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    Culture

    Coup de projecteur sur l’histoire des villes ports

    Par L'Economiste | Edition N°:3394 Le 29/10/2010 | Partager

    . Une centaine d’historiens en conclave à Casablanca . La capitale économique à l’honneur LES travaux des «Journées nationales sur les villes ports dans l’histoire du Maroc» se poursuivent jusqu’à ce vendredi 29 octobre. Organisées par l’Association marocaine pour la recherche historique, les conférences et tables rondes se tiennent à la faculté des lettres de Aïn Chock à Casablanca et dans la salle de conférences de la médiathèque de la mosquée Hassan II. Cette manifestation, qui en est déjà à sa dix-huitième édition, réunit une centaine d’historiens, géographes, chercheurs, spécialistes et hommes de lettres, qui sont venus de plusieurs villes du Royaume pour co-animer des tables rondes sur la question. Domiciliée à la faculté des lettres de Rabat, cette association organise ses journées nationales majoritairement à Rabat et tous les deux ans dans d’autres villes. Cette année, Casablanca est à l’honneur car elle dispose depuis le début du 20e siècle du plus grand et du plus moderne port du pays. Pour expliquer le choix porté à cette thématique, Abderrahmane El Moudden, secrétaire général de l’association, souligne que «dans l’histoire ancienne, Sebta, Tanger, Salé, Essaouira ou Agadir étaient des ports importants. Mais au 20e siècle, Casablanca est le port central. Et nous avons voulu, à travers cette activité, essayer d’ancrer l’intérêt actuel pour rénover les grands ports et en créer de nouveaux». Les intervenants ont retracé l’historique des ports et décrit l’état des lieux actuel. Ils ont montré comment ces ports ont largement contribué à la modernisation du Maroc. «Les ports constituent une ouverture sur le monde et une passerelle, puisqu’ils communiquent avec l’étranger, à la fois économiquement, politiquement et culturellement», note Abderrahmane El Moudden. Historiquement, si c’est Casablanca qui a été choisie pour abriter le plus grand port du pays, c’est pour diverses raisons, mises en exergue par les historiens. Il s’agissait d’éloigner l’économie de la politique, mais aussi de situer le port à égale distance des deux principales villes entrepôts du pays: Fès au nord et Marrakech au sud. «Sur le plan technique, les villes de Rabat et Salé présentaient des petits problèmes techniques concernant l’ensablement. Le port qui était proche de la capitale, et qui n’avait pas ce problème, c’était Casablanca», soutient El Moudden. A partir de là, Casablanca a attiré non seulement l’activité économique, mais aussi les masses humaines, qui sont venues de toutes les grandes villes. Depuis le début du 20e siècle, les classes bourgeoises de Fès et d’autres villes ont émigré vers Casablanca, attirées par le développement économique rapide de la région, rendu possible par les ressources matérielles injectées, l’encouragement du général Lyautey et l’installation de nombreuses sociétés, industries et banques françaises sur place. Les plans d’ensemble se sont multipliés. Dès lors, le développement de la ville a été tel que ça ne pouvait être qu’anarchique au départ. L’apparition de plusieurs zones d’urbanisation ont abouti à la création de bidonvilles (le terme a d’ailleurs été créé au Maroc d’après les historiens) et d’espaces vides, tout cela avec la grande spéculation foncière. Les autorités en place ont essayé tant bien que mal de maîtriser ce développement anarchique. Dès le départ, ce développement a entraîné un décalage entre les villes côtières dynamiques et l’intérieur du pays, et c’est de là qu’est apparu le terme de «Maroc utile». Une grande disparité entre les différentes régions marocaines s’en est suivie puisque certaines régions ont perdu de leur substance humaine, et subi les conséquences démographiques et économiques de cet exode massif vers Casablanca. Les autres ports se sont développés de manière beaucoup plus réduite. On peut citer ceux de Larache, Agadir, Essaouira, Tanger ou encore Melilia et Sebta, qui sont des villes au passé très florissant. Sebta était au 12e siècle le port phare de la région méditerranéenne. Maintenant, des projets importants sont en cours comme ceux de TangerMed et Marchika. Ceux de Tan Tan, Laâyoune, Dakhla, connaissent également un dynamisme impressionnant. Mais il y a fort à parier que le port de Casablanca conservera à l’avenir sa place et son importance…


    Naissance et croissance du port de Casablanca

    L’ENSEMBLE des travaux du port de Casablanca furent adjugés en mars 1913 aux établissements Schneider, associés à la Compagnie marocaine. C’est ce qu’a souligné l’historien Abdelkader Kaioua, au cours de son intervention. Ils comprenaient l’ancien petit port de 10 hectares à terminer et un grand port de 140 hectares à construire. Le chantier occupa plus de 4.000 ouvriers. Interrompus en 1914 à cause de la guerre, les chantiers ont repris en 1915. Le port intérieur fut terminé en 1917 et les compagnies de navigation maritimes internationales ont commencé à faire régulièrement escale à Casablanca. Les travaux de grande envergure se poursuivirent pendant de nombreuses années, jusqu’en 1933. Des travaux supplémentaires furent poursuivis jusqu’à la guerre, tels que la construction des docks silos, l’aménagement du port de pêche et l’amélioration des ouvrages du quai des phosphates. Assez rapidement, ce port parfaitement sûr a pu offrir une surface d’eau abritée de près de 160 hectares et recevoir les plus grands navires.Nadia BELKHAYAT

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