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    Politique Internationale

    Considéré comme le Picasso arabe : Azzaoui met en couleurs les tragédies arabes

    Par L'Economiste | Edition N°:70 Le 11/03/1993 | Partager

    Rien de paisible, et pourtant tout est harmonie dans les oeuvres de Dhia Azzaoui, l'un des plus grands peintres du Monde Arabe, qui expose jusqu'au 16 mars à la galerie Al Manar à Casablanca. D'où naît cette lumière inondant la couleur, jusqu'au noir flamboyant? Azzaoui s'en est expliqué lui-même: né en Irak, où il a obtenu des diplômes d'archéologie et des Beaux-Arts de l'Université de Bagdad, il a plongé dans la tragédie kurde et a "choisi" l'exil, à Londres, où il vit et travaille -ajoutant d'autres drames: Palestine, guerre entre l'Irak et l'Iran, guerre du Golfe, son expérience d'exilé irakien dans une Europe hostile.
    Dans son oeuvre l'harmonie se crée à partir de l'antagonisme, du déchirement extérieur: les couleurs profondes, faussement violentes, s'équilibrent dans la lumière, dominant les tragédies car, dit Azzaoui, "il y a toujours de la lumière, même quand la tragédie est sanguinaire". Lumière qui éclaire et dévoile des visages, des colombes, des mains, des armes, des barbelés qui surgissent, comme signes, comme ces textes arabes parcourant les tableaux. Azzaoui aime le texte, le livre, fondement de la culture arabo-islamique. Raison pour laquelle il travaille volontiers à des illustrations de textes poétiques, qu'il perçoit toujours dans une relation nécessaire et antinomique, la seule permettant l'existence à la fois de l'oeuvre écrite et de l'oeuvre picturale. Les toiles et objets qui sont exposés en ce moment, ou dans des collections privées et publiques à travers le Monde Arabe et l'Europe, relèvent toutes des mêmes drames, de la douleur, éclatant dans la couleur qui devient elle-même drame, de la douleur, éclatant dans la couleur qui devient elle-même signe.
    Azzaoui disloque le monde et ses tragédies, le recrée sur la toile -ou à travers ses "fenêtres" miniatures qu'on peut voir actuellement- dans une véritable alchimie des couleurs qui se transforme aussi en harmonie sonore. Contempler une oeuvre de Dhia Azzaoui, c'est vivre une harmonie totale et douloureuse, entre le clair et l'obscure, le dedans et le dehors, un fond de signes et de couleurs mêlés et des formes surgies au niveau de ce que Hamadi Dlimi (Tunis) appelle, dans un texte de présentation, une "chorégraphie visuelle de la matière".
    La galerie Al Manar poursuit par cette exposition-vente (à des prix variant entre 6.000 et 120.000 Dirhams selon les oeuvres) son projet de rendre au Maroc sa vocation artistique et une documentation judicieuse sur la création qui s'effectue aujourd'hui. Il en est ainsi des livres et catalogues publiés depuis 1992 par la Galerie: Ecrits et dessins de peintres marocains, Amina Benbouchta, L'Arbre de Farid Belkahia; de son entreprise de faire participer chaque mois un artiste à l'espace graphique du magazine Les Alignés. Le 15 mars prochain devrait avoir lieu, dans le cadre de la Galerie, la présentation d'un travail commun, poèmes de Hassan Najmi et dessins de Mohamed Kacimi.

    Thérèse BENJELLOUN

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