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    Culture

    Courrier des lecteurs

    Par L'Economiste | Edition N°:1985 Le 24/03/2005 | Partager

    Sommet arabe à Alger: Les doutes

    . Hibernation J’espère que le moment est enfin arrivé pour que les dirigeants arabes se réveillent de leur sommeil qui a duré assez longtemps. J’espère aussi qu’ils commencent à réaliser le danger d’être têtu et orgueilleux. Mohamed El Y.. Parole, parole Comme tous les autres sommets, il ne faudrait s’attendre à aucun miracle. A mon avis, les décisions de réformes politique, sociale et économique qui vont être prises traîneront comme d’habitude sous différents prétextes pour ne jamais voir le jour. J’ai lu dans un journal étranger cette observation: «Arab states are dumb» (muets ou sots) Sans commentaire. Internaute . Maîtres du destin Depuis le création de la Ligue arabe, ces réunions n’ont apporté aucune décision positive. Tant que les pays ne sont pas maîtres de leur destin, il ne peut y avoir aucun progrès. Taali . Sceptique On ne peut qu’être sceptique quant au bilan escompté de ce sommet arabe à Alger. La Jamiya Arabia n’est qu’une entité virtuelle où les membres sont en course acharnée pour gagner la bénédiction de l’oncle Sam. Maroc-Algérie, Mauritanie-Lybie, Egypte-Soudan, Lybie-tout le monde: tous ces conflits, qui empoisonnent l’atmosphère des sommets ne sont hélas jamais à l’ordre du jour. Tatif . Sans suite Je ne crois pas à ce Sommet arabe: une «réunion tam-tam». Le monde arabe doit reconnaître sa défaite totale et humiliante, qui peut-être va le vacciner contre la dictature, la corruption et le désordre qui le domine depuis plus de 50 ans. Tant que le monde arabe vit son présent et son futur dans son passé, aucune évolution ne sera acquise. Le progrès ne peut s’acquérir que par une société animée d’une liberté et une grande mobilité sociale. Aujourd’hui, il faut accepter des solutions pragmatiques (…). La politique du monde arabe est vraiment louche. L’Egypte, la Jordanie et le Qatar ont des relations diplomatiques avec Israël, le Maroc qui est à 3.000 km risque d’être mal vu s’il noue des relations avec cet Etat! Je ne crois pas à l’unité du monde arabe pour le moment, nous sommes plus près de l’Algérie et l’Espagne que de ce monde compliqué. E. M. . Prenons l’exemple Nous, Marocains, nous n’avons rien à espérer de ces sommets arabes. Travaillons, étudions, soyons civiques et des citoyens responsables et regardons ce qu’ont fait les Européens pour arriver là où ils sont. C’est avec du travail qu’on arrive et nous les Marocains nous travaillons peu. Aziz. Déchirure Le sujet du Liban a pris une ampleur internationale et tel était l’objectif principal des Etats-Unis. Mais je pense que les pays arabes sont capables de résoudre ce problème sans avoir à faire appel à l’opinion internationale, c’est l’occasion ou jamais de trouver un accord. Il faut mettre en exergue toutes les mesures possibles pour éviter une guerre qui ne fera qu’amplifier la déchirure des pays arabes. Monjid . Pragmatisme A part féliciter les Syriens du retrait du Liban tout en demandant de collaborer plus en Irak, Bouteflika a fait une démonstration de pragmatisme (…). L’amère réalité me pousse à dire que l’incitation au progrès dans les pays arabes ne se fera qu’à travers la volonté de l’Occident ou bien d’une révolution interne. Je pense qu’après le malheur de la Palestine ainsi que celui de l’Irak, il fallait mettre fin à cette Ligue. Tous les sujets qui seront abordés lors du sommet arabe sont connus d’avance de même que les conclusions. Il serait plus intéressant de proposer un thème où sera discuté par exemple ce que la Ligue peut faire pour le conflit maroco-algérien. Compatriote


