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    Economie

    Coup de sonde des patrons
    2004, l'année de la reprise?

    Par L'Economiste | Edition N°:1685 Le 16/01/2004 | Partager

    . Les opérateurs économiques sont optimistes “sous réserve”. Ils réalisent tous les nombreux efforts qui ont été fournis par le gouvernement LES Marocains se gavent de confiseries alors qu'ils ruminent de sombres pensées? C'est en tous cas le dilemme dans lequel les plonge l'année 2004. Pour certains, elle s'annonce mauvaise et pour d'autres bonne. Mais elle ne laisse personne indifférent. Cette année est, pour chaque secteur et chaque opérateur, perçue différement même si tous souhaitent au fond qu'elle soit meilleure que 2003. Au cours de l'année passée, de nombreux efforts gouvernementaux pour s'inscrire dans la modernisation ont pu être constatés. Des contrats-programmes ont été signés avec l'Etat, les secteurs se reprennent en main, les tissus associatifs se mettent à niveau pour mieux accompagner les entreprises, et les opérateurs se sentent plus écoutés par l'Administration, qui autrefois ne leur prêtait pas autant d'attention. C'est donc pour une grande partie des opérateurs économiques, l'année de la relance de l'investissement et de la reprise de la consommation, comme le laissent croire les indicateurs qui sont au vert, grâce notamment à une bonne pluviométrie. Les attentats du 16 mai, aussi horribles qu'ils aient pu être, ont eu ce rôle de catalyseur qui fait qu'aujourd'hui les projets s'enchaînent très rapidement. Les logements sociaux poussent comme des champignons à la périphérie des villes, et les grands chantiers d'infrastructures sont dans le pipe. En témoigne le satisfecit des cimentiers, pour qui 2004 “sera une excellente année”. Les investissements qu'ils programment au cours de 2004-2007, s'élèvent d'ailleurs à 6 milliards de DH.En revanche, les désabusés et las des promesses non tenues soutiennent le contraire. Pour eux, l'économie marocaine reste encore très fragile, surtout au niveau de l'industrie pharmaceutique qui déplore que bon nombre de Marocains n'aient pas encore accès aux soins médicaux.Côté entreprises, les dirigeants estiment qu'il n'est plus sérieux d'envisager un avenir plus serein tant que l'entité sera soumise à 15 impôts et taxes différents. Un avis entièrement partagé par des hôteliers. Et dans tout ce monde des affaires très hétéroclite, les confiseurs et chocolatiers tirent leur épingle du jeu, car blues ou pas, on se fait toujours plaisir avec une friandise.


    «Optimiste sous conditions»
    Hassan Chami, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM)

    LE patron des patrons est optimiste pour 2004. D'abord en raison de la pluviométrie favorable de ces dernières semaines. La campagne agricole devrait être bonne, si aucun événement ne survient. Ce qui induira des effets positifs sur l'activité industrielle et la demande interne. Les bonnes perspectives de croissance des pays de l'Union européenne, principaux partenaires économiques, sont aussi un facteur positif. Grand bémol cependant dans cet optimisme: le démantèlement douanier. En mars prochain, les taux devraient connaître une nouvelle baisse. D'où une concurrence plus vive pour une majorité d'entreprises qui ont entamé leur mise à niveau tardivement. A cette concurrence, il faut ajouter le dumping des produits de certains pays. Il faudra absolument mettre en place les mécanismes de sauvegarde de l'économie nationale.


    «De nombreux projets concrets en 2004«
    Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération nationale des BTP

    POUR l'année 2004, les professionnels du secteur des BTP sont très optimistes. “Nous avons de nombreux projets concrets. Parmi eux, la mise en place effective de programmes d'infrastructures”, indique Bouchaïb Benhamida, président de la FNBTP. D'ailleurs, l'ambition du gouvernement est d'accélérer les réalisations de ces infrastructures. Dans la même lignée, ajoute-t-il, 2004 connaît le lancement de plusieurs appels d'offres sur des projets autoroutiers et dans les chemins de fer. Par ailleurs, de grands équipements seront effectués, notamment dans les stades. “Au cas où le Maroc serait retenu pour l'organisation du Mondial 2010, trois autres stades seront réalisés”, explique le président de la FNBTP. Quant au contrat-programme, il sera bientôt ficelé.A noter également que 2004 est l'année de grands projets d'habitat. C'est la première année du projet gouvernemental “Ville sans bidonville”. De plus, les autorités mettent à la disposition des promoteurs quelque 6.700 hectares pour résorber la crise du logement.


