des classes préparatoires et des écoles d'ingénieurs n'ont pas reçu une bonne formation. Il suffirait d'enquêter sur la question pour s'en convaincre. La stratégie officielle, qui consiste à privilégier la quantité au détriment de la qualité, conduirait à terme le pays à la catastrophe. Achchichine s'en moque éperdument et avec lui l'ensemble de la classe politique. Leurs enfants sont inscrits à la mission espagnole, française ou américaine. Vive l'égalité des chances! C. L.. Quelle injustice!C'est une histoire vraiment malheureuse ce qu'est en train de vivre une poignée de vrais bons éléments, qui sont pauvres bien entendu, mais intelligents. Ils font leurs classes préparatoires dans des conditions lamentables. Allez voir ce qui se passe à l'Inset de Mohammédia: des salles sans tableaux noirs, pas de machine à photocopier et pas de papier... Et chers Messieurs, ce sont les parents de ces étudiants qui se sont mis d'accord pour acheter le papier. Je crois que les Marocains doivent oublier le concept d’école publique. Elle est devenue une vraie illusion. Pour revenir au problème de 10.000 ingénieurs, je vais dire que le Maroc n'a qu'à se contenter des pseudo-ingénieurs qui «achètent» leurs diplômes chez les écoles privées soit ici au Maroc, en France ou ailleurs. Quel malheur et quelle injustice pour ceux qui sont pauvres, mais intelligents. T . D.. Quel couac?Je suis surpris. C'est maintenant que l'on se rend compte que l'opération va être un couac. Pourtant, quand on dispose d'un système éducatif aussi pitoyable, on devrait le savoir. Je résume, quitte à faire des raccourcis:1/ L'enseignement primaire est bâclé2/ Le collège c'est pire3/ Le lycée c'est la catastropheSur le petit nombre de rescapés qui arrivent à décrocher le bac avec mention, il y en a une minorité capable d'assumer des fonctions d'ingénieur. Mais ce n’est pas grave, notre cher ministère veut distribuer les diplômes d'ingénieur comme il distribue ses doctorats à des incompétents mal formés qui vont grossir les rangs des «diplômés-chômeurs«. M. le ministre, ne vaut-il pas mieux former 5.000 bons ingénieurs que saboter leur formation en leur adjoignant 5.000 bras cassés?PS: Je suis moi-même ingénieur d'Etat (grande école en France) et si je suis amené à recruter un ingénieur formé au Maroc, j'aimerais être sûr de la qualité de sa formation. Une entreprise n'est pas une assistante sociale. Elle n'est pas là pour suppléer l'Education nationale. En bref, galvaudez le diplôme si vous le souhaitez, mais sachez qu'une entreprise recrute des compétences... pas un diplôme!M. N.

Conseil économique et social: Les priorités
. ObservationJe vous écris au sujet de la chute de votre éditorial du lundi 12 octobre 2009. Vous avez écrit à propos du Conseil économique et social: … ce projet dépend surtout des hommes qui le portent. Surtout le choix du président qui donnera le rythme. Je vous rappelle que ce pays est constitué d’hommes et de femmes, et qu’il ne faut pas l’oublier. Donc, votre propos et vos éditoriaux devraient en tenir compte: ce projet dépend surtout des hommes et des femmes qui le portent. Surtout le choix du président ou présidente qui donnera le rythme. Cet oubli est d’autant plus grave de votre part que le lendemain était la journée nationale de la femme, le 10 octobre, pendant laquelle Mme la ministre a annoncé le lancement de l’agenda de l’égalité 2010-2012 et à laquelle vous n’avez même pas consacré une ligne.Hind Jalal. Quel Conseil?Le Conseil économique et social est l’un des piliers de la bonne gouvernance au Maroc. Non seulement parce que c’est prévu par la Constitution du pays avec laquelle toutes les parties prenantes doivent être en conformité, mais aussi et surtout parce que ce conseil est censé élargir le champ de participation dans la construction du Maroc de demain. Mais, et il y a un grand mais: il faut se garder d’en faire une instance (pour la nième fois) pour des gens qu’on veut caser quelque part «pour services rendus» et on peut justifier une gratification sous forme de salaires. Le rôle du conseil est fondamentalement consultatif pour les pouvoirs exécutif et législatif; mais quels seront les mécanismes institutionnels et légaux qui forceront ces pouvoirs à écouter ou même à mettre en œuvre ces avis consultatifs du CES? Comment s’assurer que ce conseil se positionne sur la ligne étroite et délicate de force consultative réelle sans outrepasser ses prérogatives consultatives pour se positionner en tant que tyran? Une autre coquille vide ou un tyran? On ne veut ni de l’un ni de l’autre!!! Et quel serait l’apport de la communauté marocaine à l’étranger? Des figurants symbolisant la représentation ou bien des forces qui contribuent avec les «success stories» des pays de leur résidence? Il serait d’ailleurs intéressant d’analyser l’Ecosoc (Economic and Social Council) des Nations unies (qui joue un rôle similaire au niveau du système des Nations unies) et qui se réunit chaque année à Genève, pour voir son rôle, ses atouts et ses handicaps dans le système des Nations unies. Les cadres des affaires étrangères doivent en savoir quelque chose puisqu’ils y vont chaque année. Une bonne occasion pour mettre à profit leur savoir en la matière. Des nationaux qui ont travaillé dans le système de l’Onu pourraient aussi contribuer si on leur demande. Il ne s’agit pas de créer un CES pour se conformer aux directives royales, mais il s’agit plus de se conformer à sa vision et à sa philosophie démocratique. B. G.

