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    Economie

    Coopération maroco-belge
    Changement d’approche

    Par L'Economiste | Edition N°:2176 Le 21/12/2005 | Partager

    . L’approche dite par «programme» remplace désormais la coopération «projet par projet». Dans un entretien à L’Economiste, Mohamed Benaïssa fait le point sur l’état de la coopération entre les deux royaumes. L’Economiste: Comment évaluez-vous la coopération entre le Maroc et la Belgique?- Mohamed Benaïssa: Nous apprécions à sa juste valeur l’engagement résolu de la Belgique de contribuer aux efforts du développement du Maroc. L’apport qualitatif de la coopération belge, qui cadre parfaitement avec la stratégie du gouvernement marocain visant à accélérer le développement économique et la réduction de la pauvreté, nous satisfait au plus haut point. Cette coopération est très active notamment dans le monde rural et essentiellement dans la région du Souss Massa, Oued Drâa et Tafilalet. La coopération belge intervient également dans des domaines assez spécifiques, c’est-à-dire l’eau, l’assainissement, la formation professionnelle, la santé et l’agriculture en général. Cette année, l’enveloppe financière de cette assistance a prévu une augmentation importante qui est passée de 26 millions d’euros pour atteindre 40 millions d’euros sur la période 2006-2009. Dans ce programme, nous enregistrons une nouveauté: ce sont des projets dans le domaine des micro-crédits et des échanges culturels entre les deux pays ainsi que l’assistance à des programmes culturels au Maroc. . Comment comptez-vous répartir cette aide financière entre les différents secteurs bénéficiaires?- Contrairement au passé où on avait une coopération «projet par projet», cette fois-ci, les deux parties se sont mises d’accord sur une approche dite par «programme». D’un côté, cela signifie d’abord que la partie belge fait entièrement confiance à son partenaire marocain, à ses choix, ses priorités et à la vision marocaine concernant son propre développement. De l’autre côté, il s’agit aussi d’une innovation en ce sens que sur les quatre ans prévus dans le cadre de ce programme, beaucoup de choses peuvent changer, une sécheresse peut intervenir subitement et obliger à modifier les priorités. Par conséquent, l’accord a prévu une flexibilité dans l’utilisation de cette assistance financière. . Comment expliquez-vous cette innovation dans la coopération belgo-marocaine? - Je pense que le partenariat maroco-belge tient compte d’une manière réaliste et directe des initiatives prises par le Maroc et en particulier l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) préconisée par le Roi Mohammed VI et qui a été publiquement saluée par le ministre Armand De Decker. C’est un modèle d’approche de développement qui situe l’homme au centre de l’attention et des interventions multiples concernant le développement socioéconomique. Pour les Belges, je pense que le Maroc constitue un modèle. De plus, j’ai senti chez tous les responsables belges aussi bien au Sénat avec sa présidente Madame Anne-Marie Lizin qu’à la Chambre des députés ainsi qu’au niveau du gouvernement belge, qu’il existe une sincère appréciation de tout ce que le Maroc fait en matière de démocratie, de choix sur le plan économique, social et culturel, que ce soit la Moudawana pour les droits des femmes, l’environnement, etc. . Les projets financés par la coopération belge ont jusqu’à présent été concentrés dans les régions du sud du Maroc. Qu’en est-il avec la nouvelle Convention signée aujourd’hui?- Cette année, la partie belge, sur proposition marocaine, a décidé d’affecter une partie de son enveloppe financière dans les régions du nord du Maroc. Notamment en ce qui concerne le microcrédit, l’eau potable et l’éducation ainsi que d’autres secteurs en particulier dans le nord du pays, le Rif, où les besoins sont les plus pressants.. Selon quelle proportion par rapport à l’enveloppe globale?- Franchement, cela n’a pas encore été décidé. Il s’agit d’une question d’approche globale et il reviendra aux experts de se mettre autour d’une table pour examiner où sont les besoins réels. Cela bien sûr en concordance de la politique arrêtée par le Roi Mohammed VI en ce qui concerne le développement car on ne peut pas se permettre de nous lancer dans des projets qui ne concordent pas avec les priorités en matière d’approche globale du développement du Royaume. . L’aide belge que le Maroc vient de recevoir est-elle soumise à des conditions?- Non, pas du tout. Je constate chez les Belges une volonté de participer, d’accompagner le Maroc dans ses efforts tout en manifestant leur appréciation de tout ce que fait le Royaume. Le ministre Armand De Decker, qui fréquente le Maroc depuis un quart de siècle, m’a dit qu’il a l’impression qu’en l’espace de vingt-cinq ans le Maroc a brûlé un siècle dans son développement! Je pense que ce sont des relations d’une densité assez particulière qui unissent le Maroc à la Belgique. Nous avons ainsi des relations très proches entre les deux familles royales, des relations entre les deux peuples avec la présence en Belgique d’environ 400.000 Marocains, dont la plupart ont des parents et des grands-parents aussi bien au Maroc qu’en Belgique. Nous sommes donc en face d’une réalité nouvelle, très positive et tout cela amène les Marocains et les Belges à avoir des relations plus proches et plus familiales.. Avez-vous abordé avec vos interlocuteurs la position du Maroc dans le cadre du partenariat euroméditerranéen?- Oui, bien sûr. J’ai indiqué que le Maroc est résolument engagé dans un ancrage à l’espace européen à travers une proposition stratégique de statut avancé qui soit davantage que l’association et moins que l’adhésion à l’Union. Nous avons certes conclu un plan d’action pour la Politique de voisinage avec l’UE, mais il faut encore en définir les modalités. Pour nous, «statut avancé» signifie que l’on devrait bénéficier davantage de notre relation avec l’Europe. Nous sommes en deçà de ce dont nous pourrions bénéficier en matière de commerce, d’investissements, de tourisme et de dialogue politique. Et c’est là où nous avons besoin de nos amis, comme la Belgique, pour nous prêter leur concours et nous aider à faire valoir nos demandes au sein des institutions européennes. . Vous avez aussi rencontré Me Anne Marie Lizin, la présidente du Sénat belge. Sur quoi ont porté vos entretiens?- Nous avons parlé du terrorisme qui concerne la plupart des pays de la région méditerranéenne mais aussi des pays du nord de l’Europe. C’est un phénomène qui intéresse aujourd’hui tout le monde. Nous avons également évoqué les problèmes des migrations clandestines et notamment cette conférence euro-africaine lancée par le Maroc et l’Espagne et qui aura lieu le printemps 2006 au Maroc et qui a été retenue par les participants à la Conférence euromed de Barcelone en novembre dernier. Me Lizin connaît très bien notre région ainsi que ses hommes et femmes politiques et les discussions ont donc été très faciles avec elle sur ces sujets.Propos recueillis par notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz Ben Marzouq

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