    «Reprise attendue dès juin«
    Marc Thepot, directeur général du Groupe Accor

    «2003 n'aura pas été une bonne année, même si l'activité du groupe a affiché une croissance de 3% au Maroc. Ceci à cause de la conjoncture politique. En 2004, les prévisions tablent sur 8% de croissance par rapport à 2003. La reprise devrait être au rendez-vous dès le deuxième semestre 2004, principalement en raison des signes positifs enregistrés au sein de l'Union européenne. La demande existe. La libéralisation du transport aérien devrait être bénéfique. La forte promotion de la destination Maroc dans les pays émetteurs devrait aussi porter ses fruits. Je reste donc confiant».


    «L'année sera excellente«
    Association professionnelle des cimentiers

    LE secteur des ciments a fini l'année en beauté. A fin décembre, les ventes de ciment ont atteint 9,277 millions de tonnes contre 8,486 millions en 2002, soit une progression de 9,33%. Pour l'Association professionnelle des cimentiers (APC), présidée par Mohamed Chraïbi, 2004 sera une très bonne année. On table sur une croissance de 6 à 8%, en fonction des entreprises qui opèrent dans le secteur. Cette hausse des consommations est tirée principalement par le logement social, l'éradication des bidonvilles et les grands projets d'infrastructures. La capacité de production, évaluée à 10,5 millions d tonnes de ciment par an, sera augmentée pour accompagner l'accélération des chantiers.Ainsi, les investissements programmés par les cimentiers au cours de 2004-2007, s'élèvent à 6 milliards de DH. Cela concerne 7 projets d'extension à Fès, Safi, Bouskoura, Settat, Agadir, Tétouan et Témara.


    «L'industrie pharmaceutique manque de visibilité«
    Ali Sedrati, président de l'AMIP

    L'industrie pharmaceutique est inquiète. Le secteur est en recul. Le Maroc ne peut plus se targuer d'assurer en grande partie ses propres besoins en médicaments, comme tout récemment. Avec le démantèlement tarifaire, les importations ont carrément doublé en moins de trois ans, atteignant près de 40%. Les lois qui régissent le capital des compagnies sont anciennes et inadaptées aux contraintes actuelles. Elles empêchent même certains grands groupes de s'installer au Maroc. C'est d'inquiétudes plutôt que perspectives dont parle Ali Sedrati, président de l'Association marocaine des industries pharmaceutiques. “Nos vœux pour 2004? Une bonne santé évidemment. L'accès aux soins est un droit essentiel que le Maroc n'arrive toujours pas à assurer. Nous souhaitons que 2004 soit l'année de reprise pour le plus grand nombre”, ajoute-t-il. Le Premier ministre a officiellement annoncé la mise en place de l'assurance-maladie obligatoire pour 2005, cruciale tant pour le secteur que pour le citoyen. A ce jour, la consommation de médicaments est très faible. Les pouvoirs publics promettent aussi d'adapter la loi sur la libéralisation du capital des industries pharmaceutiques. Mais depuis très longtemps, ces promesses demeurent au stade de projets. En fait, nous n'avons plus de visibilité et nous perdons du temps alors que nous pourrions aisément devenir une plate-forme de sous-traitance pharmaceutique”.


    «Le Maroc bénéficiera de la reprise mondiale«
    François Georget, directeur commercial, EMS-Chronopost

    L'année 2004 s'annonce sous de bons auspices pour les opérateurs de la messagerie rapide. La bonne performance enregistrée par l'activité en 2003, avec une croissance à deux chiffres, devra se poursuivre. C'est ce qu'affirme François Georget, directeur commercial de EMS-Chronopost, dont l'activité a progressé de 25% l'année dernière. Pour lui, tous les indicateurs soutiennent cet optimisme. “Les effets de la relance, qui s'esquisse aux Etats-Unis, commencent à se faire sentir en Europe. Et le Maroc en bénéficiera également bientôt”, dit-il. A ses yeux, le climat d'insécurité qui a prévalu après les événements du 11 septembre 2001 et la guerre en Irak semble s'estomper avec une conséquence directe: la reprise du transport et du fret en général. Selon lui, “le marché marocain recèle un fort potentiel. Il est devenu plus mature”. Les dirigeants d'entreprise sollicitent de plus en plus les services des transporteurs express. “Le segment B to B connaît un grand essor”, souligne Georget. Pour soutenir ce développement, l'opérateur a concocté au cours des derniers mois des offres sectorielles pour mieux coller aux besoins des entreprises. EMS-Chronopost mise également sur le segment grand public, qui commence à décoller lui aussi. Des tarifs “plus harmonieux” devront permettre de drainer davantage de clients parmi cette cible.