    Modernisation de la presse

    . Lignes rouges La liberté de la presse a régressé en 2003 au Maroc, où plusieurs journalistes ont été arrêtés et condamnés à la prison avant de bénéficier d’une grâce royale. Ce qui confirme sans aucun doute, la volonté de l’Etat de contrôler la presse d’une manière répressive tout en traçant des lignes rouges. On ne peut imaginer un quelconque développement démocratique dans notre pays tant que l’Etat continuera de se comporter avec hypocrisie et prudence vis-à-vis de la liberté de la presse tout en aspirant à la «contrôler» ou à la «menotter». La loi antiterroriste a été adoptée par le Parlement dans la foulée des attentats de Casablanca du 16 mai 2003, qui avaient fait 45 morts. Cette loi dont des dispositions pénalisent l’action journalistique a également placé les journalistes sous la rubrique des terroristes. La situation fragile dans laquelle se trouvent de nombreux organes de la presse écrite a contribué à assombrir l’image du paysage médiatique marocain qui reste marqué notamment par la faiblesse des tirages et le développement insuffisant du lectorat. Yassine I.. Pure démagogie Dire que les journaux se vendent mal au Maroc serait de la pure démagogie. Mais quels journaux? Les étrangers et les non-partisans. La question que chacun pourrait bien se poser: pourquoi? C’est tellement simple qu’on ne veut pas y croire: il n’y a pas de journalistes. Il n’y a que ceux qui achètent un stylo de l’épicerie du coin, pour se permettre de dire, je vais massacrer telle ou telle personnalité. De plus, il suffit d’être déclaré par «le groupe» comme journaliste, pour commencer à demander des gratuités: train, car, café… De faux lettrés, comme ces journalistes du sport qui commentent toutes les disciplines sportives, mais en vérité ils ne savent rien. Simo . Que des discours! A quoi cela sert-il de nous bassiner avec des professions de foi sur la modernisation et en la mise à niveau de la presse marocaine si l’on n’est pas capable ou désireux de se donner les moyens de passer des discours aux actes? Lorsque des professionnels aguerris (en recherche d’emploi ou non) de ce secteur offrent leurs services, on les ignore, on les regarde avec des gros yeux et on se dit «celui-là [ou celle-là] va sûrement me demander un salaire élevé, alors je préfère tirer profit au maximum d’une équipe moyenne ou passable et m’en contenter, du moment que l’argent rentre dans les caisses». Ce discours du patron de presse est plus courant qu’on veut bien l’admettre, et les voeux pieux (sur la professionnalisation du secteur) n’ont pas fini d’être diffusés. Mina V.. Constat J’ai quitté le Maroc il y a 4 ans et je suis l’actualité de mon pays de très prés via Internet et la radio. Côté prix: je trouvais et je trouve que les journaux sont chers d’où la nécessité de la subvention de l’Etat, sans contrôler la presse, pour permettre à tous ceux qui veulent et non ceux qui peuvent, d’acheter un journal, une revue… En ce qui concerne le contenu: je trouve qu’on parle peu du social, d’info régionale, des jeunes et des femmes, de la culture marocaine (on peut écrire des milliers de pages) au lieu de s’attarder sur les dossiers comme les condamnations des ex-dirigeants, des procès... qui sont les affaires des juges (…). Les intellectuels doivent collaborer avec les hommes d’affaires pour développer les radios et les télévisions (en tamazight et darija) pour informer, éduquer et sensibiliser cette population analphabète. Aziz . Drôles de pratiques!Bonjour, je viens de rentrer de l’étranger après quelques années de service au Canada et en France. Je suis donc en train de prospecter les opportunités d’emploi dans mon domaine. A ma grande surprise (désagréable d’ailleurs) quelques cabinets de recrutement de cadres me donnent des formulaires à remplir...sauf que sur ces formulaires figurent des questions sur les fonctions des parents, des frères et des soeurs... ce que je trouve scandaleux et impertinent. Est-ce que cela a rapport avec ma compétence ou mon savoir-faire!! Mon milieu social compte-t-il tant que cela pour mes futurs employeurs? Un candidat, qui s’appellerait Berrada ou Bennis dont les parents occupent des fonctions libérales, est-il naturellement plus apte à remplir ses futures fonctions que moi?? Je n’irais pas jusqu’à demander à ce que l’on instaure une réglementation à la nord-américaine où demander l’âge, le sexe ou la photo du candidat est passible d’amende mais j’espère au moins que ce genre de cabinet qui recrute des cadres (supposés être les élites) donne l’exemple et délaisse cette mentalité tribale! MerciYoussef Z., ingénieur informaticien. Tout cruJe me demande pourquoi on s’obstine à fêter la journée du consommateur chez nous. Au Maroc le consommateur est consommé tout cru! B.. Transposition dangereuseJ’étais un peu choqué de voir un message dans la partie «courriers des lecteurs» de la semaine dernière un message qui a été inspiré d’un site kabyle que je trouve raciste. Autant que l’acte, s’il est avéré, doit être condamnable par tout citoyen et non faire appel à tous les amazighen comme si cet acte odieux ne les concerne qu’eux. Ce courant est connu par son militantisme antiarabe, et il ne faut pas que ces gens-là transposent le problème kabyle au Maroc, en utilisant le repli identitaire.Mohamed G.. HygièneBravo à L’Economiste pour tout ce que vous faites; je ne pense pas que vous ayez besoin qu’on vous le dise, mais moi j’ai besoin de le dire, je ne peux pas m’empêcher d’exprimer ma satisfaction devant un acte d’excellence donc bravo!Amina H. Responsable hygiène et sécurité. Chèques: Et l’Etat? Il me semble en premier lieu, que l’Etat doit s’impliquer dans ce circuit bancaire pour contrôler les règles du jeux sur la circulation des chèques et lutter contre les chèques sans provision; En tant qu’acteur très important il doit être considéré comme une entité, comme une société. Car pour toutes transactions avec l’Etat vous devez avoir des chèques certifiés. Donc commençons à mettre en place des articles de loi qui organisent les transactions. Hicham Jb., Casa . Amendes et corruptionCe qu’on va payer en cas d’infraction au nouveau code de la route dépasse notre niveau de vie. Des amendes importantes vont être imposées à une population dont le revenu moyen est de quelque 1.500 DH par mois. (…) 7.000 DH par exemple en cas de non-respect d’un feu rouge ou d’un «Stop». C’est une amende lourde, très lourde et même trop exagérée. C’est vrai que les dispositions de cette loi entendent sensibiliser, éduquer l’ensemble des usagers de la route pour la sécurité de tous, mais il ne faut pas que ce soit un subterfuge pour rapporter un maximum d’argent et non pour endiguer le fléau. C’est toujours l’agent de la circulation qui juge si l’infraction a eu lieu ou non. Il faut penser au système de flashage qui n’existe toujours pas. Ce dispositif de contrôle automatisé visera à faciliter la constatation, sans interception des véhicules, de certaines contraventions au code de la route. Je reste cependant assez sceptique quant à la mise en place d’un tel système dans le contexte actuel, mais on peut toujours espérer... Aziz O.


