×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Consommation de dentifrice : Moins de 30 grammes par habitant

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    L'hygiène bucco-dentaire demeure faible. Alors que la moyenne mondiale de consommation se situe aux alentours de 300 grammes par habitant, au Maroc, elle est de 27 grammes.


    «Les rencontres galantes, les fêtes, les entretiens d'embauche constituent pour certaines catégories sociales les principales occasions de consommation de dentifrice», indique d'emblée M. Jean-Marc Delpon de Vaux, président-directeur général de Lever Maroc.
    Face à cette irrégularité, il existe un faible taux de pénétration du dentifrice, ajoute-il en substance. Hors pharmacie, la consommation globale serait de 600 tonnes par an (quelque 70 millions de DH), soit 23 grammes par tête d'habitant. Le directeur général de Colgate-Palmolive Maroc, M. Patrick A. Haverals, évalue la consommation de dentifrice à 720 tonnes, soit 27 grammes par tête d'habitant.

    Produit cosmétique


    Lever Maroc et Colgate-Palmolive représenteraient près de 80% du marché. Les 20% restants seraient détenus par d'autres fabricants locaux ou des distributeurs de produits d'importation. Outre sa relative faiblesse, la consommation est inégalement répartie entre zones urbaines et rurales et entre différentes catégories sociales, est-il indiqué. Le marché a connu une petite augmentation (720 tonnes) en 1996, après une baisse en 1995, indique le directeur général de Colgate-Palmolive. «Cependant, il n'a pas dépassé le niveau enregistré en 1994», précise M. Delpon de Vaux.
    Cette faible consommation est due en premier lieu au pouvoir d'achat. En effet, il existe une corrélation entre produit de grande consommation et facteurs socio-économiques. «Le prix du dentifrice semble représenter un poids dans la décision d'achat pour les classes sociales D et E», souligne M. Delpon de Vaux. Il n'en demeure pas moins, ajoute-il, que le pouvoir d'achat n'explique pas à lui seul cette faible consommation. A titre comparatif, la Tunisie, qui connaît un niveau de vie similaire, affiche une consommation 5 fois supérieure.

    «Le prix d'achat du dentifrice représente certes une barrière pour certaines catégories sociales. Le dentifrice devrait être considéré comme un produit de nécessité courante et donc être soumis à un taux de TVA réduit, ce qui rendrait son prix abordable et développerait la consommation. Une meilleure hygiène de la population diminuerait les coûts pour la santé publique», précise également M. Haverals.
    D'après une étude commandée en 1995 par Lever-Maroc, la consommation de dentifrice pour certaines catégories sociales est aussi caractérisée par une irrégularité. Ainsi, il semblerait que le brossage s'effectue en de grandes occasions, notamment les fêtes où le dentifrice devient alors produit cosmétique, au Hammam, lors des lavages poussés ou encore pour les rendez-vous importants où l'on ne manque pas de se brosser les dents.

    Dans les zones rurales, l'usage du dentifrice est réservé à une cible se prévalant du mode occidental notamment. «Il représente une discipline dont le respect ne peut être que partiel», rapporte l'étude. Le brossage semble, dans ce contexte, faire partie des actions à entreprendre en cas d'extrême nécessité, en cas de forte douleur par exemple. «En outre, le taux d'alphabétisation constitue un facteur déterminant dans la consommation des produits d'hygiène bucco-dentaire», souligne M. Delpon de Vaux. En effet, par manque d'information, le dentifrice est encore considéré par certains comme un produit de luxe. De ce fait, les actions menées par les deux multinationales sont tournées vers la sensibilisation et l'éducation dans les écoles. C'est ainsi que Colgate-Palmolive a démarré en 1989 avec les Ministères de la Santé et de l'Education Nationale le programme national d'hygiène bucco-dentaire. Quotidienne-ment, des visites d'écoles sont organisées au cours desquelles des leçons d'hygiène sont données et des kits (dentifrice et brosse à dent) distribués.

    Docteur Sninate


    En outre, Colgate et le Ministère de la Santé mènent une campagne de sensibilisation à la TVM (avant les dessins animés), par le biais de sa mascotte: Dr Sninate. Une action presque similaire est menée par Lever-Maroc avec la Société Marocaine d'Odonto-logie et l'Association Marocaine de Prévention Bucco-Dentaire: un cabinet dentaire mobile visite les écoles pour prodiguer des soins et initier les enfants au brossage. «Le marché bucco-dentaire ne peut se développer que par une politique d'éducation. Certes, c'est un lent processus, mais qui finira par porter ses fruits», estime le PDG de Lever-Maroc.

    Badra BERRISSOULE


    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc