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    Conserves végétales : Le MCI diagnostique le secteur

    Par L'Economiste | Edition N°:143 Le 01/09/1994 | Partager

    Le secteur des conserves végétales se trouve entre le marteau et l'enclume. A l'irrégularité des approvisionnements en matières premières viennent s'ajouter les difficultés de commercialisation sur les marchés à l'export. Le Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) fait le point sur la situation et propose des alternatives de sortie aux difficultés actuelles.

    Aléas d'approvisionnement, renchérissement des coûts d'emballage, flottement du prix de revient, unités vétustes à côté d'autres modernes, difficultés d'accès aux marchés de l'Union Européenne : dans une étude diffusée récemment, les experts du Ministère du Commerce et de l'Industrie mettent à jour les faiblesses du secteur des conserves végétales. L'étude-diagnostic réalisée en concertation avec les professionnels identifie les contraintes à un triple niveau : agricole, industriel et commercial. Elle propose en épilogue quelques idées pour surmonter les obstacles actuels (voir encadré). Le coeur du problème réside dans la compétitivité du secteur, jugée en deçà du niveau requis pour affronter la concurrence internationale et conquérir de nouveaux marchés à l'export. Ce constat paradoxal contraste avec les bonnes performances réalisées depuis 6 ans par les professionnels.

    Investissements : Evolution contrastée

    Malgré la légère grisaille ambiante, les 149 unités que compte l'activité font preuve d'un "réel dynamisme", souligne l'étude du MCI. Fin 92, le chiffre d'affaires à l'exportation a atteint 2,8 milliards de DH. De 1986 à 1992, la valeur de la production des industries de la conserve végétale est passée de 1,4 milliard de DH à 3,4 milliards, soit une augmentation de 142%.

    Côté investissements, l'évolution s'est effectuée, à quelques exceptions près, de manière contrastée. 1990 est une année bénie : les investissements réalisés ont atteint le niveau record de 560 millions de DH pour chuter presque de moitié en 1991 avant d'amorcer une timide hausse en 1992. Les investissements agréés ont culminé en 1991 pour baisser ensuite. "Le secteur ne draine pas suffisamment de nouveaux capitaux", commente l'étude du MCI, les investissements concernent davantage des extensions d'activité que des créations de nouvelles unités.

    La désaffection de nouveaux capitaux est considérée comme un signe du poids, de plus en plus pesant, des difficultés qu'affronte le secteur. Sur le plan agricole, les professionnels souffrent de l'irrégularité des approvisionnements en matières premières. Les conserves végétales doivent se contenter des résidus après l'approvisionnement en produits frais des marchés à l'export et du marché intérieur. C'est un "exutoire des surplus de production et des écarts de triage", poursuit l'étude du MCI. Les contrats de culture avec les agriculteurs ne dépassent jamais le stade d'engagement moral, rompu au gré de l'évolution des cours des produits frais sur le marché(1).

    D'un point de vue industriel, l'extrême imprévisibilité dans l'approvisionnement se répercute sur la constitution du prix de revient dont la maîtrise reste hypothétique. S'y ajoute le renchérissement du coût des emballages, de l'énergie et de la logistique dont les niveaux seraient supérieurs à ceux d'autres pays concurrents.

    Restrictions sur les marchés de l'UE

    Activité par essence saisonnière, les conserves végétales ne profitent pas des leviers financiers visant à soutenir les exportations, indique l'étude du MCI. "Le préfinancement à l'exportation ne répond pas aux besoins des industriels", est-il observé.

    Mais c'est sur le plan commercial que les conserves végétales enregistrent des bémols en série.

    A l'image d'autres filières agro-alimentaires, les professionnels se sont focalisés sur les marchés de l'Union Européenne.

    Les difficultés d'accès rencontrées aujourd'hui sont devenues désormais classiques : subventions renforcées des produits de l'Espagne et du Portugal, concurrence déloyale sur de nouveaux marchés, montée du protectionnisme basé sur les clauses de sauvegarde...

    Les quelques rares avantages dont jouissent les produits de la conserve végétale sont soit insignifiants soit voués à disparaître. "Les avantages accordés à l'entrée de la CEE à certaines conserves ne concernent que les boîtages dont le poids est supérieur à 1 kg et où donc la valeur ajoutée est minimale. C'est le cas des abricots", note l'étude. Et d'ajouter : "à moyen terme, les produits marocains qui bénéficient aujourd'hui de tarifs préférentiels vis-à-vis des produits espagnols et portugais perdront leur préférence relative par la diminution progressive des tarifs douaniers appliqués aux produits (de ces deux pays)".

    Les experts du MCI et les professionnels du secteur estiment que la perte relative des préférences pourra atteindre 20% pour les câpres et les olives, 24% pour les abricots, 22% pour les haricots verts, 18% pour le concentré de tomates et 16% pour les produits nouveaux.

    A.Z.


    (1) Cf. L'Economiste du 11 août 1994.

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