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    Cosumar: La tension monte d'un cran

    Par L'Economiste | Edition N°:431 Le 28/01/1999 | Partager

    Les forces de l'ordre sont sur le qui-vive devant les portes de la Cosumar. D'un côté, les grévistes non syndiqués interdisent l'accès au personnel. De l'autre côté, la lassitude du personnel qui exige le droit au travail. Au milieu, les autorités locales qui cherchent à sortir de l'imbroglio.

    Le ton monte à la Cosumar et le mouvement de grève semble se diluer. C'est la confusion. Les uns réclament le droit au travail, les autres cherchent à sauver la face en s'accrochant à des revendications qui au fil des jours perdent de leur légitimité auprès de l'ensemble du personnel. «Les syndicats refusent de cautionner le mouvement de grève et celui-ci est récupéré par des groupuscules sur lequel aucun contrôle ne s'exerce», indique la Direction de l'entreprise. Un signe est en tout cas perceptible, les banderoles ne portent aucun sigle syndical. C'est un fait, curieux dans une unité qui est traditionnellement un véritable bunker syndical. Historiquement, la Cosumar est souvent comparée au bastion français du syndicalisme Renault.
    Sur le terrain, la tension est vive. Depuis la fin de la semaine dernière, près de 400 personnes réclament avec force le droit au travail, légitime.... En face, se trouve le même nombre de grévistes qui occupent les locaux. Le mouvement semble se marginaliser de plus en plus. Il y a des grévistes qui résistent en face des travailleurs qui réclament le droit au travail. Même s'il n'y a pas eu d'affrontement physique, le climat est plutôt tendu et les forces de l'ordre sont sur le qui-vive pour parer à d'éventuels débordements. «La prise de conscience est de plus en plus forte que cette grève aggrave les difficultés de l'entreprise qui est déjà bien mise à mal par un système. Celle-ci, s'il n'est pas revu, conduira inévitablement à condamner l'unique raffinerie du pays», précise M. Kamal El Ayoubi, directeur général de la Cosumar. Le climat est déjà malsain dans ce secteur. Les syndicats non joignables ont préféré adopté un profil bas face au conflit. Côté gestion, cette grève qui dure depuis plus d'un mois ne fait qu'amplifier les problèmes de cette raffinerie de sucre qui plus est déjà déficitaire depuis le début de l'année.
    L'heure est grave pour l'entreprise. Les autorités locales sont intervenues et les différentes réunions ces derniers jours n'ont pas abouti à débloquer la situation. Mais la pression ne peut venir de nulle part... car, il n'y a pas d'urgence, le sucre granulé est disponible sur le marché. Le Marocain changera ses habitudes de consommation face au manque de lingots, morceaux ou «kalleb».
    Au pire, l'Etat peut importer et il a prouvé qu'il pouvait le faire en cas de nécessité. Le mouvement de grève risque ainsi de tomber dans les oubliettes.
    Aussi, pour la Direction de l'entreprise, le feu continu est quasiment la seule chance pour préserver une partie des 2.400 emplois de la Cosumar et ce, dans un système encore sain. Depuis la mise en place du système dégressif (prix rendu Casablanca à l'importation fixe), le problème a changé. L'entreprise est en effet, indépendamment de la grève, structurellement déficitaire en l'absence d'un mécanisme de réajustement des marges et des prix comme prévu initialement au moment de l'instauration de la libéralisation. Une décision que manifestement l'Etat ne veut pas prendre.


    Le pourquoi de la grève


    L'activité de la raffinerie est à l'arrêt depuis plus d'un mois. Motif: remise en question du feu continu. En d'autres termes, le personnel refuse de travailler le dimanche...Pour la Direction, il s'agit d'une part d'une grève sauvage dans la mesure où elle a lieu sans préavis et d'autre part d'une remise en question par les représentants du personnel du protocole signé le 29 juin 1998. L'objectif de cette organisation est d'améliorer la productivité, mais également le revenu «variable» des ouvriers. «Elle doit aussi permettre à terme de limiter l'impact de la modernisation de l'usine sur la diminution des effectifs», précise le directeur général de la Cosumar, M. Kamal El Ayoubi. En contrepartie de ce travail dominical (une fois tous les quinze jours, pour chaque personne, avec possibilité de prendre un jour de congé hebdomadaire), une prime spéciale est versée par l'entreprise aux travailleurs.

    Fatima MOSSADEQ

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