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    Affaires

    Contrefaçon: Il faut frapper les réseaux
    Entretien avec Bernard Fornas, PDG de Cartier

    Par L'Economiste | Edition N°:2433 Le 29/12/2006 | Partager

    Pour le deuxième anniversaire du magasin de Casablanca, Bernard Fornas, PDG de Cartier, a fait le déplacement. Ce fut également l’occasion de présenter une collection dédiée au Maroc. Pour le PDG de Cartier, la contrefaçon au Maroc est faible et concerne des produits peu complexes comme le cuir. Mais la véritable menace provient de la Chine.. L’Economiste: Deux ans après l’ouverture de votre première boutique au Maroc, quel bilan faites-vous?- Bernard Fornas: Nous savions que le Maroc est un pays où les créations de richesses sont importantes et qu’il a une forte culture des bijoux. Ce sont des éléments positifs. Nous nous sommes aperçus que les résultats sont au-delà de ce que nous escomptions. Nos partenaires font un travail excellent et ma présence ici est une façon de les encourager. . Envisagez-vous d’étendre votre réseau de magasins?- De plus en plus de gens ont accès aux produits de luxe. Je pense que dans les 2 à 3 ans, nous nous installerons à Marrakech ou à Rabat. Casablanca a été la première boutique Cartier en Afrique et je pense que la deuxième sera au Maroc. Nous avons 250 boutiques à travers le monde. A Paris, Shanghai ou Moscou, les magasins réalisent des chiffres d’affaires très importants. Celui de Casablanca est à comparer à certaines boutiques espagnoles et allemandes. Le Maroc a du potentiel et nous en sommes très heureux. . Toute votre gamme est-elle vendue au Maroc?- A l’exception de la haute joaillerie dont seules quelques pièces sont présentées au Maroc, la plus grande partie du catalogue Cartier est disponible dans notre magasin de Casablanca. L’on y retrouve aussi des produits spéciaux comme la main de Fatma qui est un hommage au Maroc. . Sur l’échelle des pays à contrefaçon, où placez-vous le Maroc et quelle est votre stratégie de lutte?- Le Maroc est très loin derrière la Chine. La contrefaçon touche le cuir et en général des produits moins complexes. Mais j’espère que le Maroc continuera à lutter de l’intérieur contre ce fléau. Notre stratégie face à ce fléau est offensive: des brigades spécialisées et des budgets importants sont dédiés à la lutte contre la contrefaçon. C’est le cerveau qui nous intéresse et non le petit revendeur d’articles Cartier sur le trottoir. Il faut frapper les réseaux pour monter jusqu’au cerveau. Et là, je crois que nous avons beaucoup de succès. Nous avons réussi à prendre beaucoup de personnes en Chine où nous sommes la marque de luxe numéro un. Dans ce pays, nous avons 17 boutiques et nous en aurons 25 l’année prochaine. En luttant contre la contrefaçon, nous protégeons aussi nos clients. . Quelles sont les nouvelles zones de croissance pour l’industrie du luxe?- La Chine, l’Inde et globalement les pays émergents. Les Etats-Unis conservent aussi des réserves de croissance. C’est la joaillerie qui enregistre le taux de croissance le plus élevé. Cartier est numéro 1 mondial en joaillerie, mais nous pouvons encore améliorer nos positions sachant que 90% de la joaillerie mondiale n’ont pas de marque. . Comment s’effectue l’approvisionnement des différents magasins? - Nous avons une supply chain extrêmement performante. Nous avons un centre d’expédition mondial en Suisse d’où partent tous les produits avec un renouvellement automatique et des systèmes de logistique très performants. C’est important parce que nous avons plusieurs produits complexes. Il faut avoir le même produit au même moment et au bon endroit. . Une délocalisation de la production de votre groupe est-elle envisageable?- Pour l’instant, le besoin ne se fait pas sentir. Nos coûts sont compétitifs et la qualité aussi. Peut-être que dans 20 ou 30 ans, tout aura changé. Dans la vie, il ne faut jamais dire jamais. Mais aujourd’hui, je dis non parce que nous n’avons aucun besoin.«Président-directeur général de Cartier depuis novembre 2002, Bernard Fornas a auparavant occupé le poste de président administrateur délégué de la société Baume et Mercier à Genève et de directeur général marketing en charge du marketing de tous les produits Cartier. Avant de rejoindre Cartier en 1993, Fornas a chapeauté la direction marketing internationale et développement du groupe Guerlain. Il a démarré sa carrière chez Procter & Gamble comme assistant chef de produit, puis responsable d’un secteur de vente couvrant les hypermarchés et les supermarchés de l’est parisien. Par la suite, il a été nommé chef de produit de la ligne Camay puis de «Mr Propre». (Ph. Cartier)«Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

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