    «Attention à l'invasion des produits asiatiques!«
    Hammad Kessal, président de la Fédération des PME-PMI

    POUR le secteur des PME-PMI, l'année commence avec de grandes attentes. En premier lieu, les professionnels espèrent que le budget 2004-2005 tienne compte des inquiétudes des PME sur le plan de la fiscalité locale. Un grand chantier qui touche les PME-PMI quel que soit leur secteur d'activité. Tel que prévu dans la charte d'investissement, le second chantier porte sur l'application de la base de l'IGR à 41% au lieu de 44%.Ensuite, avec la libéralisation tous azimuts, le Maroc devrait mettre desgarde-fous pour protéger les PMI de l'invasion des produits asiatiques.L'application de normes marocaines, la vérification des prix facturés a posteriori et la lutte contre la surfacturation sont des exemples de mesures à adopter.


    «C'est l'année de la relance«
    Mohamed Benayad, secrétaire général du CNCE

    POUR Benayad, cette année sera celle de la relance. “Tous les indicateurs sont au vert”. “Si l'on en croit les derniers chiffres, la reprise est au rendez-vous côté investissements. Notamment dans le secteur des BTP avec tous les chantiers engagés par le gouvernement. On espère aussi que du côté de l'agriculture, l'année soit aussi bonne que la précédente. Toutefois, il reste préoccupé par la persistance de la hausse de l'euro. “Pour le commerce extérieur, 2004 risque d'être catastrophique si l'euro ne baisse pas”. “Même si pour certains secteurs, comme le textile, cette hausse est plutôt bénéfique”, ajoute-t-il.


    «Pas de travail sérieux tant que le secteur reste soumis à 15 impôts et taxes«
    Mohamed Achetouane, hôtelier à Casablanca

    OUR cet hôtelier, 2003 aurait pu être un excellent cru, si les tragiques événements n'étaient pas survenus. “Optimiste de nature, je ne peux que voir l'avenir d'un bon oeil”, affirme-t-il. Il a cependant formulé “le souhait que l'Etat allège un peu des charges et des taxes sur le secteur touristique”. “Nous ne pouvons continuer à travailler sérieusement, à créer des emplois et aussi attirer davantage de touristes tant que l'ensemble du secteur reste soumis à 15 taxes et impôts. C'est une aberration”, estime-t-il.


    «Une pluviométrie favorable«
    Abdelhak Mounir, président de la FIMME

    POUR Abdelhak Mounir, président de la Fédération des industries métalliques et métallurgiques et DG de la société Simon, 2004 sera une année de renouveau et de changement. Après une année 2003 difficile, il table sur une reprise en 2004 et surtout une relance des investissements. Et pour cause, “toutes les machines mises en branle (mise à niveau, code du travail…) vont commencer à donner leurs fruits”. Sans oublier que “le Maroc a pour la deuxième année consécutive une bonne pluviométrie”. L'amélioration des revenus qui s'en suivra ne manquera pas de se répercuter positivement sur la consommation. “Celle-ci s'est particulièrement tassée l'année dernière”, confie Abdelhak Mounir, qui précise que “tout le secteur des IMME a souffert en 2003 d'une morosité générale. Les gens n'étaient pas dans une tendance optimiste et les investissements s'en ressentaient”. Trois grandes raisons expliquent, selon lui, cet état de faits. En premier lieu, la course vers l'acquisition de logements et l'assèchement du pouvoir d'achat qui en a résulté. Ensuite, l'explosion de la téléphonie qui a opéré une ponction sur les revenus des ménages. Enfin, le développement des crédits à la consommation, qui a exacerbé l'endettement des ménages.


    «Les fusions bancaires vont freiner l'investissement«
    Guy Eberhardt, DG de Steelcase Strafor

    LE directeur général de Steelcase Strafor (mobilier de bureau et électroménager) pense que l'année 2004 va être marquée par les changements apportés par le code du travail. “L'année qui s'annonce sera perturbée parce que nous ne maîtrisons pas encore l'application du texte. Nous attendons les décrets qui doivent être publiés au plus tard en juin prochain”, dit-il. En fait, ce qui semble préoccuper le plus Guy Eberhardt, c'est l'application des horaires de travail. “Elle n'est pas précise et cela nous pose réellement problème”, indique-t-il. Sinon, les affaires reprennent bien depuis le début de l'année. “2003 a été un peu difficile car nos clients ont réduit leurs investissements, ce qui s'est répercuté sur notre activité. Mais nous nous sommes tournés vers l'export et nous nous en sommes finalement bien sortis”. En 2004, tous les efforts de la multinationale seront axés sur l'export, sans négliger pour autant le marché local, avec comme objectif de réaliser le même chiffre d'affaires qu'en 2003. Et d'ajouter que “de manière générale, les fusions bancaires vont certainement freiner un peu l'investissement au début”. Toutefois, Steelcase Strafor va continuer à investir et compte même doubler certains équipements. “Pour nous, le démantèlement ne pose pas de problème parce que nous sommes habitués à la vraie concurrence”, affirme Guy Eberhardt.La rédaction

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