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    Economie

    Coup de tonnerre dans les hôtels: 52 établissements déclassés

    Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager

    Coup de tonnerre dans les milieux touristiques: la Commission Nationale de Classement des Etablissements Touristiques a procédé au déclassement de 52 hôtels, dont certains très connus et de standing.Au cours de 1991, la Commission a visité 6 villes: Agadir, Casablanca, El Jadida, Fes, Tanger et Tétouan. Elle a inspecté 213 établissements. L'émotion est considérable dans la profession, mais le ministère défend fermement son point de vue en s'appuyant sur l'image de l'hôtellerie marocaine.


    Les 213 hôtels inspectés représentent 47% des établissements du Maroc et comptent 40.650 lits. 52 établissements ont été déclassés soit 11.200 lits. Par contre, 9 hôtels ont été reclassés ce qui représente une capacité de 1.830 lits reclassés plus 3.000 lits en travaux. En outre, 15 ont été nouvellement classés soit une capacité de 4.590 lits nouveaux. Enfin, 9 établissements ont été purement et simplement déclarés fermés. Les motifs de la fermeture sont divers: ces établissements avaient déjà été fermés par leurs propriétaires, ou bien il ne repondaient plus aux normes de salubrité, de gestion, de comportement ou de moralité, précise-t-on de source proche de la Commission.
    La Commission a maintenu dans le classement initial 128 hôtels.
    On notera aussi que parmi les 9 établissement reclassés figurent les hôtels tels que le Safir d'Agadir, le Siaha et le Saâdi de Marrakech... les autorités de tutelle soulignent à leur propos "l'effort qu'ont fait ces établissements pour retrouver leur niveau d'origine".
    Rappelons que le parc hôtelier marocain comprend 445 hôtels classés:
    · 33 hôtels de cinq étoiles, soit 13.055 lits.
    · 116 hôtels de quatre étoiles, soit 30.500 lits.
    · 100 hôtels de trois étoiles, soit 10.157 lits.
    · 107 hôtels de deux étoiles, soit 6.629 lits.
    · 89 hôtels de une étoile, soit 4.061 lits.
    Les villages de vacances touristiques disposent de 16.589 lits et les résidences touristiques de 7.587 lits.
    Le Maroc dispose en tout, d'une capacité de 88.578 lits.

    "Emotion considérable"

    Si aucune catégorie particulière d'établissement n'est plus touchée qu'une autre par le déclassement, par contre, on observe que des villes sont plus concernées que d'autres: Tanger et Fès.
    Entre Agadir, Fès et Tanger, 3 hôtels de 5 Etoiles ont été déclassés, 15 hôtels de 4 Etoiles, 9 hôtels de 3 Etoiles, 4 villages de vacances (1ère et 2ème catégorie), 6 hôtels 2 Etoiles, 1 restaurant et 3 hôtels une Etoile. pour la ville de Tanger, 22 établissements ont été déclassés, dont un 5 Etoiles et dix 4 Etoiles.
    Tous ces établissements ont six mois pour se remettre à niveau.
    Les décision de la Commission ont provoqué une "émotion considérable" dans la profession.
    Pour L'Economiste, des professionnels soulignent que les décisions interviennent "au plus mauvais moment". On remarquera que de manière générale, ce ne sont pas les normes ou le travail de la Commission qui sont en cause, mais bien plutôt le "timing".

    Les critiques formulées par des hôteliers portent sur cinq points:
    1) au cours de l'année 91, le parc a été éprouvé par les conséquences de la Guerre du Golfe;
    2) les hôteliers ont consenti "les plus grands sacrifices" pour maintenir l'emploi, donc leur capacité financière est réduite;
    3) la reprise apparait et le déclassement réduira la capacité a en saisir les opportunités;
    4) les programmations d'été 1992 sont déjà faites, le déclassement va géner les relations avec les T.O. étrangers;
    5) les décisions de déclassement nuisent à l'image du produit marocain.
    Le cinquième point fait bondir d'indignation les responsables du ministère du Tourisme: "C'est le consommateur qui compte dans cette affaire, et que va-t-il dire du Maroc si le service n'y est pas conforme aux normes pour lesquelles il a payé son séjour!"