Que faire contre le harcèlement des profs dans nos facultés?
. Et pourtant c’est l’éliteQuelle humiliation pour ces gens qui font ce genre de propositions ou chantage, une honte que d’en arriver à ces bassesses. Et pourtant c’est l’élite.M. A.. Les occasionnellesBeaucoup de jeunes étudiantes sont harcelées sexuellement ou pratiquent la prostitution occasionnelle pour arriver à un diplôme.K. S.. A quand une loi anti-harcèlement?J’ai passé deux ans à la faculté des sciences, Université Chouaib Dukkali à El Jadida et deux ans à la Faculté des sciences Aïn Chok. Le harcèlement sexuel dans ces deux facultés, j’en ai vu beaucoup. Les professeurs abusent de leur pouvoir et menacent les étudiantes afin d’arriver à leurs fins. Un autre phénomène c’est celui du harcèlement dans les lycées. Bien sûr, je n’ai jamais été victime de l’harcèlement car je suis un garçon, mais j’ai eu toujours de la pitié pour les filles. Quand est-ce que la loi anti-harcèlement verra le jour? On le voit partout, on ne peut plus se balader tranquillement avec nos femmes.K. A.. La crise Ce qu’a connu la faculté des sciences d’Agadir n’est que les répercussions de l’état lamentable de la faculté. Et si on pose la question suivante: pourquoi nous en sommes là? Je crois que la réponse est la suivante: c’est le fait de donner aux professeurs une autorité absolue sur l’avenir des étudiants sans contrôle. Exemple: les examens sont corrigés par les mêmes professeurs de la classe, ce qui donne l’impression aux étudiants qu’ils doivent obéir à tous les désirs des professeurs s’ils ne veulent pas échouer dans leurs examens. Or, les examens doivent être corrigés dans d’autres facultés et tout contrôle écrit ou pratique doit être encadré par d’autres professeurs. Je crois que cela va réduire les abus et la marche extravagante de l’université. Mais la situation actuelle est déplorable.B. M.. Exception ou accident C’est vraiment inadmissible de parler de ce phénomène sans le contextualiser et ne pointer du doigt que ce qui est supposé être un cas isolé. Il faut bien comprendre que dans le cadre d’un néolibéralisme sauvage imposé, quand on veut faire pourrir un secteur quelconque dans le but de le tuer, on n’a qu’à lui donner un mauvais nom afin de l’étrangler comme disent les Anglais (give a dog a bad name and hang him). Vous pouvez bien constater l’état lamentable que le secteur de l’éducation publique a atteint. Dire que c’est le corps enseignant qui en est responsable est équivalent à ne voir que l’arbre qui cache la forêt. Comment peut-on réussir la privatisation du secteur sans montrer du doigt le corps enseignant, sans minimiser les dépenses à travers une restructuration du secteur qui ne vise qu’à avoir plus d’étudiants ou d’élèves dans le même groupe aux dépens de toute forme de qualité ou de conditions humaines décentes (56 élèves dans des salles de 30 ou 35 maximum), sans parler d’autres mesures...(salaires, horaires, programmes inadaptés, enseignement au service du marché et du patronat et ainsi de suite). Le harcèlement sexuel ne peut être confiné dans les universités ou lycées, mais il faut le voir dans sa globalité et dans tous les secteurs de la vie.N.B: Ce ne sont pas les enseignants qui sont à l’origine de la malédiction. Les professeurs ne sont pas des monstres comme laissent entendre quelques-uns. Le cas d’Agadir ce n’est qu’une exception ou accident à ne pas généraliser. T. Z.

