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    Economie

    Conserves de poisson : L'industrie en mal d'approvisionnement

    Par L'Economiste | Edition N°:147 Le 29/09/1994 | Partager

    L'industrie de la conserve de poisson est confrontée au problème de l'irrégularité des apports. Elle voudrait développer le marché local et demande un soutien auprès des instances gouvernementales.

    Le nouveau problème majeur de l'industrie de la conserve de poisson est celui de l'irrégularité des approvisionnements. Si les entreprises devaient tourner, en principe, 200 jours par an, excluant les jours fériés et la saison morte hivernale, elles ne réaliseraient plus que 100 à 120 jours. Il arrive que beaucoup d'apports soient enregistrés ou pas d'apports du tout.

    Cette irrégularité des approvisionnements pose des problèmes de gestion du personnel, notamment des saisonniers. Elle renchérit, également, les frais fixes. Le secteur emploie 3.000 à 3.500 permanents et 25.000 à 30.000 saisonniers, principalement des femmes. Les prix de revient des produits de la conserve se sont donc renchéris en plus du coût de transport de la matière première des ports du Sud vers les régions de production où sont situées la plupart des usines. En effet, les approvisionnements se basent essentiellement sur les ports du Sud (Tan-Tan et Laâyoune) au détriment des ports du Nord (Agadir, Essaouira et Safi). Le poisson aurait, d'après l'Institut de Pêche (ISPM), migré du Nord au Sud. Pour les professionnels, il s'est surtout raréfié au Nord.

    L'irrégularité des approvisionnements est aggravée par le fait que les conserveurs sont de plus en plus concurrencés par les fariniers pour ce qui est des achats de la matière première. Les entreprises de farines de poisson se sont multipliées au niveau des ports du Sud. Les pêcheurs préfèrent de plus en plus livrer aux fariniers bien que le prix offert demeure inférieur à celui de la conserve, car ils ont moins de contraintes sur la qualité ou le choix de la catégorie de produit à livrer. Ainsi, le poisson industriel débarqué dans les principaux ports a été destiné, en 1993, pour 32% à la conserve et pour 67% à la farine de poisson. En 1992, ces parts étaient de 44,1% pour la première catégorie et 52% pour la seconde.

    Pour pallier le problème de l'irrégularité des approvisionnements, Unicop (Union Nationale des Industries de la Conserve de Poisson) propose une solution : les bateaux de recherche de l'Office de Pêche devraient détecter les zones riches en poisson avant d'inviter par radio les pêcheurs à s'y rendre. "Ceci pourrait aussi avoir des effets positifs sur l'économie des frais en gasoil", précise M. Mohammed El Jamali, président de la Ficoma.

    Par ailleurs est mentionnée la modernisation technique des bateaux. Il est proposé que l'Etat joue un rôle important par l'orientation technique des marins vers des équipements adaptés aux conditions de pêche locale, et par l'accord de facilité de crédits. Les professionnels de la conserve espèrent également une modernisation du secteur de la pêche côtière avec un changement dans les pratiques de pêche.

    D'un autre côté, ils voudraient utiliser une partie de la matière première pêchée congelée par les bateaux russes afin de pallier le problème d'irrégularité des approvisionnements. Cette matière première serait stockée dans les frigos des usines et utilisée lorsque la mer se présenterait avare vis-à-vis des bateaux marocains. Cette question a été évoquée lors des dernières discussions de la commission mixte maroco-russe réunie à Rabat. Cet approvisionnement ne serait utilisé qu'en cas de déficit de l'apport, certifie M. Jamali, car les conserves à base de poisson frais sont de meilleure qualité gustative que celles à base de poisson congelé.

    Marché européen très concurrentiel

    Au niveau de la commercialisation des conserves de poisson, la profession constate que nombreux sont les pays qui commencent à substituer à leurs importations une production locale sur la base de matières premières congelées. Les industriels marocains voudraient se tourner vers le marché local dont le potentiel est jugé important puisqu'il est d'environ 30 millions d'habitants. Ils espèrent que l'Etat participera au financement d'une campagne publicitaire générique pour les conserves de poisson afin d'en encourager la consommation.

    Sur les marchés étrangers, l'industrie marocaine de la conserve a exporté, en 1993, 68.230,2 tonnes dont 37.641,6 vers l'Europe. La concurrence est de plus en plus importante sur ce marché où les produits portugais deviennent leaders. Les professionnels marocains expliquent la faiblesse des prix des produits portugais par le fait que leurs usines sont subventionnées.

    D'une manière générale, les marchés européens deviennent de plus en plus concurrentiels, ce qui entraîne une réduction du prix de vente. Les professionnels marocains estiment que sur ce marché leurs exportations devraient se maintenir. En effet, ils déclarent qu'à présent leur premier souci est de préserver leur position.

    Face aux difficultés de commercialisation sur le marché européen, les professionnels se tournent vers l'Amérique. Ils ont exporté l'année passée 4.335 tonnes et projettent une hausse de leurs ventes sur ce marché en 1994. Quand au marché africain où les exportations se sont chiffrées à 22.737 tonnes en 1993, il s'avère plus difficile en 1994 du fait de la dévaluation du Franc CFA et de la situation économique difficile dans ces pays.

    L.T.

    Conseil européen sur la pêche

    Le mercredi 28 septembre se tenait à Bruxelles le Conseil des ministres de la Pêche qui doit statuer, notamment, sur la demande d'aménagements dite à mi-parcours, de l'accord liant le Maroc à l'Union européenne(1). Rappelons que la proposition marocaine comporte une réduction de 50% de l'effort de pêche, à réaliser avant la fin de l'accord en cours, le relèvement du dédommagement à valoir sur le protocole financier et le déchargement des prises des bateaux battant pavillons européens dans les ports marocains. Les discussions ont traîné depuis juin, alors que la mi-parcours se situait en avril dernier.

    Dans les milieux professionnels marocains, qui n'admettent plus comme dans les années 80 d'être mis en balance des "impératifs politiques", le ton est monté a cours du mois de septembre : le rapport de l'ISPM sur l'état des ressources halieutiques, et qui corrobore les observations des armateurs, n'a pas été contesté par les expert européens. Dans l'argumentaire européen figure néanmoins le fait que la dégradation des ressources ne provient pas uniquement des prises communautaires, mais aussi de l'exploitation pirate et de celle des bateaux sous pavillons mixtes ou marocains. Ce point est repoussé par la partie marocaine au nom de la souveraineté.

    (1) Cf. L'Economiste du 22 septembre 1994.



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