    . Débat sur les languesJe suis choqué par l’argumentaire développé par le professeur Bentolila sur l’enseignement des langues minoritaires. Dans le processus d’aliénation linguistique, la disparition du tamazigh ou de l’occitan au profit de l’arabe ou du français n’est qu’une première étape vers l’uniformisation des esprits en anglais... Il est donc légitime de la rejeter, non seulement pour cela, mais aussi parce qu’un bilinguisme précoce favorise l’apprentissage d’autres langues et parce que chaque langue présente une vision du monde différente et enrichit chaque individu.Jean François Blanc, linguiste. Reponse du Pr. BentolilaLes gens, même ceux qui se disent linguistes, ne savent plus lire avec le soin et la précision nécessaire à qui veut saisir une pensée qui n’accepte ni la démagogie ni la simplification abusive. On manie des concepts confus comme «l’aliénation linguistique» et on accepte que 50 % des Marocains soient analphabètes . On s’en tire à bon compte en appelant au bilinguisme sans se rendre compte que ce concept implique une véritable égalité des deux langues en termes de statut social et d’univers de communication ; ce qui n’est malheureusement pas le cas pour l’amazigh et le français ou l’arabe. Pour l’instant, sauvons des enfants en leur permettant d’apprendre à lire dans la langue qu’ils parlent, celle de leurs mères; et donnons, leur sur cette base nécessaire la chance d’apprendre à lire en arabe et en français et aussi... en anglais afin qu’ils aient une chance minimum de se tracer dans le monde un chemin qui soit le leur. La vraie conscience politique c’est de distribuer avec équité les armes linguistiques, celles qui permettent de résister aux discours et aux textes sectaires et intégristes. Pour résister, il faut maîtriser justement la langue dans laquelle on nous manipule, celle dans laquelle on nous ment; la langue dans laquelle sont écrits les textes qui enferment et qui excluent. S’emparer de la langue dominante est une nécessité pour qui refuse de s’en laisser conter ; ceci ne signifie en rien que l’on abandonne sa langue et sa culture maternelles ; bien au contraire, elles sont les fondements des apprentissages nouveaux car nul ne construira la maîtrise d’une langue dominante sur les ruines de sa langue maternelle. Alain BENTOLILA Professeur de linguistique à la Sorbonne
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