Accident du travail: C’est l’affaire de tous!
. Accident du travail ou de circulation, même creusetUne usine est un ensemble d’engins (véhicules) sous la responsabilité d’opérateurs (chauffeurs) qui exécutent des opérations selon des manuels d’utilisation (code de la route) dans des espaces déterminés (réseau routier). Alors, où est la différence? On peut même y ajouter les accidents domestiques: électrocution, explosion du gaz, intoxication, brûlures… Si vous comptabilisez tous les dégâts très graves causés par ces accidents, vous arrivez à un résultat affolant: un septième de notre population est considéré comme handicapé. Un autre handicap qui est en train de grignoter la population, c’est le vieillissement. Un vieillard qui a perdu ses capacités devient un handicapé. Voyons, nous sommes quand même un peuple qui mérite d’avoir une technologie et de bénéficier des progrès de la médecine? Si c’est oui, allons, soyons sérieux, essayons de sous-traiter la sécurité dans une usine ou sur une autoroute. La sécurité est une «science» qui n’est pas encore sérieusement introduite au Maroc. Malheureusement, les industriels la considèrent comme une contrainte similaire à celle de l’environnement.M. I.. Système de managementTout d’abord, il convient de préciser que la prévention des risques d’accident du travail reste l’affaire de tous: les employés, les entreprises et la société. S’agissant des entreprises, elles doivent adopter un système de management relatif à la santé et à la sécurité du travail, souvent abrégé SMSST. Ce dernier facilite le management des risques associés à l’activité de l’entreprise et comprend les activités de planification, les responsabilités, les procédures, les moyens nécessaires de prévention. Bref, tout l’organisme de santé et sécurité sociale. Pour les employés et les ouvriers, ils sont invités à respecter et suivre à la lettre les procédures de sécurité édictées par la hiérarchie. Sans oublier le rôle des compagnies d’assurances, elles doivent exiger des normes préventives avant de donner leurs accords pour garantir le risque d’accident du travail et sans négliger le rôle de l’inspecteur de travail. A. E.

Divers
. Droit de grève: La dernière mouture La confection de cette loi reflète le revirement de l'équilibre des forces qui est apparemment, ces derniers temps, du côté du patronat. Les centrales syndicales subsistent grâce aux «feintes« exécutées avec hardiesse et subtilité. Elles ne peuvent plus tenir face au savoir-faire du «Capital«. Les travailleurs, les salariés et les employés, avec leurs 16 centrales syndicales, doivent adhérer à une autre culture, celle de la négociation et de la participation. La lutte des classes est révolue.M. I.. Climat des affaires: Exploitation et abusImaginez un jeune qui arrive de quelque part où le décor n’est que désolation, généralement d’un bled perdu. Imaginez qu’il arrive sur le chantier d’une entreprise de construction dans une ville où il n’a ni gîte, ni parent, ni ami. Coincé, il accepte de travailler dans les pires des conditions. Pas de CNSS, ni couverture médicale, ni assurance accident, ni horaire fixe, ni heures supplémentaires rémunerées. Rien! Et bien entendu, quand arrive un accident où la victime est un inconnu, un X, son corps passe quelques jours à la morgue et puis on n’en entend plus parler. Que de cas n’avons-nous pas connus dans cette ville du boom immobilier des années 80 et du blanchiment d’argent!!!C’est certain que les responsables réagiront par les textes, les lois, les circulaires, etc., mais sur le terrain? Comment fonctionnent les choses?Il en va de même pour des jeunes femmes ou des demoiselles qui sont recrutées dans des usines, sous des «statuts d’essai» qui peuvent s’éterniser, dans des conditions de prévention inexistantes. Certes des efforts sont faits, des textes sont pondus, des syndicats revendiquent, mais la mentalité résiste à toute initiative de justice, de droit, de démocratie, de règlement.... mentalité ou héritage culturel qui frôle l’esclavagisme, d’un côté, et, par ailleurs, encourage d’autres patrons d’Europe à faire de même vis-à-vis de ces travailleurs malheureux. I. B.

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