    Les autorités se montrent fermes

    La Commission Nationale de Classement des Etablissements Touristiques (CNCET) entend à travers son action "redorer le blason" du produit touristique "Maroc".
    En fait si les déclassements ont provoqué de fortes réactions dans les milieux professionnels, ce n'est pourtant pas la première fois que de telles sanctions sont prises.
    Le déclassement des hôtels est une entreprise "permanente" indique-t-on au ministère, en précisant que la normalisation des établissements date d'avant l'Indépendance et que les textes ont été constamment mis à jours depuis. La Commission s'appuie aujourd'hui sur l'arrêté 899-84 pour prendre ses décisions de classement ou déclassement.
    Ainsi depuis 1980, 163 hôtels ont été déclassés, 73 pendant la période 80-87, 38 entre 87 et 89 et 52 en 1991, rappelle le ministère.
    Il n'est reste pas moins que la profession a l'impression que les contrôles lui sont "tombés dessus" à l'improviste, après plusieurs années de "laisser faire". Signe de l'émotion, quelques professionnels sont encore persuadés que tous les hôtels visités ont été déclassés.

    Procédure progressive

    En réalité le déclassement s'est fait selon les normes de classement des établissements touristiques fixées par arrêté du ministre du Tourisme n° 899.84 du 22 Rebia 1407 (25 Novembre 1986). Il s'agit d'un très long texte, comportant foule de détails sur les caractéristiques des établissements: services, équipements, gestion, recrutement du personnel... C'est la Commission Nationale de Classement des Etablissements Touristiques (C.N.C.E.T) qui a pour tâche de déclasser ou reclasser les hôtels, après inspection.
    Cette commission paraît largement représentative. Elle est composée du représentant du ministère du Tourisme, des représentants du Gouverneur, du chef de la division économique, du délégué du tourisme, du chef du service d'Hygiène ou du médecin chef de la Préfecture ou de la Province, du représentant de la Sûreté nationale, du représentant de la Protection civile, des représentants des élus locaux, de la Fédération Nationale des agences de voyages, de la Fédération de l'industrie hôtelière et du Président National de la Fédération Royale des Syndicats d'Initiative.
    A cette commission peut s'adjoindre pour avis toute personne dont la compétence pourra être utile.
    Les travaux de la Commission ont été plutôt discrets par le passé, y compris lorsqu'elle a pris des sanctions.

    Ce n'est que récemment que la Commission a fait parler d'elle. L'ensemble de la profession hôtelière lui reproche d'agir trop "brutalement", et ce, après une année de crise.
    Or, d'après de hauts responsables du ministère du Tourisme, "la crise n'est qu'un prétexte" car elle a coïncidé avec la période basse qui, par ailleurs, devrait favoriser les investissements, estiment les proches de la Commission.
    Il est important de signaler que le déclassement d'un hôtel est une procédure longue. Après la visite de la Commission, l'hôtel concerné recoit plusieurs avis invitant à des aménagements et à partir du dernier avis, qui comporte l'annonce du déclassement, il dispose d'un délai de 6 mois pour entreprendre les travaux nécessaires. En pratique, si les travaux sont réalisés de manière satisfaisante, l'hôtel retrouve son classement initial, sinon un deuxième préavis lui est adressé avec une invitation ferme à entreprendre les travaux dans les plus brefs délais. La Commission, envoie entre 3 et 5 avis avant de procéder définitivement au classement de l'hôtel dans la catégorie inférieure, précise-t-on au ministère.
    Néanmoins, on peut s'attendre à ce que les professionnels demandent plus de rigueur dans la procédure, notamment que l'on fixe avec plus de précision, le nombre d'avis, qui varient pour l'instant d'un hôtel à l'autre.

    Adil LAZRAK

    Les principales infractions aux normes relevées
    dans les établissements sanctionnés

    Voici les principales défaillances relevées dans certains hôtels (toutes catégories):
    1) Qualité du service non-conforme à la catégorie
    2) Absence de système de climatisation au niveau des locaux communs
    3) Qualité de l'ameublement et du mobilier
    4) Mauvaise conservation des produits alimentaires et présence d'aliments avariés (foie contaminé) viandes provenant d'abattage clandestin
    5) Présence d'animaux au niveau de l'hôtel
    6) Personnel non initié aux moyens de lutte contre l'incendie
    7) Absence d'une salle de conférence
    8) Carrelage détérioré
    9) Absence d'un parking abrité
    10) Personnel non soumis aux visites médicales
    11) Risque d'écroulement du mur abritant les citernes de gaz
    12) Entrée de l'hôtel mal aménagée
    13) Présence d'ustensiles de cuisine hors usage
    14) Coefficient d'emploi non respecté (nombre et qualification)
    15) Robinets d'incendie défectueux
    16) Absence de Room service
    17) Affichage d'un classement supérieur à celui attribué officiellement
    18) Hausse illicite des tarifs
    19) Absence de radio et d'un système de téléphone direct dans les chambres
    20) Mobilier et ameublement de mauvaise qualité (chambre, hall de réception)
    21) Entretien général négligé dans l'hôtel

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